Il devient de plus en plus gênant d’être nationaliste. Et on est carrément ostracisé quand on se dit indépendantiste. De toute évidence, les manigances du politique, du commerce et des médias pour "démoniser" les Québécois revendicateurs portent fruit.
On a même vu Pierre Curzi reculer devant la pression extrême de la pensée unique qui intoxique désormais la belle province ! Pourtant, ses réserves quand à la venue d’un ex-Beatle à Québec étaient parfaitement justifiées (et cela n’a, bien sûr, rien à voir avec la personne de Paul MacCartney). Mais l’esprit "chambre de commerce" a eu le dessus et a réussi à niveler, vers le bas comme toujours, la culture et le devoir de mémoire.
Le pouvoir politique, le commerce et les médias n’ont que faire d’un Québec qui se souvient. Sauf de très rares exceptions, les journalistes les plus nuancés ont déclaré forfait, et les plus engagés ont pris des vacances qui tombaient juste à point. Il n’y a plus de critique, aucune confrontation, et même pas de dialogue. Juste un long monologue, de plus en plus sinistre, aux accents anglais ponctués de signes de piastre.
Aux plus vieux, ça doit certainement rappeler la fin des années cinquante. Quant aux plus jeunes, on s’est arrangé pour que ça ne leur rappelle rien.
