Je n’ai jamais été membre d’un gymnase ni d’une salle de conditionnement physique. Je compte sur quelque chose de plus facile, de plus accessible : Je lis la section éditoriale de La Presse !
Quoi de mieux que les première lignes d’un Prat’Z ou d’un Dubuc pour faire monter mon rythme cardiaque, faire travailler mes muscles dès mon réveil en les crispant d’une saine colère. Je peux même prendre mon café et fumer une cigarette en même temps… Je commence par le titre : J’ai la mâchoire qui se serre ; les veines de mon cou deviennent saillantes, ce qui est un signe que mes trapèzes se gonflent comme pour expédier la table par la fenêtre. ( C’est aussi un bon exercice de contrôle de soi : je réprime cette force qui se déchaîne, je respire lentement et je redeviens ZEN.)
Puis c’est au tour de mes poings de se refermer. J’attaque le corps du texte ( Tiens, je suis dû pour me couper les ongles, ils s’incarnent dans mes paumes…) ( C’est comme du Ti-Boxing, je frappe dans le vide au rythme primitif des idioties et des sophismes préfabriqués.)
Une fois ma lecture terminée, je constate que la hausse évidente de ma température corporelle n’a pas fait augmenter celle de la maison. C’est au tour de mes jambes de travailler. Je roule donc le torchon le plus compact possible ( ce qui achève de faire travailler mes avants bras par un mouvement de torsion qui me donne l’impression de tordre des cous sans colonne vertébrale.) puis je descends à la cave, au trot. ( 16 marches aller-retour, ça commence bien une journée). J’ouvre la porte de mon vieux poêle à bois, forgé par les ancêtres au siècle dernier, j’y introduit la bûche compacte et j’y mets le feu. Une lumière voluptueuse illumine à présent la pièce obscure : je dois admettre, non sans rougir, que je trouve à présent ces âneries Gescatiennes très éclairantes et que des points de vue différents, même malhonnêtes, nous permettent parfois de trouver la lumière…
C’est pourquoi je proteste contre un éventuel boycott de GESCA : je paraphraserai ce vieux proverbe chinois pour mieux vous faire comprendre : « Qui lit LaPresse se réchauffe deux fois… » mais sans effort… Tiens un nouveau slogan pour rejoindre une clientèle de grosses femmes obèses et lucides : « Gardez la forme : Lisez LaPresse » ou encore : « La Presse, le plus aérobique des quotidiens épais d’Amérique. » J’espère que DesMarais va me donner un pourcentage de ses ventes s’il choisit mes slogans…
Frédéric Labrie, en réplique à « Prisme déformant »
