L’indépendantisme : seul véritable nationalisme québécois
Éric TREMBLAY - Tribune libre de Vigile - 2009 07 15
« À moins de dénaturer le sens des mots, être nationaliste, c’est vouloir que sa nation réalise son indépendance en se donnant un État libre, plein et entier qui serve ses intérêts nationaux dans tous les domaines au-delà de la gauche et de la droite, axe d’analyse dépassé à notre époque de mondialisation et de globalisation. »
« À travers le monde, il n’existe que deux types de nationalismes : le nationalisme libérateur basé sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le nationalisme dominateur. Le premier type définit le nationalisme québécois et le deuxième, le nationalisme canadien à l’égard du peuple québécois. Il s’agit maintenant de savoir lequel va gagner au Québec. »
Non pas…
Nationalisme ( Antidote )
Grand attachement à la nation à laquelle on appartient.
Tendance mettant la politique d’une nation au service de sa puissance.
Courant politique affirmant qu’une nation a le droit d’accéder à la souveraineté.
Une quantité de nations existent sur terre et peu sont dotés d’un État libre et indépendant. Est-il souhaitable que chaque nation soit dotée d’un État libre pour qu’elles aient droit de Cité, droit à l’attachement de ses membres ? Je ne crois pas. Ce serait nier l’existence de nombreuses nations, nier leur droit à l’existence à travers un État qu’elles acceptent nommément de valider.
Le problème de la nation du Québec, du peuple souverain du Québec, n’est pas un problème de nationalisme, c’est un problème politique qui impose à un peuple un État dont il ne veut pas et qu’il répudie depuis 250 ans. Un problème politique qui fait que le Canada se heurte à un mur. Il a beau faire, user de la carotte ou du bâton, les Québécois n’endossent pas les termes de la Constitution usurpatrice de tel État qui n’a jamais osé nommément appeler ce peuple souverain du Québec à prononcer à cet égard. Et pour cause, l’État du Canada serait répudié lui qui n’a jamais obtenu le OUI qui le validerait de manière légitime et démocratique.
Un problème politique lié à la puissance de ce peuple souverain du Québec pourtant promis à l’extinction, à l’assimilation, et qui, après 250 ans de reconstitution après avoir été saigné par la fuite de ses élites en France, puis par une diaspora économique qui l’a privé de millions de descendants sur son territoire, le fait aujourd’hui être en mesure d’invalider l’État abusif actuel et rétablir la réciprocité des règles devant prévaloir pour fonder sur son territoire national un État valide et légitime qui émane nommément des ses voix libres et souveraines, ce que n’est pas l’État actuel unilatéral du Canada.
Cela sur la base d’un régime démocratique qui se fonde sur la souveraineté du peuple, en tant qu’Autorité Suprême seule capable de fonder un État valide et légitime, qui permette au peuple de pouvoir disposer de lui-même, à sa guise et à sa convenance en définissant lui-même les termes qui emportent nommément son agrément en ce qui concerne les Actes qui fondent, constituent et gouvernent le gouvernement du peuple souverain. Ce qui n’est pas le cas de l’État du Canada.
« Malgré le fait qu’aucun de nos gouvernements québécois n’ait signé l’infâme constitution de 1982, tous les partis siégeant à l’Assemblée nationale agissent comme si nous l’avions signée, même ceux qui se prétendent nationalistes. Pourquoi ? »
Parce que les fédéralistes savent que cet État est répudié et ne peuvent réciproquement appeler le peuple souverain du Québec à valider tel État en obtenant le symétrique OUI qui ferait de sa légalité abusive, une légalité démocratique et légitime.
