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Cela fait un an aujourd’hui que 252 employés de la rédaction, de bureau et
de l’imprimerie du Journal de Québec ont été mis en lock-out par Québécor
Media et aucune reprise des négociations n’est en vue pour le moment.
Selon les informations disponibles, il semble évident que la direction de
Québécor Media veut casser le syndicat. Chroniqueur-vedette, Lise Payette a
cessé d’écrire son article hebdomadaire et, à mon avis, c’était la seule
chose honorable à faire.
Plusieurs chroniqueurs-vedettes embauchés sous contrat par le Journal de Montréal continuent d’être publiés dans les pages du quotidien de Québec comme si le conflit ne les regardait pas. Au lieu d’être solidaires avec les syndiqués en lock-out, ces chroniqueurs sont solidaires avec eux-mêmes... et avec Québécor Media. Ainsi Richard Martineau bien connu pour ses talents de provocateur se définit comme “un éternel pigiste” qui ne compte que sur son talent. Il y va d’un argument péremptoire : “Je respecte mon contrat, c’est ma parole. Si le journal me met dehors, aucun syndicat ne va me protéger” et il ajoute, impérial : “Ce que les gens pensent de moi, ça me passe 25,000 pieds par-dessus la tête”. C’est dans La Presse de ce matin (22 avril 2008) sous la plume d’Hugo Meunier qui a aussi interrogé l’éminent défenseur des droits de la personne et des droits des minorités (anglophone ou religieuse) au détriment des droits de la majorité, le sympathique avocat Julius Grey connu pour sa subtilité.
Selon Hugo Meunier, “s’il ne cache pas ses “sympathies instinctives” envers les employés en lock-out, l’avocat Julius Grey, aussi sous contrat, ne voit aucune raison de cesser ses chroniques. “Au contraire, il est important que des idées de gauche continuent de circuler” souligne le chroniqueur, qui avoue ne pas être parfaitement au courant de ce qui se passe au Journal de Québec. “Lorsqu’il y a une grève, ça ne veut pas dire que la société doit s’arrêter” ajoute le juriste. (Fin de la citation d’Hugo Meunier)
En soulignant que cette dernière phrase est un sophisme et en faisant remarquer que le savant juriste n’a pas daigné s’informer du conflit qui dure depuis un an et qui frappe le journal dans lequel ses brillantes chroniques sont toujours publiées “comme si de rien n’était” car est-ce que “la société doit s’arrêter” quand il y a une grève, avez-vous constaté comme moi comment le chroniqueur-vedette qui ne manque sûrement pas de ressources financières justifie son manque de solidarité avec les travailleurs en lock-out en disant et c’est quand même incroyable” : “Il est important que des idées de gauche continuent à circuler”. Le syndicat pourrait se passer de telles "sympathies instinctives" qui n’ont aucune conséquence pratique.
J’en conclus sans avoir à développer tant cela est évident : idées de gauche, pratiques de droite. Lise Payette me paraît plus honnête et cohérente que Julius Grey. Mais, je l’avoue, cela ne me surprend pas. Méfiez-vous des avocats comme Brent Tyler et Julius Grey qui utilisent les tribunaux (ce doit être très lucratif) contre les droits de la majorité francophone du Québec : la solidarité, ils ne connaissent pas ça. Disciples de Pierre-Elliott Trudeau, pour eux, les droits d’une collectivité, syndicat ou nation, passent après les droits individuels. Ce sont de beaux parleurs qui essaient de nous endormir et qui utilisent les Chartes et les tribunaux pour nuire à notre développement.
(Autorisation est donnée de publier ce texte avec la référence Vigile.net
dans MediaMatin Québec, le très bien fait journal des grévistes distribué
gratuitement et tiré à 40,000 exemplaires)
Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 22 avril 2008
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

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