Je m’étonne que Vigile n’ait pas souligné ou commenté l’incongruité rapportée par Le Devoir du 21 juillet : « SIX MOIS POUR INTÉGRER LES MÉDECINS ÉTRANGERS (…) PAR UN STAGE À L’HÔPITAL ST. MARY’S » rattaché à McGill.
Comment expliquer que le gouvernement québécois laisse le soin à une université anglophone de mettre à niveau des médecins immigrants destinés à travailler en français au Québec et, normalement comme partout ailleurs, à s’intégrer à la majorité (francophone) ? Pas d’illusion, même s’ils se débrouillent dans la langue officielle, ils seront formés en anglais avec une terminologie anglaise et s’entraîneront à travailler en anglais, la langue courante de cette institution. En fait, ils seront équipés pour partir...
Le français, langue de travail, n’étant plus, en pratique, balisé par l’Office québécois de la langue française depuis 2003 avec France Boucher à sa tête, nul doute que la connaissance de la langue anglaise sera un critère premier de l’acceptation des candidats médecins par St. Mary’s-McGill. Les aspirants unilingues francophones seront discriminés au pays même du français, langue officielle, avec la complicité du gouvernement québécois qui finance ce projet de mise à niveau par nos taxes et impôts.
Je ne suis absolument pas opposé à l’intégration de cette main d’œuvre scolarisée venue d’ailleurs - quoique le pays d’origine de plusieurs aurait sûrement besoin d’eux. La mesquinerie des ordres professionnels d’ici créant artificiellement la rareté de l’offre, il se perd beaucoup de talents souvent pour des motifs pécuniaires.
Mon inquiétude est justement aussi d’ordre pécuniaire…
• sachant que 70 % des médecins formés par l’université McGill, année après année, lèvent systématiquement les feutres et s’enfuient du Québec - en douceur pour ne pas éveiller les contribuables dupés - après que le gouvernement québécois leur eut payé de coûteuses études universitaires ;
• sachant qu’une cohorte annuelle de 30 de ces médecins immigrants seront formés par l’université McGill - en sous-traitance par le corps médical du St. Mary’s Hospital ;
• sachant que le président de l’Ordre des médecins du Québec, Yves Lamontagne, évalue, tous services et investissements compris, à « environ 170 000 $ par étudiant » le coût annuel de la formation universitaire médicale (Journal de l’Association médicale canadienne, janvier 2008).
Faites le calcul : 70 % de 30 X 170 000 $ = 3 570 000 $. Bien lu : trois-millions-cinq-cent-soixante-dix-mille dollars investis par les Québécois à fonds perdu, selon la loi des probabilités. À noter qu’au contraire, si tous ces médecins re-diplômés demeuraient au service des Québécois, ce serait relativement peu cher payé la tête de pipe.
Comme contribuable québécois, si j’en perds mes sous à supporter cette (autre) bêtise économique du gouvernement, j’en perds mon sens de l’autodérision en pensant que la majorité (francophone) charge sa minorité (anglophone) de lui intégrer en français ses immigrants, médecins ou autres. Quelle imbécillité de la part du gouvernement élu ! Élu par des…
Devant le présent cas médical, qui pourrait sonner le réveil de nos facultés universitaires francophones ?
Rodrigue Larose