Les indépendantistes de leur côté ont toujours subordonné la souveraineté du peuple du Québec à la souveraineté de l’État qu’ils veulent fonder. Cet indépendantisme étatique historique doit être mis à niveau sur la base de la souveraineté du peuple seul valide fondateur d’un État démocratique légitime et valide. Il nous faut appelé le peuple souverain du Québec à faire ce que ne peut pas faire et ne veut pas faire l’État du Canada, invalider cet État actuel du Canada usurpateur. Or, cela n’est pas advenu ni du fait du Canada, cela se comprend, ni du fait des indépendantistes. Ainsi, il faut faire comme si… Pourquoi ?
Parce que l’Assemblée nationale et les votes de sa députation sont aussi invalides que ne l’est l’État du Canada. Dans cet État illégitime et invalide, seul le Parlement d’Ottawa est habilité à décider ce qui est légal ou pas. Il est l’Autorité suprême et peut désavouer toute LOI ou MOTION votées par les législatures provinciales qui lui sont subordonnées. ET c’est bien pour cette raison qu’il est abusif et usurpateur. ET, il l’est quand il ignore le fait que l’Assemblée nationale n’a pas adhéré à la Constitution de 1982. Il use sans le dire de son droit de répudier les désirs de l’Assemblée nationale.
Une décision de la Cour suprême lui suffit pour affirmer que sa légalité est légitime. Ça, et le fait que la virtuelle réunion de toute la députation du Québec en 1982 aurait voté en faveur du rapatriement unilatéral de Pierre Elliott Trudeau, ce grand démocrate !? Le fait que le Bloc québécois n’existe pas à l’époque l’a autorisé fallacieusement à ne pas faire la translation fédérale du vote souverainiste. René Lévesque s’étant toujours opposé à l’élection du Bloc québécois. Cela parce qu’il pensait imminente la fondation de l’État souverain du Québec.
Or la perte de cette imminence est aujourd’hui une occasion rêvée de revoir les prémisses sur lesquelles s’est fondé le souverainisme étatique historique. En effet, peut-être est-il temps de cesser d’assujettir la souveraineté du peuple à la création de l’État souverain du Québec. À commencer par appeler ce peuple à invalider l’illégitime légalité de l’État unilatéral et impérial du Canada.
Ainsi, le voeu de M. Tremblay pourrait être exhaussé. Les nationalistes, les indépendantistes, et même les fédéralistes-rénovateurs et autonomistes pourraient cesser de faire comme si l’État du Canada était valide, puisqu’ils pourraient alors se prévaloir d’une légitimité vraie, celle que seul peut procurer les voix du peuple appelé nommément à se prononcer à cet égard.
Mais ce n’est pas la voie qu’il choisit. Il préfère valider l’État du Canada en faisant comme lui. À savoir, fonder un État sur les seules voix d’une partie de sa députation en subordonnant les voix du peuple à l’État imposé par l’État lui-même… incapable de soumettre nommément aux voix du peuple ce qui gouverne le gouvernement, à savoir, l’État et les termes qui le Constituent et qui gouvernent ceux qui gouvernent le peuple, députation comprise.
« Contrairement au PQ, au Bloc et aux autres partis provincialistes du Québec, le Parti indépendantiste, seul parti nationaliste québécois, sait qu’il y a deux nations au Québec. »
Il y a d’après lui deux nations au Québec, mais veut fonder un État national sur la base d’une élection qui appelle les deux nations à élire une députation qui serait donc bi-nationale. Son État sera donc forcément binational. Or pour qu’il le soit, il lui faut inventer une nation canadienne du Québec. Comme si la partie de la population du Québec appartenant ou se sentant des appartenances à la nation canadienne formait une nation à part entière, distincte de toute autre !? Il n’y a pas de nation canadienne au Québec qui serait distincte de celle du Canada. Ce qu’il y a au Québec c’est une seule nation (Premières nations en sus ) et des ressortissants de la nation canadienne, s’ils tiennent à ne pas être partie du peuple souverain du Québec. Pour cela, il leur faudrait cependant renoncer à participer aux élections, puisqu’ils ne se reconnaissent pas citoyen du Québec.
