À quand remonte la dernière fois que vous avez entendu un commentateur à la télé ou à la radio répondre que tel ou tel problème ne peut être résolu que par l’indépendance du Québec ?
C’est là l’expression d’une option qui se voit totalement censurée dans les médias.
Vous n’entendrez jamais quelqu’un démontrer point par point comment l’indépendance ferait disparaître telle source de tension sociale, telle inéquité, comment elle permettrait de mieux gérer la question de la langue, de l’immigration, de l’intégration, de l’exploitation de nos ressources naturelles, de la préservation de notre identité culturelle, de notre patrimoine, de l’économie, etc.
Quand a-t-on vu un intervenant expliquer pendant 5 ou 10 minutes que le problème de la langue sera résolu une fois pour toutes une fois l’indépendance venue ?
Quand a-t-on vu quelqu’un vanter les mérites de la souveraineté le temps d’une entrevue complète plutôt que juste en passant, ou démontrer que c’est seulement par elle que passe la préservation de notre identité culturelle ?
Pourtant, on devrait pouvoir l’entendre tous les jours dans tous les médias.
Le mouvement indépendantiste doit se doter d’une équipe de gens de médias, une brigade souverainiste en quelque sorte, des représentants persuasifs qui iront à toutes les émissions de nouvelles et d’affaires publiques afin de proposer l’indépendance comme solution. C’est comme cela que l’idée reviendra à la mode et fera son chemin dans les esprits. C’est le principe de base de la publicité. Plus on en parle, plus le monde en veut. C’est ainsi qu’on crée le besoin.
Les indépendantistes doivent faire des pressions pour être représentés dans toutes les émissions d’affaires publiques, au nom de la libre expression à parts égales de points de vue démocratiques.
C’est faire fausse route de dire : "attendons que les gens reprennent goût à l’indépendance pour leur en parler". Au contraire, c’est en en parlant quotidiennement que la population la verra comme une solution pratique et réalisable dans un proche avenir, d’ici 5 ans, et non pas dans un futur hypothétique de 20 ou 50 ans.
Il faut démontrer à chaque occasion que l’indépendance ne sert pas qu’à traiter de questions abstraites pour les gens comme la constitution et la péréquation (c’est de cela que les gens ne veulent plus entendre parler au fond), mais qu’elle améliorera la vie au quotidien en nous équipant de tous les leviers de décision qui nous permettront d’accomplir le destin de notre nation, de poser des gestes concrets en pleine possession de tous nos moyens d’agir. Un gouvernement québécois souverain saura mieux que tout autre refléter nos aspirations les plus profondes tout en consolidant la continuité d’une société fidèle à notre image.

Chaque fois qu’un des sujets énumérés plus haut est abordé, il faut qu’un intervenant indépendantiste soit présent pour expliquer en ondes en quoi l’indépendance apporterait la résolution plus complète du problème en question.
Le discours indépendantiste, la promotion des idées nationalistes, doivent avoir pignon sur rue quotidiennement à tous les réseaux. C’est de cette façon que la pertinence de la cause souverainiste pourra s’affirmer et apparaître comme l’évidence qu’elle est.
Le Québec libre : faut qu’on s’en parle !
Réjean Labrie, de Québec, capitale nationale


