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La langue parlée au Québec fait l’objet de tensions vis-à-vis de certaines susceptibilités par rapport à la grande francophonie. Tous admettent que les Québécois ont développé à travers les siècles leur langue particulière, comme les autres peuples d’expression française. Par contre, certains attrapent la chair de poule s’ils entendent dire que nous parlons québécois. Seraient-ils moins hérissés si on parlait de créolisation de la langue française chez nous ?
« Toé pis moé, on éty assez bons chums pour pouvoir scrapper une journée complète de la job pis aller fouerrer ensemb su’a beach pour s’fér toaster au soleil des States ? »
Cette formulation (pas si rare en série télévisée) fait-elle partie de la même langue que celle parlée en France ?
Eh bien voilà, il s’agirait de préciser de quel niveau de langage il est question, de quel groupe de locuteurs, tant au Québec qu’en France.
Car on s’entendra pour dire que même en France, on retrouvera différentes façons de parler chez les marins bretons, les vignerons d’Alsace, les paysans auvergnats ou les commerçants du Midi. Et à Paris, sous l’influence des « cités » de banlieue peuplées d’Africains du Nord, le citoyen de la rue pourra être entendu dans des envolées aussi déroutantes que : « Moi, c’te meuf, j’la kiffe pas. Elle me prend la têt depuis que son kem lui a piqué son portab et la force à se fringuer de hikab comme dans la piaule d’ses vieux. »
Même au berceau du français, la langue évolue en accéléré. Ceci explique-t-il la « créolisation » observée en Amérique ?
D’abord, il faut préciser, comme le disent les experts, que pour parler de Créole, il faut qu’il y ait mélange de plus de 2 langues. Environ 127 créoles différents sont identifiés dans le monde. Un seul en Amérique du Nord, et il ne se trouve pas au Québec, mais à Saint-Laurent, Manitoba, chez les Métis francophones. C’est le Mitchif, qu’on qualifiera plutôt d’idiôme plus que Créole puisqu’il est un mélange de français et de Cri :
« L’Mitchif qu’on parle à St-Laurent ipi alentours c’t’ain mélange de Saulteaux, Cri ipi Français (3, donc Créole ?). C’i plutôt français mi ili bain different que l’français parli en France oubaindon au Québec. C’i pas surprenant d’entende que l’monde d’ci place ilon d’la misère comprende l’Mitchif français qu’on parle. »
Par comparaison avec ces exemples voyons un échantillon de chiac acadien :
« Ma sortir mon parler d’une motché acadjenne, d’un quart brayon pis d’un quart chiac : Causse tu veux chte dise, les godam d’anglais sont fourer partout around so, dans le temps jme charche une job, jva commencer par faire une couple de repairs su mon vieux car. Hopefully que jpourrais passer le checkup dessus. »
Créole ? En tout cas, le « petit québécois » suit facilement cette conversation…
M. Serge Gingras, dans un récent courriel, dit que les néo-québécois n’ont pas à s’abaisser à parler petit-nègre pour se faire comprendre des indigènes… que le québécois comprend le français international… D’abord, qui dit « s’abaisser » se croit au-dessus… Et puis la question n’est sans doute pas là. Si le néo-québécois ne peut communiquer avec nous en sortant de ses cours de français, c’est qu’il ne nous comprend tout simplement pas !
L’accueillir, c’est bien sûr, de sortir un peu de notre créole pour s’adresser à lui. Donc, épurer nos phrases de syntaxe anglaise, de mots démodés, de mots inventés par notre nordicité et de prononciation molle.
Tout ceci ne s’améliore peut-être pas avec la technologie moderne de communication, le texto et les mots abrégés pour la rapidité des courriels. Le multilinguisme peut nous faire oublier les détails de notre belle mais difficile langue de Molière dans toutes ses particularités langagières.
Mais, par-dessus tout, quand nous reconnaissons la richesse des apports sociaux et culturels que constituent pour nous les jeunes artistes de la scène nouvellement venus de par le monde, il devient agréable de faire le petit effort pour faciliter leurs premières années parmi nous.
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Ouhgo
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