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Pierre Arcand et la citoyenneté québécoise
Paille québécoise, poutre canadienne
Christian Gagnon (ing.)
Tribune libre de Vigile
jeudi 22 novembre 2007      341 visites      2 messages


Au cours des deux dernières semaines, le député libéral de Mont-Royal s’est adressé à ses concitoyens dans les pages du Point d’Outremont. À ces deux occasions, Pierre Arcand l’a fait en anglais seulement, lui dont la circonscription compte davantage de francophones (29% selon le recensement de 2001) que d’anglophones (21%). Considère-t-il que c’est là une façon de promouvoir le français en tant que langue commune des Québécois auprès des 49% d’allophones de Mont-Royal ? Dans son édition du 15 novembre dernier, Le Point publiait un texte dans lequel le député Arcand critique l’intention de l’ADQ d’abolir les commissions scolaires. Pour ce faire, il se porte longuement à la défense des commissions scolaires anglophones et des droits constitutionnels de la communauté anglophone en cette matière. Mais le mutisme total du député à propos des commissions scolaires francophones en dit long sur sa perception de son mandat.

Une semaine plus tôt, Le Point nous présentait un autre texte unilingue anglais de Pierre Arcand (« The Parti Québécois unmasked ! », 1er novembre), cette fois au sujet du projet de loi 195 sur la citoyenneté québécoise présenté par le PQ de Pauline Marois. Le député s’en prend au projet de loi péquiste en soutenant faussement qu’il « vise à créer un certificat de citoyenneté québécoise visant à limiter le droit de vote (…) aux seules personnes capables de s’exprimer en français » (traduit de l’anglais) alors qu’il s’agit plutôt du droit de se porter candidat à une élection. On peut disserter longuement sur l’utilité d’une citoyenneté québécoise à l’intérieur du Canada. Néanmoins, Comment ne pas être consterné de lire Pierre Arcand soutenir que le projet Marois « cible spécifiquement les nombreuses personnes ayant fui des dictatures pour refaire leur vie dans un pays de libertés, une terre ou le droit de vote est un devoir et non un privilège » (traduit de l’anglais), alors que c’est la loi sur la citoyenneté canadienne qui conditionne le droit de vote à la connaissance d’une des langues officielles ? Est-ce donc le Canada que le député de Mont-Royal accuse d’user de ce qu’il qualifie de « pratique répressive » et de « mesure oppressive » ?

Le député Arcand continue de s’exposer à l’effet boomerang en reprochant au projet de loi 195 du PQ de créer « deux classes de citoyenneté, l’une avec le droit de vote et l’autre sans, sur la seule base des connaissances linguistiques ». En effet, en matière d’assimilation des immigrants, l’anglais dans le « Rest of Canada » agit comme un véritable rouleau compresseur. Selon le recensement de 2001, les allophones qui abandonnent leur langue maternelle le font au profit de l’anglais dans une proportion ahurissante de 99,6 %. À l’inverse, les transferts linguistiques des allophones du Québec vers le français ne sont que de 46 %. Par conséquent, en exigeant la connaissance du français ou de l’anglais, les dispositions de la loi canadienne sur la citoyenneté (et donc sur le droit de vote) garantissent en pratique que les nouveaux citoyens vivant au Canada anglais connaissent la langue de Shakespeare mais pas du tout que ceux installés au Québec savent parler français. N’ y a-t-il pas là création de deux classes de nouveaux citoyens canadiens, soit ceux qui parlent la langue majoritaire de leur province d’adoption et ceux qui ne la parlent pas ?

Si on choisit de nier ce fait et d’affirmer que la loi canadienne assure autant la connaissance du français par les nouveaux citoyens du Québec que celle de l’anglais par ceux des autres provinces, alors le projet Marois ne retire à personne le droit d’être candidat et ne crée donc pas deux classes de citoyens. Voilà bien la démonstration par l’absurde du l’iniquité du régime actuel à l’égard du Québec, ce dont le projet Marois nous prémunirait. Et les chantres du Canada qui, comme le député Arcand, se déchaînent démagogiquement contre l’initiative péquiste donnent de la substance à cette métaphore voulant que parfois, on voit la paille dans l’oeil de son voisin mais pas la poutre qui est dans le sien.

Christian Gagnon
Montréal

 

Opinion : ADQ displayed ignorance

Le Point d’Outremont, 16 novembre 2007

Once again, the ADQ and its leader, Mario Dumont, have displayed remarkable ignorance in a policy field which affects all Quebecers and particularly those in the English-speaking community.

On the pretext of the recent school board elections, Mr. Dumont is demanding that school boards be abolished and that their responsibilities be transferred to municipalities. His position is based on the premise that school boards no longer serve a useful purpose, that they are disconnected from the concerns of parents and the local population and that other structures such as municipalities can better manage the delivery of services.

The ADQ position is fundamentally flawed and if implemented, would result in a major disservice to the education system in general and the English language system in particular.

Over the years, the English language school boards have developed and refined a number of programs that respond to the wishes and needs of the community. One has only to look at the number of French Immersion programs, International Studies programs, Sports programs and programs linked to the integration of special needs students to realize that significant progress has been made by our school system to respond to the needs of parents and the communities they serve.

To a large extent these achievements would not have occurred if individual English language schools had been left on their own without support from a regional structure i.e. school boards to provide the necessary resources and with a view to ensuring that all students across a given territory are entitled to a range of educational services in their language.

