Qui ne voit toujours pas que le Parti québécois n’est plus un parti indépendantiste, et ce, depuis le vol référendaire de 1995 ? En 40 ans d’existence, ce parti est passé de la Déclaration d’indépendance dès la prise du pouvoir (1968 à quelques jours de l’élection de 1973), à l’étapisme référendaire de Morin (1973 à nos jours), au Beau risque de Lévesque (1984-1985), à l’affirmationnisme de Johnson (1985-1987), au retour de l’indépendance sous l’ère Parizeau dénaturée par Bouchard qui imposa la souveraineté-partenariat (1988 à 1995), puis à l’attentisme de ce même Bouchard et de ses dignes successeurs (1996 à nos jours). Une constante demeure : le PQ, incapable de se débarrasser de l’étapisme référendaire, s’est non seulement cantonné dans une position attentiste malsaine, mais se joue des Québécois en refusant de mettre l’indépendance au cœur du débat politique et au centre des campagnes électorales. Pour des raisons purement électoralistes, le PQ instrumentalise l’indépendance de peur de perdre un peu trop de voix indépendantistes.
Maintenant, madame Marois nous convie à la « conversation nationale », nouvelle étiquette insignifiante qui sert de camouflage à l’abdication de ce parti quant à la question nationale. Pour ce parti, l’indépendance est toujours à remettre à plus tard ; même la situation d’urgence actuelle, alors que notre assimilation semble irréversible, ne suffit pas à réanimer ce bois mort qu’est devenu le PQ. Pire son chef actuel propose de mettre le pied sur l’accélérateur de notre assimilation en institutionnalisant l’enseignement intensif de l’anglais dès la fin du primaire. Conversons en buvant du thé jusqu’à notre disparition !
Le problème fondamental du PQ a toujours résidé depuis l’élection de 1973 dans le ver étapiste de Morin. Plutôt que de s’en défaire, comme le souhaite pourtant une nette majorité de Québécois, madame Marois en propose une version plus radicale : l’ultra-étapisme de la parlotte ! Alors qu’il y a urgence, le PQ entend discutailler suffisamment de temps pour que l’indépendance ne puisse se réaliser démocratiquement.
Le PQ ne réalisera jamais l’indépendance du Québec, et ce plus de la moitié des indépendantistes l’ont compris depuis le congrès du « miroir » de 1996, alors que Bouchard, dans une envolée oratoire teintée d’un sentiment de culpabilité, nous accusait indirectement d’entretenir des sentiments racistes à l’égard de notre pauvre communauté anglophone en voulant renforcer la Loi 101. Depuis, le PQ a délaissé le combat pour l’indépendance et le Québec français de peur de déplaire à cette minorité anglaise du Québec qui en fait ne cesse d’exprimer son racisme exacerbée sur toutes les tribunes médiatiques québécoises et étrangères. Nous serions donc racistes parce que nous voulons vivre dans notre langue chez nous !
Bien que madame Marois et ses acolytes s’en défendent, nous assistons présentement à la mise au rencart définitive du projet de l’indépendance du Québec par le PQ. Ce parti se contente désormais de l’horizon provincial rapetissant. Il convie les Québécois, tout comme l’ADQ et le PLQ, à la régression nationale, à leur effacement progressif dans la bouillabaisse multiculturelle anglaise canadienne, promue et défendue par le Parlement d’Ottawa et son gouvernement des juges qui s’appuie sur la Charte à Trudeau pour déconstruire nos lois adoptées démocratiquement à l’Assemblée nationale, nos valeurs, et notre identité .
Les descendants de Durham s’acharnent à contrecarrer le Québec français. Ils rêvent toujours de faire de l’Amérique du Nord un continent anglais. Car c’est cela l’histoire de la construction du Canada depuis l’invasion britannique de 1760. Plus le Canada progresse, plus le Québec se dissipe. Personne au PQ, à part Parizeau, n’a véritablement tiré la leçon de ce que le père de la Loi 101, Camille Laurin, avait prédit : sans l’indépendance du Québec, la Charte de la langue française ne pourra assurer la pérennité de notre langue, de notre culture et de notre identité. Nous pouvons rajouter : sans la liberté, le peuple québécois disparaîtra !
***
Malgré tout, malgré que l’indépendance ne soit pas au centre des élections depuis le vol référendaire de 1995, une majorité du peuple québécois veut toujours que le Québec devienne un pays de langue française. C’est ce qui explique la fondation du Parti Indépendantiste. Contrairement au PQ, le PI sait que les Québécois sont près dès maintenant à voter pour l’indépendance. Cela fait 50 ans que le mouvement indépendantiste moderne existe, il s’agit bien plutôt de voter pour l’indépendance, c’est-à-dire pour les candidats du parti qui propose de la réaliser quand la population lui aura confié le gouvernement. Et ce parti est le Parti Indépendantiste.
Les indépendantistes ne pouvaient attendre que le PQ démissionnaire finisse par nous condamner pour toujours à l’enfermement dans le carcan canadien. Après 12 ans d’inaction péquiste, cause de la division du mouvement national (plus de la moitié des indépendantistes n’ont pas voté pour le PQ en 2003 et 2007), il apparaissait urgent et nécessaire que les indépendantistes fondent leur propre véhicule politique pour reprendre le combat là où le PQ l’avait abandonné. Les propositions provincialistes récentes de madame Marois reconfirment cette nécessité. Le PQ n’aspire à rien d’autre qu’à gouverner une province bilingue dans un Canada anglais.
