(Photo AP) - Il faudrait rappeler que le déploiement des soldats canadiens dans des missions de paix et d’humanitaires doit être une source de grande fierté. Ainsi, les missions de paix des Nations unies figurent parmi les fleurons de la culture militaire canadienne.
En effet, depuis l’initiative du diplomate canadien Lester B. Pearson, en 1956, qui proposa l’envoi d’une force de maintien de la paix de l’ONU en Égypte pour dénouer la crise de Suez, le Canada a pris part à des dizaines de missions dans le monde. Je rappelle certains faits : plus de 2 500 soldats (dont plus de 2 300 d’origines québécoise) sont déployés dans la région de Kandahar, sachant que le Canada assume le commandement de la force multinationale, et sept soldats sont envoyés au quartier général de l’US CENTCOM à Tampa, en Floride.
Ils sont déployés dans le cadre des efforts communs de lutte contre le terrorisme : un officier envoyé en Irak à titre de conseiller militaire adjoint auprès du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies ; six officiers d’état-major canadiens sont affectés dans le cadre de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti ; 31 soldats au Sinaï en Égypte, qui font partie de la Force multinationale et Observateurs, une mission de maintien de la paix ne relevant pas de l’ONU ; plus de 309 soldats canadiens participent à des exercices de l’OTAN dans divers pays dans le cadre de l’opération Sextant ; etc.
À mon avis, la question qui doit nous interpeller est la suivante : pourquoi la mission des soldats canadiens dans un autre pays n’a pas été et n’est pas revendiquée, ni contestée, contrairement à celle en Afghanistan ? La réponse à cette question réside dans le fait que la mission en Afghanistan repose sur deux paradigmes complètement antagonistes : guerre/bombardement versus humanitaire/démocratisation. Plusieurs experts en relations internationales et en aide humanitaire affirment que la juxtaposition de la guerre et de l’humanitaire aboutiraient vers un échec de la mission, vers un épuisement des soldats canadiens et, surtout, vers le discrédit du Canada auprès de certains pays anti-guerre.
Pour rêver, les soldats canadiens doivent être rapatriés (cas de l’Espagne en Irak), parce qu’on ne peut juxtaposer bombardement et humanitaire ! Au moins, le ministère de la défense du Canada doit revoir et redéfinir avec transparence cette mission, dont la majorité de la population ne partage les objectifs et les motifs.
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Kamal El Batal
Doctorant en administration UQTR/US


