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Que le Québec soit libre c’est, en effet, ce dont il s’agit. Cela aboutira forcément, à mon avis, à l’avènement du Québec au rang d’un État souverain, maître de son existence nationale, comme le sont par le monde tant et tant d’autres peuples, tant et tant d’autres États, qui ne sont pas pourtant si valables, ni même si peuplés, que ne le serait celui-là. - Charles de Gaulle
             
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Mieux vaut financer les services de garde que subventionner les parents !
Marc Daoud
Le Soleil
samedi 19 mai 2007


Voilà bientôt un an que le gouvernement conservateur a distribué les premières subventions aux parents sous forme de bons de 1200 $ par année. Introduits sous prétexte d’accroître la liberté de choix des parents, ces bons n’ont pas su répondre adéquatement aux besoins des Québécois et risquent à long terme de compromettre un programme de garderies publiques qui a pourtant fait ses preuves.

C’est en 2003, le gouvernement fédéral a instauré une politique canadienne d’accès aux services de garde. Suite à de longues négociations, l’expertise québécoise dans ce domaine avait été reconnue et une entente entre les deux paliers de gouvernements prévoyait un versement au Québec d’un montant de 1,125 milliard $ sur 5 ans.

Lors de la dernière campagne électorale fédérale, il a été proposé d’annuler les ententes fédérales/provinciales sur les garderies et de les remplacer par une politique de subvention directe aux parents. Une fois au pouvoir, le nouveau gouvernement a appliqué cette proposition en accordant aux familles 1200 $ par enfant de moins de six ans plutôt qu’en investissant l’argent prévu dans les ententes avec les provinces.

Le montant, directement remis aux familles sous la forme d’un chèque de 100$ par mois, devient imposable au parent ayant le plus faible revenu et devient du même coup un incitatif à rester à la maison. Voilà qui sert difficilement la liberté de choix, surtout pour les familles monoparentales.

Il s’agit plutôt d’une mesure régressive, puisqu’elle présume que les besoins des familles les plus aisées et ceux des moins nanties sont les mêmes ; le programme ne prévoit en effet aucun mécanisme de redistribution équitable qui puisse répondre aux besoins propres de chaque famille dont le revenu diffère. Il est, par exemple, plus aisé pour une famille nantie de se priver du salaire du parent qui demeure à la maison.

Un système public qui a fait ses preuves

Depuis l’instauration des garderies à 5$ en 1997, le Québec a su se démarquer au plan national et international par son initiative, souvent citée comme un modèle. Le système de garderies publiques aux Québec connaît un succès mesurable auprès de la population. En 1995 seulement 11% des familles avaient recours à ces services, alors que le taux d’utilisation est de plus de 40% à l’heure actuelle.

Très fréquentées, les garderies publiques permettent une meilleure conciliation famille-travail en plus d’aider bon nombre de femme à retourner sur le marché de l’emploi. Il faut aussi considérer l’amélioration des conditions de travail dans un secteur essentiellement féminin qui commence à peine à reconnaître leur travail à sa juste valeur au plan de la rémunération.

La nouvelle politique du gouvernement canadien risque à présent de compromettre les réussites de l’initiative québécoise en maintenant un programme de subvention directe aux parents plutôt que d’améliorer l’accessibilité et l’universalité des garderies publiques.

À l’inverse, mettre fin aux bons de 1200 $ permettrait au Québec de récupérer 500 millions$ qui pourront être réinvestis afin d’élargir le réseau actuel, de le consolider et de baliser les frais de gardes. La consolidation des garderies permettrait de réduire la charge des techniciennes et d’améliorer le service, l’élargissement permettrait d’ajouter les dernières places manquantes et envisager la gratuité permettrait aux parents ayant recours aux garderies de récupérer en moyenne 1400$. Bref, repenser le financement des garderies publiques permettrait de mieux gérer l’argent des contribuables afin que la collectivité en sorte gagnante.

***

Marc Daoud

Chercheur, Institut de recherche et d’informations socio-économiques www.iris-recherche.qc.ca


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