Manipulation des finances publiques

Tribune libre de Vigile
jeudi 7 février 2013
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Ce n’est pas moi qui le dit. Lorsque le nouveau gouvernement du Parti québécois a annoncé qu’à l’examen des livres on a constaté un déficit supérieur de 1,6 milliard de dollars à ce qui avait été prévu en début d’année, les commentateurs expérimentés ont rappelé que c’est devenu une tradition : le parti qui accède au pouvoir présente des résultats négatifs qu’il peut imputer au gouvernement précédent et qui lui fournissent une marge de manœuvre. C’est devenu quelque chose de banal alors qu’en réalité c’est inacceptable en principe et que ces manipulations peuvent justifier des décisions autrement injustifiables.

Sur la base des nouvelles prévisions budgétaires le gouvernement a décrété des coupures de quelques centaines de millions de dollars, notamment dans les domaines de l’éducation et la culture, tout en annonçant que des réinvestissements seront faits dans quelques années. En général c’est très couteux, financièrement et en termes de ressources humaines, de relancer des activités qui ont été abandonnées durant quelques années.

De plus, en urgence, c’est difficile de couper intelligemment. Il est donc essentiel de savoir si les données budgétaires sont exactes. Pour ma part, je considère que c’est un surplus budgétaire qui est prévu pour l’an prochain puisque la comptabilité du Fonds des générations a pour effet d’ajouter arbitrairement environ un milliard de dollars par année au déficit des opérations courantes.

On peut aussi mentionner que de viser aussi précisément le déficit zéro, dans un contexte où la situation des opérations budgétaires courantes du Québec a été exemplaire depuis plus de dix ans, n’est qu’une marque de soumission exigée par notre oligarchie néolibérale, mais il s’agit là d’un autre débat.

En principe, c’est tout à fait inacceptable que les citoyens n’aient pas accès à des données budgétaires crédibles. Les québécois semblent accepter que la comptabilité gouvernementale soit tellement flexible que les hauts fonctionnaires peuvent faire apparaître le solde budgétaire qui convient au ministre.

Cela implique que le gouvernement peut aussi faire apparaître des données exagérément positives lorsque cela lui convient. Dans Le Devoir du 7 février Antoine Robitaille met également en doute le sérieux de l’étude des crédits faite à l’Assemblée nationale : L’étude des crédits

Détournement

Dans Le Devoir du 24 janvier Bernard Descôteaux allait plus loin : « La polémique soulevée par le débat entre Maka Kotto et sa prédécesseure, Christine St-Pierre, vient illustrer le besoin d’un autre outil qu’on trouve à la Chambre des communes avec cette nouvelle institution qu’est le directeur du budget. Son titulaire, Kevin Page, a fait la démonstration à de nombreuses reprises de sa capacité à donner des avis éclairés et, plus important, des avis neutres de par son indépendance. La Coalition avenir Québec a soumis un projet de loi pour doter l’Assemblée nationale d’un tel poste » Budgets culturels - Qui dit vrai ? Le Devoir, 24 janvier 2013.

Le parti québécois ne devrait pas hésiter à faire adopter un tel projet de loi en s’assurant toutefois que l’indépendance du nouvel organisme soit plus réelle que celle du Vérificateur général. Une autre option serait de renforcer l’indépendance du VG et d’élargir son mandat pour inclure le rôle de directeur du budget. La résistance pourrait venir de l’intérieur du ministère des Finances où les sous-ministres apprécient énormément le pouvoir dont ils jouissent actuellement, particulièrement face à des ministres qui ne font que passer.

Commentaires

  • Michel Bélisle alias Didier, 8 février 2013 17h06

    Belle place que le Québec. Ou bien les gens sont obligés de prendre des jobs ingrates, mal payés, avec des confrères de travail qu’ils ne peuvent pas sentir.

    Ou ils sont à l’aide sociale à 589$ par mois.

    D’un côté ou de l’autre, c’est une vie de misère.

    Eh que ça va bien au Québec !

    À quand le revenu de citoyenneté universel ?

  • Michel Bélisle alias Didier, 8 février 2013 16h17

    Viser le déficit zéro plutôt que la pauvreté zéro, c’est au fond un véritable scandale ; ça veut dire que l’on vit dans une société où l’argent a priorité sur l’être humain.

    Pas surprenant qu’on ait un maudit hiver.

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