François Legault est un honnête homme dont le flair politique s’est émoussé au cours de sa retraite. Ses énoncés politiques me semblent déjà en retard avec la réalité politique.
Monsieur Legault ne prends pas en compte l’énorme clivage qui s’est construit depuis trois ans entre le fédéralisme non renouvelable et la souveraineté à nos portes. L’histoire des peuple s’inscrit dans le temps présent et peu d’analystes politiques prévoient les révoltes soudaines. Regardons simplement l’effondrement de Mourabak en Egypte, que l’on disait, quelques jours avant, inamovible.
Nous ne sommes plus en 2007 mais en 2011 avec un premier ministre maintenu sous respirateur artificiel par les plus farouches fédéralistes. Monsieur Legault ouvre une troisième voie alors que la première (James Charest) va se réduire à une peau de chagrin (autour de 20 %) aux prochaines élections.
Pour l’avenir de son peuple, monsieur Legault doit comprendre que la défense et la promotion du français au Québec se peuvent se faire que dans un processus de libération du pays. La reconnaissance de la fragilité du français dans la région montréalaise doit être la base de toute action d’émancipation et cette reconnaissance ne peut se jouer à l’intérieur du cadre provincial. Poser cette question dans un espace limité sera lourd de conséquences sur la langue française, comme moteur central de notre identité. La logique du nombre et la pensée individualiste qui guide de plus en plus les actions des citoyens sont une bombe à retardement qui va nous sauter dans la face.
Si monsieur Legault croit à la primauté de la langue française en terre d’Amérique, il doit refaire ses devoirs.