Dépassé, sclérosé, sans vision d’avenir, ce parti en arrive même à croire que l’adoption d’une constitution provinciale, qui risque de confirmer tacitement notre adhésion à la Constitution canadienne de 1982 que tous nos gouvernements ont refusé de signer, et d’une citoyenneté interne factice sont des gestes de gouvernance nationale. En fait, ces deux projets, qui ne remettent nullement en cause la légitimité de l’ordre constitutionnel canadien qui nous a été imposé par Ottawa, confirment l’incapacité du PQ à dépasser l’horizon provincial. Cette constitution provinciale et cette citoyenneté interne ne feraient que confirmer notre subordination à Ottawa et à son gouvernement des juges qui travaillent à notre folklorisation. Quoiqu’en dise le PQ, une véritable gouvernance nationale ne sera possible que lorsque le Québec deviendra un État libre et indépendant.
Si le PQ se contente des pouvoirs d’une province en entendant respecter la légalité canadienne, alors c’est qu’il n’est plus qu’un parti fédéraliste comme l’ADQ et le PLQ, avec l’hypocrisie en prime. En s’accommodant du régime arbitraire, illégitime et post-impérial d’Ottawa, le PQ fait la preuve qu’il est effectivement un parti fédéraliste. La « conversation nationale » de Marois démontre que les dirigeants de ce parti ne savent plus quoi inventer afin de dissimuler le fait qu’ils n’ont aucunement l’intention de réaliser l’indépendance.
Après 40 ans d’existence, le PQ a atteint sa durée de vie utile. Il n’aura jamais su se relever du vol référendaire de 1995. La marque de commerce « PQ » est périmée. Les derniers militants indépendantistes sincères du PQ doivent apprendre à couper le cordon ombilical, bien que cela puisse provoquer beaucoup de tristesse, d’amertume et de colère. Afin de rompre avec le régime de domination canadien, ces militants sincères doivent rompre avec le PQ et rejoindre leurs frères indépendantistes qui construisent avec force, raison et passion le Parti Indépendantiste, seul parti qui propose des actions concrètes pour réaliser l’Indépendance du Québec.
L’indépendance est une idée forte et rassembleuse. Le Parti Indépendantiste compte en son sein des militants de toutes les générations et de toutes les régions qui, lors des élections de 2003 et 2007, ont voté pour le PQ, l’ADQ, QS ou se sont abstenus de voter. Ce parti a été créé pour les millions de Québécois qui veulent que le Québec devienne un pays indépendant de langue française. Le PI est le seul parti indépendantiste au Québec. Si les indépendantistes de tous les horizons l’investissent et travaillent à son développement, le PI prendra le pouvoir et réalisera l’indépendance de l’État du Québec dans un avenir plus rapproché que certains peuvent le croire.
Par sa volonté, sa détermination, sa résolution, son engagement, son courage et son audace incarnés dans l’action, le Parti Indépendantiste, fort de l’énergie de ses militants, réalisera le véritable changement dont le Québec a besoin : l’indépendance !
Le Parti Indépendantiste entend donc remettre l’indépendance au cœur du débat politique et au centre des campagnes électorales. C’est en présentant clairement, honnêtement, franchement et de manière transparente le projet d’indépendance aux Québécois, que le PI réussira à obtenir la majorité de sièges requise pour procéder à la Déclaration d’indépendance et à l’adoption d’une Constitution d’État du Québec libre et indépendant. Le PI, c’est le choix électoral de l’Indépendance. Les Québécois doivent pouvoir s’exprimer démocratiquement sur le projet d’indépendance lors des élections.
À l’heure de la mondialisation, nous, Québécois, devons nous gouverner nous-mêmes, sans l’entrave d’Ottawa, afin d’assurer le développement du plein potentiel économique, social et culturel de notre Nation, en adoptant toutes nos lois, en prélevant tous nos impôts, en signant et en ratifiant nous-mêmes les traités internationaux et en nous exprimant librement sur la scène internationale. La concrétisation de l’État du Québec indépendant s’avère la condition essentielle qui nous permettra, non seulement d’assurer la pérennité de notre langue, de notre culture et de notre identité, mais d’établir des relations directes, sur une base d’égalité, avec toutes les Nations libres du monde entier. De plus, en contrôlant tous les leviers et pouvoirs d’un État normal, le Québec pourra avoir comme ambition de se hisser parmi les 10 Nations les plus prospères de la planète. Ensemble, nous le pouvons !
Pour sortir de l’impasse provinciale et faire du Québec un État libre et indépendant de langue française en terre d’Amériques dès la prise du pouvoir, tous les indépendantistes sont invités à rejoindre le Parti Indépendantiste et agir pour le pays. Nous sommes une Nation et nous avons un État ; assumons-nous ! Le PI regarde droit devant vers l’horizon du pays avec confiance. L’avenir nous appartient. Libérons les forces vives de la Nation ! La liberté, ça ne se quémande pas, ça se prend !
Éric Tremblay
Chef du Parti Indépendantiste
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —


