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Le 16 mai dernier, dans « Notre situation est unique dans l’Histoire du monde moderne » publié sur Vigile, je conviais Madame Marois à convoquer des États Généraux sur l’Indépendance afin de permettre à l’ensemble du mouvement indépendantiste d’adopter une démarche gagnante qui permettrait enfin de créer le pays que nous attendons depuis tant d’années. Ce texte rappelait aussi que cette construction du pays du Québec commande une vision emballante, une volonté inébranlable, une détermination sans faille et un courage de tous les instants ancrés dans l’action.
Hier à Québec, Madame Marois, reprenant le contenu de son texte publié le 18 juin dernier sur le site du Parti Québécois, exposait son plan de match afin que le PQ redevienne le parti des Québécois. À la suite de ce discours, le moins que l’on puisse dire, c’est que les indépendantistes qui croyaient sincèrement que le nouveau chef du PQ se consacrerait entièrement à la réalisation de l’indépendance du Québec seront encore une fois déçus. En effet, Madame Marois, tout en appelant les militants à promouvoir l’indépendance auprès des Québécois, affirme brutalement que ces derniers ne sont pas prêts à rouvrir maintenant la discussion décisive sur la concrétisation du pays du Québec, bien qu’ils s’attendent à voir leur identité et leurs valeurs fondamentales être affirmées haut et fort. Ces propos ont des odeurs d’attentisme et d’affirmationnisme. Rien de bien motivant pour les indépendantistes.
En attendant, Madame Marois s’engage résolument dans la recherche de la mythique troisième voie. Sans posséder les pleins pouvoirs législatifs et fiscaux d’un pays, ce qui risque fort de miner toute chance de succès de cette entreprise, elle entend moderniser la social-démocratie afin de trouver le juste équilibre entre les rôles respectifs de l’État, du secteur privé et de la société civile. De cette façon, croit-elle, les indépendantistes ayant délaissé le PQ au profit de l’ADQ ou de QS reviendront naturellement au bercail. Pourtant rien n’est moins sûr. Le jeu de réalignement sur l’axe gauche-droite ne permettra pas de rassembler l’ensemble du mouvement indépendantiste derrière le PQ. Si le PQ n’arrive plus à fédérer les indépendantistes de gauche, de centre-gauche, de centre-droit et de droite, c’est que depuis le référendum de 1995, ce parti n’a pas su présenter une vision indépendantiste emballante et proposer une démarche d’accession à l’indépendance gagnante. Les indépendantistes voteront de moins en moins pour un PQ qui ne propose rien de plus qu’un programme de gestion provinciale.
De plus, bien que Madame Marois affirme qu’il faille abandonner l’obligation référendaire, elle se refuse à dire comment elle entend procéder à la création du pays. Elle entretient l’ambiguïté. Pourtant, la démonstration du « comment » se veut aussi importante que l’explication du « pourquoi ». Nous sommes capables de mâcher de la gomme et de marcher en même temps. Si nous voulons que les Québécois soutiennent la réalisation de l’indépendance, il faudra bien les rassurer en leur expliquant comment nous allons procéder. Ce n’est pas l’idéal de l’indépendance qui est massivement rejeté par la population québécoise, mais bien le moyen du référendum. La moyenne des sondages depuis 2005 indique que l’appui à l’indépendance se situe aux alentours de 45%, alors que le moyen du référendum est rejeté par plus de 80% des Québécois. Il faudrait en tirer les bonnes conclusions. Que les Québécois refusent de rejouer dans un psychodrame référendaire, cela se comprend parfaitement. Ils ne veulent plus s’exposer au viol de leur démocratie par les forces d’Ottawa et de « Corporate Canada ». À nous de leur proposer une démarche claire, franche, honnête et transparente. Ainsi, nous pourrons les convaincre plus facilement de la nécessité pour le Québec de devenir un pays.
Le problème fondamental du PQ depuis 1974 réside dans l’imposition du dogme référendaire et de la dissociation qui en découle entre l’accession au pouvoir et la réalisation de l’indépendance. Il ne faut pas chercher ailleurs l’explication des deux raclées que le PQ a subies lors des élections de 2003 et 2007. Faut-il rappeler que plus de la moitié des indépendantistes n’ont pas voté pour le PQ lors de ces deux dernières élections. Il s’avère tout à fait normal que de plus en plus d’indépendantistes se soient lassés de l’étapisme référendaire proposé par le PQ, surtout après ce qui s’est produit en 1995.
Depuis ce temps, le PQ ne cesse de cacher sa véritable raison d’être sous le couvert d’un jeu purement électoraliste. Ainsi, tel un équilibriste, il a tenté de préserver l’appui des indépendantistes en proposant la tenue d’un éventuel référendum, pourtant rejeté massivement par la population, tout en cherchant à s’attirer la faveur des Québécois en affirmant que celui-ci ne se tiendra pas si les astres ne sont pas parfaitement alignés. Maintenant, Madame Marois pousse la logique électoraliste plus loin que Bouchard, Landry et Boisclair n’auraient pu l’espérer en abrogeant l’obligation référendaire sans proposer une méthode alternative d’accession à l’indépendance.
Puisque le peuple n’est pas prêt à décider de la création du pays, le PQ ne s’engagera pas dans la construction du pays avant que le peuple ne le lui demande. Avec une telle attitude, les indépendantistes risquent d’attendre fort longtemps avant de voir leur idéal se concrétiser. Puisque le peuple n’est pas prêt pour la grande décision, on lui proposera de se prononcer sur de petites décisions de gestion provinciale tout en lui parlant du pays lointain. L’instrumentalisation de la cause indépendantiste pour la recherche du pouvoir va se poursuivre sous l’ère Marois. Le nouveau chef attendra que le peuple réclame la tenue d’un référendum. Le dogme référendaire se perpétue sans être soumis à un échéancier précis. Si jamais, dans un avenir plus ou moins lointain, de nombreux sondages consécutifs indiquaient que l’appui à l’indépendance se situait au-dessus, par exemple, de 55%, alors un gouvernement Marois pourrait en appeler au peuple. On nage dans le pur délire mystique !
Un vrai leader, empreint d’une volonté créatrice, amène le peuple à le suivre en lui montrant le plus droit chemin menant à l’atteinte de l’objectif. Il ne lui cache rien. Il lui expose une démarche claire, franche, honnête et transparente qui le force à prendre ses responsabilités et à choisir en toute connaissance de cause. Par sa vision, son assurance, sa détermination et son courage, le leader amène le peuple à se faire confiance, à se dépasser, à aller au-dessus et au-delà des limites qui lui sont imposées par les pouvoirs en place. Le leader favorise la libération du potentiel créateur du peuple. Si nous croyons que l’indépendance du Québec est juste et nécessaire, nous devons non seulement convaincre les Québécois de sa nécessité, mais s’engager à la réaliser grâce à une méthode d’accession limpide (ex : Déclaration d’indépendance et adoption d’une Constitution d’État) qui se retrouvera détaillée clairement à l’intérieur d’un programme politique et d’une plate-forme électorale.
Faisons confiance à l’intelligence des Québécois. Si le peuple n’est pas prêt, il nous le fera savoir en élisant un gouvernement d’un autre parti politique. Cette défaite ne serait pas fatale. Nous n’aurons qu’à continuer le travail jusqu’à ce que l’on gagne une élection qui nous permettra de réaliser l’indépendance. Agir autrement, en semant la confusion et en entretenant l’ambiguïté, ne fait que mettre en danger notre idéal d’indépendance. À chaque fois que le PQ propose une plate-forme électorale provinciale et perd les élections, nous nous éloignons davantage de la réalisation de notre idéal. Le refus de l’action et de l’engagement à concrétiser le pays favorisent l’éclatement et l’éparpillement des forces indépendantistes.
Le nécessaire rassemblement de ces forces ne pourra survenir que lorsqu’un parti indépendantiste s’engagera résolument sur le chemin de la réalisation de l’indépendance du Québec sans référendum. Madame Marois souhaite ce rassemblement, mais adopte une position attentiste qui ne peut que produire l’effet contraire et favoriser la morosité.
Si le PQ de Madame Marois se conforte, pour des motifs purement électoralistes, dans l’attentisme et l’affirmationnisme, voulez-vous bien me dire à quoi il sert ? S’il refuse, lors des élections, de proposer aux Québécois une démarche claire, sans référendum, menant à l’indépendance, voulez-vous bien me dire à quoi il sert ? S’il ne fait que parler de l’indépendance comme d’un rêve lointain, voulez-vous bien me dire à quoi il sert ? Combien de temps encore devrons-nous attendre ? Combien d’échecs devrons-nous encore subir avant de tirer les bonnes conclusions ? Devrons-nous attendre que l’idéal indépendantiste recule au-dessous de 20% avant de rectifier le tir ? Devrons-nous attendre que le PQ tue l’indépendance avant d’agir ?
