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Réplique à Michel Paillé
Mesquinerie
En cherchant l’arbre pourri au milieu de la forêt, Paillé ignore la forêt, alors que Castonguay veut attirer l’attention sur la forêt.
Claude Richard
Tribune libre de Vigile
mardi 6 janvier 2009      125 visites


Mesquinerie. Voilà le mot qui me vient à l’esprit en prenant connaissance de la « critique » du livre de Charles Castonguay Avantage à l’anglais par Michel Paillé publiée dans La Presse.

Qu’est-ce que cela peut changer que ce soit 53500 francophones plutôt que 57300 qui s’assimilent à l’anglais dans la région de Montréal ? Le fait important n’est-il pas que cette assimilation soit supérieure à celle des anglophones au français ? En cherchant l’arbre pourri au milieu de la forêt, Paillé ignore la forêt, alors que Castonguay veut attirer l’attention sur la forêt.

Quant au choix de la région de Montréal comme base d’étude, il se justifie amplement. N’est-ce pas à Montréal que le sort du français au Québec se joue ? Quand la grande région métropolitaine sera passée majoritairement à l’anglais, n’en déplaise aux gens des autres régions, le reste du Québec n’aura plus qu’à s’incliner. Et n’est-ce pas le droit le plus absolu du chercheur que celui de déterminer le champ de son étude et, à ce point de vue, Castonguay identifie clairement ce champ.

Paillé se promène-t-il quelquefois à Montréal ? En s’ouvrant un peu les oreilles, on se rend bien compte que le français recule dans la métropole et que l’avancée correspondante de l’anglais, qui n’est pourtant pas inéluctable, constitue une menace réelle pour les francophones. Charles Castonguay a décidé d’alerter l’opinion en documentant ce phénomène. C’est la démarche d’un citoyen soucieux du sort d’une culture. Est-ce le temps de chercher des chiures de mouches dans ses écrits ?

La science est une chose mais la lucidité en est une autre. À ce point de vue, Michel Paillé a beaucoup plus de leçons à recevoir de Charles Castonguay qu’à lui en donner.

Claude Richard
Repentigny

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