Vigile.net
L’indépendance ne nous tuera pas, mais l’absence de solution à notre question nationale nous tuera certainement. Ce sera une mort lente, par désagrégation, par épuisement. - Gordon Lefebvre
             
Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production.
Financement 2008
 15931$  80%  
Objectif : 20000$
Minoritaire, mais vivant !
Le Québec aura tout de même décidé de miser sur la continuité
Jean-Claude Rivest
La Presse
mardi 27 mars 2007


Cette bien courte victoire du Parti libéral du Québec, elle était, pour ainsi dire, inscrite dans la victoire même du 14 avril 2003 : un milliard par année de réduction d’impôt et finies les listes d’attente et l’encombrement des salles d’urgence dans les hôpitaux. Rien de moins ! L’impossibilité pure et simple de respecter de tels engagements est à la source même de la déconvenue libérale comme elle est l’explication la plus vraisemblable de la permanence, en cours de mandat, des hauts taux d’insatisfaction de l’électorat à l’égard du gouvernement libéral.

Et pourtant, le gouvernement de Jean Charest aura été, somme toute, un bon gouvernement. En tout cas, aussi bon que la plupart des gouvernements précédents : les finances publiques ont été assainies, les sociétés d’État réformées, le système de santé tout de même stabilisé et amélioré, les besoins régionaux reconnus, l’équité salariale établie, les nombreuses et fructueuses ententes fédérales-provinciales conclues

Au moment d’aller voter, les électeurs québécois connaissaient bien ces mérites du premier ministre et de son équipe, mais les promesses en santé et en fiscalité, tellement " prioritaires " et sensibles ont tout simplement occulté les autres réalisations du gouvernement libéral. Et, comme s’il y avait eu besoin d’en rajouter, Jean Charest a fait une campagne bien tranquille ( !), le discours électoral libéral optimiste sur la santé est apparu, aux yeux de bien des gens, déconnecté de la réalité et le singulier engagement de réduction de l’impôt de 700 millions a simplement ressuscité le fantôme du téméraire milliard ! Et voilà ! Alors, que nous disent les résultats électoraux d’hier ? Tout simplement que l’électorat a voulu - comme c’est son droit - sanctionner le gouvernement libéral pour promesses non tenues. Et, par ailleurs, même s’il partageait certaines critiques du PQ, l’électorat est demeuré sceptique, froid et incrédule à l’égard de plusieurs de ses propositions. Aucun enthousiasme pour les velléités référendaires du Parti québécois. C’est le moins que l’on puisse dire ! Et, spectaculaire revirement dont le Québec a le secret, péquistes et libéraux se sont retrouvés dans l’univers adéquiste, celui du " vrai monde " et de la " vraie vie ", celui des " vraies solutions " aux " vrais problèmes ".

Pourtant, le gouvernement libéral a survécu. Minoritaire, mais toujours vivant ! Ouf ! Alors, oui, le Québec aura tout de même décidé de miser sur la continuité, sur l’expérience et sur une équipe de qualité. C’est le choix de la population. Le reste du Canada rêvait, il est vrai, d’un gouvernement libéral majoritaire. Reste que tout cela ne durera qu’un temps plus ou moins court, comme toujours en pareille situation.

Cette élection est tout de même porteuse d’espoir. Tout le contraire du désengagement ou du cynisme de la population. Le taux de participation au vote est éloquent. N’y a-t-il pas là, en effet, comme un vibrant appel de l’électorat à beaucoup plus de rigueur et de transparence ?

Une manifestation, en quelque sorte, de la maturité des citoyens qui n’ont pas peur de la simple vérité, aussi difficile soit-elle, et qui expriment leur désir engagé de participer beaucoup plus directement aux affaires publiques pour relever les défis du temps : mondialisation des valeurs et de l’économie, éducation, santé, finances publiques, croissance économique, pluralisme culturel et identité québécoise, dans Montréal et les régions

L’arrivée de ce nouveau et combien fragile gouvernement peut donc être l’occasion inespérée du renouvellement de la manière de faire de nos partis politiques représentés à l’Assemblée Nationale et de l’émergence d’une meilleure participation citoyenne - comme diraient les gens de Québec-Solidaire - aux choix d’avenir de la société québécoise. Pour la suite du monde, le PLQ et le PQ sont relégués à la case départ : la réflexion.

Rivest, Jean-Claude

Ancien conseiller de Robert Bourassa, l’auteur est sénateur libéral.

Suggérer cet article par courriel


Premier colloque annuel

L’Institut de recherche sur le français en Amérique tiendra son premier colloque le 28 novembre prochain


No 274 - 2008



Dîner des Patriotes 2008

23 novembre
28 novembre 2008

Solidarité Québec-Algérie

Vendredi 28 novembre 2008
  • Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production.
    Joignez-vous aux Amis de Vigile.
  • Objectif 2008: 20000$
     15931$  80%  
  • Pour contribuer en ligne 
         Nom:
    Courriel:
       Anonyme
    Montant: $

  • Contributions récentes :
    16/11 Claude Morin : 50$
    16/11 Christian Gagnon : 50$
    13/11 Louis Gagnon : 30$
    11/11 Louis St-Hilaire : 25$
    11/11 Alain Raby : 25$
    9/11 Anonyme (PP) : 50$
    8/11 Giselle Chagnon : 25$
    Toutes les contributions
  • Merci beaucoup! -Vigile.net