Chère Caroline,
Votre mot m’invitant à exiger la démission d’André Boisclair, au nom de la crédibilité de mon engagement indubitable dans notre lutte pour l’indépendance, témoigne de votre confiance en moi. Je m’en réjouis et vous en remercie.
Il témoigne aussi de votre surévaluation de mon pouvoir d’influence. Or, il est nul, je vous l’assure.
Les membres du Parti québécois n’ont jamais accepté ma vision de la lutte pour l’indépendance, non plus que l’ensemble des "supposés" indépendantistes qui appuient l’objectif – et la stratégie afférente - de ce parti, fondé, en 1967, sur la "souveraineté-association", c’est-à-dire, précisément, sur la négation de la possibilité de l’indépendance, puisqu’il la soumettait d’emblée à l’approbation et à la collaboration du maître Canadian pour la réaliser… à demi. La suite de l’histoire n’est que la conséquence de ce mauvais début. André Boisclair n’est à mes yeux que le petit politicailleur qui mène tout droit et à grande vitesse à la mort du projet péquiste, à cette démarche essentiellement perdante.
Bref, à mes yeux, André Boisclair est simplement la cerise sur le sunday de l’inévitable débandade.
L’avènement de l’indépendance dépend moins que jamais d’une prise du pouvoir par le Parti québécois, en son état passé et actuel.
Peut-être, pouvons-nous encore espérer que tous les indépendantistes s’en emparent pour le transformer radicalement, sans souci d’une prochaine prise du pouvoir, animés par la seule volonté de mobiliser le peuple québécois dans une véritable lutte de libération nationale. Mais je crains que cette réorientation radicale ne s’avère impossible.
Peut-être, devons-nous, d’ores et déjà, nous regrouper afin de nous donner une nouvelle puissance de combat.
Andrée.

