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Contrats militaires canadiens
Ottawa refuse d’intervenir en faveur du Québec
SRC - Société Radio-Canada
mercredi 28 février 2007


Le gouvernement conservateur de Stephen Harper a clairement laissé entendre, mardi, qu’il refusait de garantir au Québec, où se trouve près de 60 % de l’industrie aéronautique canadienne, sa juste part des retombées économiques des gros contrats militaires qu’il signera sous peu.

En effet, lors d’une entrevue au quotidien Le Devoir, le ministre fédéral de l’Industrie, Maxime Bernier, a affirmé que les firmes québécoises n’ont pas à attendre une garantie quelconque d’Ottawa quant aux retombées des contrats.

Pour le ministre conservateur, les contrats qu’Ottawa passera avec les constructeurs américains Boeing et Lockheed-Martin sont des contrats privés et « la politique de ce gouvernement est de ne pas intervenir dans les contrats privés. »

Au Québec, toutefois, plusieurs politiciens se demandent comment il est possible de considérer comme « privés » des contrats payés avec les deniers publics.

« On achète ces avions avec l’argent des citoyens, notre argent. C’est la moindre des choses de respecter la répartition régionale de l’industrie et de donner au Québec 60 % des retombées économiques », a soutenu au Devoir le porte-parole bloquiste en matière d’industrie, Paul Crête.

Tout aussi ulcéré par le laisser-faire économique d’Ottawa dans ce dossier, le porte-parole de l’opposition libérale en matière de Défense, le député Denis Coderre, a estimé que l’« on abdique notre souveraineté », ajoutant au Devoir que « faire confiance à des compagnies étrangères, ce n’est pas une politique industrielle, c’est une politique de franchisé. »

Plus tôt cette semaine, le quotidien The Globe and Mail laissait entendre que le gouvernement Harper serait sur le point de revenir sur une décision controversée de confier aux firmes américaines Boeing et Lockheed-Martin la formation des pilotes des futurs Chinooks et Hercules canadiens.

En effet, selon ce que rapportait le quotidien, Ottawa pourrait lancer sous peu un appel d’offres unique pour la formation sur les deux appareils. Cet appel d’offres, ouvrant la porte à un lucratif contrat de plusieurs dizaines de millions de dollars, favoriserait, toujours selon le Globe and Mail, la firme montréalaise CAE.

Le président de CAE, Robert Brown, s’est d’ailleurs montré catégorique lors d’une entrevue récente au Journal de Montréal : sa firme se doit d’avoir sa juste part des retombées des récents achats militaires canadiens.

« C’est à notre tour, on est Canadiens et le gouvernement canadien ne peut pas ignorer la principale entreprise canadienne dans le secteur militaire quand vient le temps d’assurer les retombées industrielles de tels contrats », a expliqué M. Brown.




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