[1] Mme Pauline Marois nous annonce qu’elle va mettre sur pied au sein du Parti québécois un comité de travail pour préparer un manifeste sur la souveraineté. Elle essaie de se donner des airs de "championne de la souveraineté" dans l’opinion publique alors que la réalité est toute autre. On ne peut pas être contre la vertu, mais regardons les choses attentivement et avec rigueur.
[2] Le Parti québécois, dirigé par Mme Marois, vient de rejeter, par un simple conseil national en mars 2008, composé de 400-500 de ses fans, tout le programme d’accession à la souveraineté voté démocratiquement par plus de 3 000 délégués représentant la base des militants lors du XVè Congrès tenu en 2005 et qui faisait suite à la "Saison des idées" à laquelle ont participé plus de 15 000 militants.
[3] Ce rejet illégitime et illégal comprend, non seulement l’obligation de tenir un référendum sur la souveraineté dès que possible durant le premier mandat, mais également :
la préparation et la présentation à l’électorat d’un "projet de pays", incluant un cadre financier d’un Québec souverain ;
l’obligation d’en faire le thème de l’élection ;
l’objectif premier qui est celui de "réaliser la souveraineté du Québec".
[4] L’objectif n’est plus de "réaliser la souveraineté du Québec", mais de "faire progresser le Québec en attendant son accession au statut de pays". En termes simples, c’est l’article 1 tout entier du programme officiel du Parti québécois qui vient de prendre le bord des poubelles, sans tenir un congrès, comme l’exigent les statuts du Parti québécois. Une véritable démission collective des élites péquistes. Le retour de l’affirmation prétendument nationale de Pierre Marc Johnson et de l’Union nationale de son père.
[5] Faut le faire ! Ceci n’est pas du fantasme, mais la réalité.
[6] En lieu et place et pour dorer la pilule, elle nous propose de préparer un manifeste sur la souveraineté, idée géniale, s’il en est une, lorsque l’on sait que tous les programmes du Parti québécois sont des manifestes sur la souveraineté depuis sa fondation il y a 40 ans. C’est comme si on vante les mérites de Rome, la ville éternelle, mais qu’on n’indique aucun moyen de s’y rendre. Cela demeure une représentation imaginaire de désirs plus ou mois conscients. Cela n’est pas du réel, mais du virtuel. Ce n’est pas de l’action mais du blabla.
[7] C’est une diversion de 1ère classe destinée à contenir l’hémmoragie de désertion de ses meilleures militants qui frappe ce parti depuis sa provincialisation faccélérée coincidant avec l’arrivée d’André Boisclair et qui se poursuit de plus belle sous Mme Marois.
[8] On appele cela de la souveraineté fantasme. On appele cela de la souveraineté virtuelle. On appele cela de la souveraineté blabla. La stratégie suggérée par le chantre no 1 de l’empire fédéraliste Gesca, Alain Dubuc, a bien fonctionné. Parler de souveraineté, ce n’est pas grave. C’est la volonté farouche de la réaliser qui pose problème. Le Parti québécois ne représente plus aucune menace sérieuse pour l’ordre constitutionnel canadien. On en a pour un bon 10 ans minimum. C’est Paul Desmarais qui doit être content !
Pierre Cloutier ll.m
avocat