Enfin, quoiqu’en pense Madame Marois, le « comment » se veut aussi important que le « pourquoi ». Sans une méthode d’accession à l’indépendance adaptée au contexte et à la situation du Québec, ce dernier risque fort de demeurer éternellement un État-nation avorté.
Éric Tremblay
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
J’appui les idées de Me Éric Tremblay dans ce texte.
Ai-je été emporté par un élan d’enthousiasme le 15 mai dernier, alors que j’offrais à Pauline Marois un appui inconditionnel à sa candidature ?
Les déclarations de la nouvelle chef du PQ, dans les multiples entrevues livrées dans les médias depuis quelques jours, les ambiguïté apparaissant dans son discours etc, me font craindre que l’enthousiasme du moment à momentanément aveuglée ma raison.
En ce sens, je dois me récuser face à Nestor Turcotte que j’ai rabroué il y a quelques temps à ce propos. Nestor avait et a toujours raison. J’ose espérer qu’il acceptera mes excuses.
Quoique j’éprouve à l’attention de Pauline Marois la plus grande sympathie, il sera difficile pour tout indépendantiste absolu de la suivre aveuglément sur un chemin aussi sinueux qu’elle semble vouloir tracer.
La clarté dont Me Tremblay fait appel dans son texte est celle dont j’ai parlé à plusieurs reprises sur cette tribune de Vigile (voir : Le Cheval de Troie, C’est Louis Bernard qui avait raison… et moi aussi !, Les Pourquoi, Se rendre maître de la réalité politique), ce serait faire preuve de grande incohérence intellectuelle que de vouloir prétendre le contraire aujourd’hui.
Il faudra que l’esprit de Pierre Bourgault se réincarne en un opposant fondateur d’un nouveau RIN pour confronter ce PQ et l’obliger à reprendre une route résolument indépendantiste !
Ce n’est pas en tentant de se rendre pareil à l’ADQ ou au PLQ que le PQ va réussir à se démarquer, mais bel et bien en se différenciant, en proposant autre chose, d’autres idées et d’autres rêves !
Innover ou mourir, tel est le seul et unique destin de ce parti.
Normand Perry Chroniqueur à Vigile.
Fait que, Le PQ devient un parti provincial comme un autre au Québec où il désire instaurer un bon gouvernement de centre-gauche lucide et solidaire en même temps en tirant son épingle du jeu fédéraliste jusqu’à ce que le peuple lui demande gentiment de tenir un référendum sur la souveraineté du Québec si ça lui tente, si le sondages sont bons et s’il est encore au pouvoir à ce moment-là.
En attendant le PQ va expliquer aux Québécois ordinaires ce qu’ils manquent internationalement parlant, en continuant de vivre dans une province canadienne, même si le PQ réussit à très bien dans les affaires provinciales comme la santé, l’éducation, la protection des forêts et des pêcheries, l’environnement et autres comme solidifier et/ou démolir les viaducs dangereux, remplir les nids de poule et refusionner les villes défusionnées.
Est-ce que ce futur couple ROC-Québec a des chances d’aplanir ses irritants, avec le PQ au pouvoir à Québec, afin de former un couple heureux qui ne voudra plus se séparer dans sa résidence canadienne et qui vivra éternellement dans l’allégresse avec beaucoup d’enfants ? La question mérite d’être posée suite aux derniers évènements incluant la guerre en Afghanistan.
Chère Madame Marois,
Mon sentiment n’était pas erroné à la veille de la course à la succession de Bernard Landry. À cette époque je vous jugeais comme une carriériste opportuniste, uniquement préoccupée à exercer le pouvoir. À cause de vos dernières déclarations, j’ai bien peur qu’une fois de plus vous échouerez à l’exercer. Les québécois n’ont que faire d’un parti qui renie sa raison d’être. Il en existe d’autres qui peuvent très bien jouer le rôle d’intendant provincial. Si vous croyez que les militants indépendantistes seront à vos côtés lors de la prochaine bataille électorale, c’est que vous vivez sur une autre planète. Ceux-ci sont déjà ailleurs ! Ils ont compris votre manège qui consiste à exploiter leur sentiment nationaliste lors des élections pour ensuite mettre sous le tapis le projet d’indépendance.
