Et tandis qu’on se querelle comme des ivrognes sur la pertinence, dans le cadre du Moulin à paroles, de lire le manifeste du FLQ, lequel soit dit en passant le fait connaître à ceux qui n’en avaient jamais entendu parler et demeure un excellent texte ainsi qu’un formidable outil pédagogique, on se désintéresse des 40 milliards de dollars de la caisse de dépôt, de la nomination de Michael Sabia, on ne parle pas de La Romaine, des deux soldats québécois qui viennent de perdre inutilement la vie en Afghanistan, de l’anglais qui s’installe dans les murs de l’UQAM, des médecins du Québec qui vont exercer en Ontario, du CHUM qui ne se construit pas. On oublie que Montréal est une ville anglaise infiltrée par la mafia, qu’elle accueille, au-delà de sa capacité, des immigrants qui ne trouveront pas d’emploi dans leur domaine. On passe sous silence l’état des routes, l’absence de projets d’envergure pour contrer les changements climatiques. On laisse de côté le chômage, le décrochage scolaire. On tait l’indépendance.
Les Canadiens ont réussi à détourner l’attention.
Il ne reste plus qu’à souhaiter que leur attitude hargneuse à l’égard des Québécois se retourne contre eux. Que les paroles du Moulin ne restent pas des paroles en l’air. Qu’elles redonnent fierté, dignité et courage au peuple québécois !