It is not difficult to imagine the chaos which would result from the ADQ position. With English language school boards eliminated, individual schools would be left to battle with local municipalities (350 schools and 100,000 students spread out over 1,200 municipalities) to maintain and repair school buildings and organize and operate school transportation for the 60,000 students in the English system currently transported on a daily basis across Québec. Small schools (over 40% of English language schools in Québec have 200 or fewer students) would no longer be ensured equitable access to specialized services and resources for students with special needs or for students wishing to pursue technical-vocational or adult education programs.

The ADQ position is also a direct frontal attack on the constitutional rights of the English language community in Québec.

The Canadian Charter provides certain guarantees for Canada’s linguistic minorities to exercise meaningful control and management of their school systems. Over the past several decades, various court rulings, including the Supreme Court of Canada, have confirmed that section 23 of the Charter must be applied by the provinces in a manner which allows linguistic minorities to preserve and nurture their school systems consistent with the values and traditions of the minority community.

In proposing to eliminate English language school boards – elected by and managed by the English speaking communities across Québec – Mr. Dumont and the ADQ are effectively attempting to abrogate one of the most important collective guarantees the English-speaking community has.

Rather than embarking on the simplistic, naive and dangerous route proposed by the ADQ, the Québec Liberal government has recognized that there is a need for a serious and comprehensive review of our school boards with the goal of making them more effective and reinforcing a relationship of greater dialogue and mutual confidence with parents and the general public. It is in this spirit that the Minister of Education has started a process involving all interested parties to identify ways and means of strengthening the vital links between school boards and the communities they serve.

At the end of the day, the ADQ position not only achieves nothing in terms of addressing the needs of our school system, it constitutes a huge step backwards for the English-speaking communities across Québec. Rather than throwing the baby out with the bath water, our government has acted responsibly and in full recognition of the importance of the English-speaking community to sustain and improve its educational institutions.

Pierre Arcand, MNA Mount-Royal


The Parti Québécois unmasked !

Le Point d’Outremont, 1er novembre 2007

Last week, in the National Assembly, the new leader of the Parti Québécois, Pauline Marois tabled a Bill. The purposes of this Bill are to create a Citizenship Certificate of Quebec, to limit your right to vote, to limit your right to be a candidate and to limit your right to finance a political party, to only those who can speak French.

I readily recognize the legitimacy of ensuring that all residents of Quebec speak French. This is very laudable. But the onus must be put on incentive measures and not on coercive laws. When madame Marois and the PQ act in such a repressive manner before an election you must shudder at what they are capable of after a referendum win.

The measures proposed are oppressive and target specifically many people who escaped from dictatorships to set up life in a country of freedoms, a land where the right to vote is an obligation not a privilege, a land where the freedom of actions and speech are undeniable rights. All of a sudden, these people would be thrown back into the exact situation they escaped ?

That they would find themselves in a system that legislates two classes of citizenship, one with the right to vote and the other without, based solely on language skills ?

Quebec has an enviable reputation for our electoral laws throughout the world. So much so that we are regularly solicited to supervise elections in many countries to ensure the fairness of the democratic process. What are we to tell these countries : «  Do what we say and not what we do » ? or « It’s good for you but not for us » ?

Is this the PQ’s definition of a Free Quebec ? Does a Free Quebec mean free to restrict liberties ? Free to impose conditions of all sorts on our liberties ? Free to choose who will be free and who will not ? For my part, Mrs Marois, I tell you freely, not in my society !

Mont-Royal riding is the perfect example of the new Quebec, people from diverse origins working together with respect and harmony to help develop our society. After the ADQ’s divisive policies, here the PQ shows its true colors, more divisions. Our people will not accept such an attempt on our liberties and we, of the Quebec Liberal Party will continue to fight for our values and the respect of individual rights.

Pierre Arcand, MNA Mount-Royal

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Vos commentaires:
  • Paille québécoise, poutre canadienne
    19 novembre 2007, par Ouhgo

    Et voilà, M. Gagnon, de quoi mettre directement dans la pipe de M. Josh Freed, cet Anglo-Montréalais "francophile" interviewé hier par Rima Elkouri. Comme plusieurs de sa trempe, francophile quand nous sommes à genoux. Qu’il lise aussi les reportages de Christian Rioux à Paris qui nous rapporte ces jours-ci l’attitude beaucoup plus protectrice des européens vis-à-vis des immigrants.

    Curieux comme les Canadians et Montrealers sont toujours prompts à taper sur la tête d’un vaincu qui ose se relever...


  • Paille québécoise, poutre canadienne
    25 novembre 2007

    M. Gagnon, votre commentaire et l’article de Pierre Arcand m’ont vivement intéressé. Arcand publie en anglais seulement dans Le Point d’Outremont. Il ajoute au projet Marois la question du droit de vote qui n’y est pas. On croirait lire The Gazette. Tout cela est fort significatif et sans votre intervention, nous n’en aurions rien su.

    La décision du Conseil de presse à propos de ma plainte contre André Pratte sur un éditorial qui commente le rapprochement fait par Pierre Arcand entre Mario Dumont et Jean-Marie Le Pen est accessible sur internet : google André Pratte ou Pierre Arcand. Je suis allé en appel de cette décision du Conseil de presse. Vous vous souviendrez que certains journalistes avaient dit qu’Arcand avait fait une gaffe de recrue alors qu’à moins d’être jovialiste, il était évident que ça faisait partie d’une stratégie libérale pour nuire à Mario Dumont. Au plaisir de vous lire à nouveau.

    Robert Barberis, Vieux-Longueuil, 25 novembre 2007


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