Facile de tenter de culpabiliser les québécois nationalistes pour cacher votre médiocrité à faire advenir notre pays. Que d’hypocrisie à faire croire que nous ne sommes pas prêt à assumer notre destin ! Vous en appelez à la confiance alors qu’elle est définitivement rompue depuis le dernier référendum. Vous lancez un appel à l’unité de tous les indépendantistes alors qu’ils vous ont déjà jugé comme des néo-féralistes. Le parti est mort et enterré mais vous persistez à croire qu’il ressuscitera à la Trinité.
Nous sommes de plus en plus nombreux à penser que le seul parti digne de bénéficier de notre support sera celui qui fera l’indépendance unilatéralement une fois élu. Un pays ça se prend un point c’est tout. Vous et votre clique n’avez définitivement pas le courage de poser ce geste fondateur. Alors aujourd’hui-même j’ai fais une prière pour le repos de l’âme du parti québécois. C’est le maximum que vous méritez.
Serge Savoie
Bravo monsieur Tremblay pour cette excellente analyse !
Chapeau à M. Normand Perry pour votre grande honnêteté intellectuelle et votre rare sens de l’honneur.
Monsieur Gilles Bousquet, votre satire de la "stratégie" ( ?!?) Marois est on ne peut plus exacte. En effet, si un gouvernement adéquiste "se réveillait" et se proposait de tenir un référendum sur l’indépendance, l’opposition péquiste voterait-elle contre, sous prétexte que le "fruit ne serait pas mûr" pour les Québécois(e)s ? Ou, encore, aurait-elle l’irresponsabilité de l’appuyer et nous exposer à nouveau à un NON qui pourrait être fatal à la faisabilité de l’indépendance dans un avenir prévisible ? Ou, finalement, aurait-elle le culot et l’incohérence de s’y opposer, reconnaissant (enfin !) que le processus référendaire est rendu caduc depuis 1995 et C-20 ?
À monsieur Serge Savoie, "moi aussi, moi aussi !" (dixit les Têtes à claques !) j’ai eu la même réflexion envers Pauline Marois. Si elle ne m’apparaissait pas autre chose que la langue de bois et la solidarité avec des mesures qui ont discrédité le PQ aux yeux, non seulement de la population, mais également des membres et sympathisants du parti, en 2005, c’était encore le cas cette année alors qu’elle revenait carrément avec le projet de "réforme ADQ Plus" d’André Boisclair !
À tous, je vous en prie, ne me tirez pas des roches, mais il m’est passé par la tête mardi matin (26 juin, la date limite du dépôt des bulletins de candidature) de prendre congé pour le reste de la semaine afin de recueillir les 1 500 signatures requises en parcourant 6 régions et couvrir 40 comtés et me présenter ainsi contre madame Marois (contre l’avis de mon épouse !), quand j’ai réalisé que la date limite était LA JOURNÉE MÊME à 17h00 ! Eh, maudit... Vous aurez compris que mon objectif n’était pas de gagner, mais de forcer un débat d’idées (que les médias n’auraient pas eu d’autre choix que de couvrir, ne serait-ce que par formalité, puisqu’il n’y aurait pas eu de couronnement) qui aurait permis aux membres de se réveiller avant qu’il ne soit trop tard.
En effet, j’étais présent au restaurant El Capriccio de Pointe-aux-Trembles lorsque "matante Pauline" a annoncé officiellement son intention de briguer la direction du PQ aux côtés d’un Gilles Duceppe pris de remords et d’un Louis Bernard qui venait d’annoncer avoir décliné se présenter à nouveau comme candidat. Malgré la présence des médias locaux (journal L’Avenir) et nationaux (SRC, TQS) invités par Francine Lalonde pour récupérer ce "moment historique", j’avais très bien senti que le projet de Pauline Marois n’était pas différent de celui évoqué par son prédécesseur, les seules différences étant qu’elle pouvait faire éclat de ses nombreux et prestigieux ministères et qu’elle n’avait pas conduit son parti à la défaite gênante du 26 mars dernier.
Je l’ai également entendue quelques jours plus tard lors du souper des Patriotes du RPS à Anjou le 21 mai dernier, aux côtés des Francine Lalonde, François Gendron, François Legault, Gilles Duceppe, Gilles Vigneault et Gilles Pelletier. J’ai moi aussi senti que le Parti Québécois était davantage préoccupé à reprendre rapidement le pouvoir (provincial) plutôt que de remettre l’indépendance au centre de toute son action politique. Mon intuition ne m’a pas trompé lorsque la "crise du budget Jérôme-Forget" allait démontrer jusqu’où nos "ténors souverainistes" étaient prêts à descendre pour ne pas aller en élection et être à nouveau humiliés par l’ADQ. On a préféré laisser passer Jean Charest et ses baisses INTÉGRALES d’impôts de $950 millions (pour un saupoudrage de $111 millions), quitte à ce que Stephen Harper et le Canada anglais reçoivent ainsi la confirmation qu’ils ont eu tort de céder aux lamentations du Québec au sujet du déséquilibre fiscal.
