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Marc Cassivi
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jeudi 27 mars 2008


Je m’en souviens comme si c’était hier. Le 4 janvier 1987, au championnat mondial junior de hockey, à Piestany en Tchécoslovaquie, les joueurs du Canada et de l’Union soviétique s’étaient battus. Tous les joueurs. De futures vedettes comme Brendan Shanahan et Sergei Fedorov, Pierre Turgeon et Alexander Mogilny, se rouant de coups comme s’ils étaient des « goons » des Chiefs de Laval (à l’instar de Julien Rémillard, le nouveau propriétaire de TQS).

Pas Jonathan Roy. Jonathan Roy à la puissance dix. Les arbitres, qui avaient perdu le contrôle de la situation, s’étaient réfugiés à l’extérieur de la patinoire et avaient fait éteindre les lumières de l’aréna. Rien pour interrompre la bagarre générale, qui avait duré plus de cinq minutes, sous les huées de la foule (qui réclamait un match de hockey plutôt qu’une version « combat extrême » des Ice Capades).

C’était du jamais vu dans le hockey international. Les Canadiens, qui jouaient pour l’or, ont été expulsés du tournoi, comme les Soviétiques. « Une honte nationale » avaient déclaré les observateurs. Correction : pas tous les observateurs. Il s’en était trouvé au moins un pour saluer le « courage » des Canadiens face à une armée de pleutres communistes qui s’y étaient pris « à quatre contre un » pour tabasser de la feuille d’érable. « Je blâme les Russes, naturellement », avait dit Don Cherry, aujourd’hui commentateur de la rubrique Coach’s Corner à la version anglaise de la Soirée du hockey.

Vingt ans plus tard, rien n’a changé. Le hockey junior, malgré les hauts cris de l’époque, est resté aussi violent. Et Don Cherry distille toujours son fiel xénophobe sur les ondes publiques (il considère les joueurs européens comme des « voleurs de jobs »), désormais à un salaire estimé à plus de trois quarts de million de dollars. Un salaire, faut-il le rappeler, payé en partie par les impôts des Québécois (vous excuserez le cliché populiste), que Cherry méprise ouvertement depuis bientôt 25 ans.

Car en plus de décourager les joueurs de porter la visière (un signe de faiblesse qui distingue selon lui les « vrais hommes » des « Européens et des Français ») et de les encourager à se taper sur la gueule à grands coups de poing, Don Cherry ne rate jamais une occasion de dénigrer les Québécois (des « pleurnichards » qui ne parlent pas « la bonne langue »).

Des propos dont s’enorgueillit la CBC (notamment sur son site internet) et qui ne devraient pas l’empêcher de diffuser un téléfilm sur la vie du plus médiatisé des rednecks canadiens. On apprenait hier qu’une minisérie de deux épisodes sur la vie de Don Cherry, scénarisée par son fils Tim, est en chantier, et devrait bientôt être proposée à la télévision publique.

The Don Cherry Story, qui doit être tournée à l’été, s’intéressera aux années de joueur dans la Ligue américaine et d’entraîneur (notamment des Bruins de Boston) de ce controversé personnage, jusqu’à ses débuts à Coach’s Corner, aux côtés de Ron MacLean. Les producteurs souhaitent une première diffusion au moment des séries éliminatoires de 2009. La famille Cherry n’a pas poussé l’audace jusqu’à proposer une version française de la série. Comme diraient les Têtes à claques : merci, oncle Don.

(...)




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