Selon certaines personnes, il ne faudrait jamais critiquer le Parti québécois sous prétexte que cela nuit à la cause "souverainiste" et que les fédéralistes, eux, sont unis.
D’abord, rien de plus faux : les fédéralistes sont aussi divisés que les souverainistes.
Ensuite, je dirai ceci pour que les choses soient claires : il y a eu depuis sa fondation en 1968, autant de versions différentes du PQ qu’il y a eu de chefs.
Il y a eu le PQLévesque, le PQJohnson, le PQParizeau, le PQLandry, le PQBouchard, le PQBoisclair et le PQMarois. Tous sont très différents.
J’ai aimé le PQLévesque du premier mandat et j’y ai milité avec enthousiasme.
J’ai détesté le PQLévesque du "beau risque" et je l’ai dénoncé avec vigueur.
Le PQJohnson de l’affirmation nationale a été inutile et dénoncé par tous les indépendantistes.
Le PQParizeau a été admirable et courageux. Tous les indépendantistes y ont milité.
Le PQBouchard a été exécrable et les indépendantistes l’ont déserté.
Le PQLandry a donné espoir à tout le monde avec le "projet de pays".
Le PQBoisclair a été un désastre. Je l’ai dénoncé avec vigueur.
Reste le PQMarois. Jusqu’à ce jour, c’est le PQ de l’enterrement de première classe du projet de pays, de l’article 1 et du mode d’accession à l’indépendance. C’est la "provincialisation" du PQ et une nouvelle version de l’affirmation nationale de Pierre-Marc Johnson.
Et selon certains, il ne faudrait rien dire sous prétexte de ne pas nuire à la "cause". Quelle cause ? Celle de la souveraineté-fantasme ? Celle de l’affirmation nationale ? Celle de la provincialisation du parti ? Celle de Mme Marois qui veut devenir la première première ministre de la "province" de Québec ?
Je ne suis pas contre le PQ en soi. Je ne suis pas d’accord avec le PQMarois et j’estime que j’ai le droit de le dire haut et fort. C’est ce PQMarois qui s’est placé en situation de dissidence en violant le programme officiel du parti voté lors du congrès de juin 2005 et les statuts. Les vrais dissidents, ce sont Mme Marois et ses supporters. Pas ceux et celles qui n’acceptent pas ce coup de force. Pas ceux et celles qui exigent le respect du programme officiel voté en congrès.
Qui aime bien, châtie bien. La meilleure attitude à avoir avec le PQMarois, c’est celle qu’avait adopté le pape Jean-Paul II avec les communistes : dénoncer et négocier.
Tant et aussi longtemps que le PQMarois ne respectera pas le programme officiel du parti et ne remettra pas le "projet de pays" au centre de son action, c’est notre devoir de le dénoncer haut et fort.
Il n’y aura pas d’union "sacrée" des souverainistes/indépendantistes tant et aussi longtemps que le PQMarois maintiendra sa dissidence.
On ne fait pas un pays par le porte en arrière comme des hypocrites. Quand on veut un pays, on se bat ouvertement, clairement et de façon transparente. Avant, pendant et après les élections. Ce n’est pas le cas du PQMarois.
Pierre Cloutier