Il m’apparaît maintenant très clair que les apparatchiks du PQ ont délibérément choisi de marginaliser (lire "évincer") les "purs et durs" du mouvement indépendantistes, ayant choisi, comme au lendemain du 30 octobre 1995, de faire porter l’odieux du discrédit (créé artificiellement par les médias et entretenu par les Lucien Bouchard et Bernard Landry) de la cause indépendantiste sur les épaules des militants de la première heure que nous sommes.
Si vous avez lu le dernier numéro du journal Le Québécois, Patrick Bourgeois nous enjoint de résister à la tentation de quitter le PQ et de fonder un nouveau parti vraiment indépendantiste. À la lumière des dernières déclarations on ne peut plus limpides de Pauline Marois, j’espère qu’il aura changé son fusil d’épaule. Maintenant que la course n’est plus et que "matante Pauline" semble avoir les coudées franches, avec, en plus, des sondages lui permettant de convaincre les plus récalcitrants de ses valets provincialistes, qu’avons nous à perdre en se présentant comme nouveau parti indépendantiste ? Préférons-nous appuyer encore un parti devenu un OGM et qui, au mieux, ne pourra que convaincre les électeurs que nous n’avons plus besoin de devenir un pays ?
Le Parti Québécois était perçu comme un parti révolutionnaire jusqu’au congrès de 1974. Pourtant, les quelques militants convaincus ont réussi à gagner, en quelques années à peine, près d’un million d’électeurs (23% en 1970, 32% en 1973) à un programme prévoyant que le Québec se constitue en pays DÈS LA PRISE DU POUVOIR ! L’idée d’indépendance ayant, malgré la mauvaise volonté et les mauvais calculs des chefs du PQ (sauf Jacques Parizeau), progressé dans l’opinion publique et du fait de la haute probabilité que le Canada anglais mette rapidement fin à la situation d’impuissance de son gouvernement national, je crois que nous avons davantage de chances de faire progresser l’indépendance en militant activement dans un parti pour lequel cette cause est la seule véritable préoccupation.
En tout cas, moi je n’ai plus l’intention de laisser les opportunistes politiques diriger la parade ni la regarder passer alors que c’est MAINTENANT qu’il faut livrer le combat. Tenons-nous debouts et soyons contagieux !
Une petite précision s’impose par rapport à ce qu’a dit M. Luc Bertrand au sujet du dernier numéro du Québécois :
Je ne suis absolument pas contre la création d’un nouveau parti indépendantiste, tant que celui-ci sera crédible et sérieux.
D’ailleurs, je suis le seul à avoir dit publiquement, et ce, dès le départ, que l’arrivée de Pauline Marois à la tête du PQ n’était en rien aussi emballant que certains voulaient nous le faire croire. Par conséquent, je crois qu’il est assez difficile de me ranger dans le camp de ceux qui regarderont béâtement passer la parade Marois.
Patriotiquement vôtre,
Patrick B.
M. Luc Bertrand écrit : « si un gouvernement adéquiste "se réveillait" et se proposait de tenir un référendum sur l’indépendance, l’opposition péquiste voterait-elle contre, sous prétexte que le "fruit ne serait pas mûr" pour les Québécois(e)s ? »
Si l’ADQ prend le pouvoir à la prochaine élection, son programme suggère de commencer par ce qui suit : Que le Québec s’affirme sans se séparer, que les relations avec Ottawa soient bilatérales, que le Québec adopte une constitution qui affirme ses valeurs et qui déclare que le Québec va s’appeler : État autonome du Québec. Il suggère une citoyenneté québécoise et le renforcement du rayonnement du Québec à l’étranger. Ça, il pourrait le faire sans la permission d’Ottawa, avec l’aide de l’opposition, de préférence. Est-ce que le PQ suivrait l’ADQ sur ce qui précède ?
L’idée de l’ADQ de collecter tous les impôts et d’en remettre la partie au fédéral demande son l’accord. S’il est refusé, là, il pourrait y avoir besoin d’un référendum.
Tout ça précéderait un référendum sur la souveraineté pure du Québec comme le propose le programme du PQ d’ici à ce que Mme. Marois le fasse changer.

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