Les Québécois et ces Québécois peuvent cumuler une ou plusieurs autres citoyennetés ou appartenances. Il n’y a pas de peuple italien au Québec. Le Peuple italien vit en Italie, il n’y a que des Québécois d’origine italienne. Il n’y a pas de peuple canadien au Québec, il n’y a que des ressortissants canadiens qui se trouvent à être aussi Québécois et cela ne changera pas après la fondation d’un État valide et souverain du Québec fondé sur les voix du peuple, que cela se passe ou pas par voix d’élection ou de référendum. Et ce peuple est formé par celles et ceux qui sont appelé(e)s à fonder l’État souverain.
« C’est par un vote majoritaire de ses élus que notre Nation déclarera son indépendance et se dotera d’un État libre, fort, plein et entier qui lui permettra enfin, au bout de 400 ans d’histoire, d’assurer la pérennité de son identité, de favoriser son plein développement et d’entrer en relation directe avec le monde entier. »
« C’est par un vote majoritaire de ses élus que notre Nation déclarera son indépendance… »
... que cette nation, censée n’être que d’origine française par le PI, imposera à une supposée nation canadienne du Québec ce que le Canada impose à la nation québécoise… Admettre la fallacieuse existence d’une nation canadienne constituant un peuple à part entière au Québec implique la souveraineté de ce supposé peuple, qui pourra donc revendiquer la partition du Québec, en vertu du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes… Tout cela pour ne pas admettre le fait que le peuple souverain du Québec est une réalité citoyenne à part entière qui n’admet l’existence d’un peuple que parce qu’il est distinct de tout autre, doté d’une culture distincte. La population canadienne vivant au Québec n’est pas un peuple à part entière, mais bien seulement qu’une population partie du peuple du Québec et si cela lui plait partie aussi du peuple du Canada. Le peuple du Canada vit au Canada. Le peuple du Québec vit au Québec. Quand l’État souverain valide et légitime du Québec aura été nommément fondé par l’expression de ses voix libres et souveraines, le peuple du Québec sera celui qui habite au Québec.
« C’est par un vote majoritaire de ses élus que notre Nation déclarera son indépendance… »
Ce qui valide l’actuel état du Canada. Cette contradiction essentielle explique le peu de succès électoraux du PI. Il devra tôt ou tard en prendre acte. Il lui faudra trouver autre chose pour se distinguer du PQ. Ce peuple n’admet pas qu’on dise n’importe quoi et son contraire. D’un côté, le Canada a tort d’imposer de force et d’autorité un État jamais validé par les voix du peuple, et de l’autre, on prétend invalider cet État abusif du Canada en faisant procédant de la même abusive manière… Cherchez l’erreur !?
Il y a le peuple souverain du Québec et les Premières nations vivant sur le même territoire. Et, il y a les Québécois de toutes origines, dont les Québécois d’origine française, souvent métissée de plusieurs origines autres : anglaises, irlandaises, écossaises, premières nations et autres. Il n’y a pas une telle chose que des peuples italien, canadien, arménien, polonais, juif ou autres vivant au Québec et constituant une nation propre et distincte de toute autre. Chacun de ces peuples vivent ailleurs dans leurs nations propres.
La nôtre de nation est Québécoise, son peuple, comme tous les peuples de la terre est constitué de toute sa population citoyenne se déclinant comme partout ailleurs, dans toutes ses multiples appartenances identitaire ou génétiques d’origine ou d’élection. C’est du reste ce peuple qui par sa participation aux élections ou aux consultations référendaires manifeste son appartenance Québécoise et c’est lui qui est en mesure pas ses décisions majoritaires de répudier l’État du Canada actuel et fonder l’État légitime et valide qu’il désire fonder depuis la Conquête. Cet État valide n’est pas le Canada actuel, ne peut l’être puisqu’il n’a pas obtenu le OUI qui le validerait. C’en sera un autre. Il n’en tient qu’à nous que ce soit l’État du peuple souverain du Québec.

