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« L’éventualité la plus probable est en effet celle de la disparition plus ou moins lente du fédéralisme qui achève de se dissoudre dans une trajectoire où la constitution canadienne s’oriente de plus en plus irrémédiablement vers le monisme d’un État unitaire. » Andrée Lajoie - source
             
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Manifeste sur la souveraineté fantasme
Pierre Cloutier
Tribune libre de Vigile
mardi 20 mai 2008      261 visites      7 messages


[1] Mme Pauline Marois nous annonce qu’elle va mettre sur pied au sein du Parti québécois un comité de travail pour préparer un manifeste sur la souveraineté. Elle essaie de se donner des airs de "championne de la souveraineté" dans l’opinion publique alors que la réalité est toute autre. On ne peut pas être contre la vertu, mais regardons les choses attentivement et avec rigueur.

[2] Le Parti québécois, dirigé par Mme Marois, vient de rejeter, par un simple conseil national en mars 2008, composé de 400-500 de ses fans, tout le programme d’accession à la souveraineté voté démocratiquement par plus de 3 000 délégués représentant la base des militants lors du XVè Congrès tenu en 2005 et qui faisait suite à la "Saison des idées" à laquelle ont participé plus de 15 000 militants.

[3] Ce rejet illégitime et illégal comprend, non seulement l’obligation de tenir un référendum sur la souveraineté dès que possible durant le premier mandat, mais également :
- la préparation et la présentation à l’électorat d’un "projet de pays", incluant un cadre financier d’un Québec souverain ;
- l’obligation d’en faire le thème de l’élection ;
- l’objectif premier qui est celui de "réaliser la souveraineté du Québec".

[4] L’objectif n’est plus de "réaliser la souveraineté du Québec", mais de "faire progresser le Québec en attendant son accession au statut de pays". En termes simples, c’est l’article 1 tout entier du programme officiel du Parti québécois qui vient de prendre le bord des poubelles, sans tenir un congrès, comme l’exigent les statuts du Parti québécois. Une véritable démission collective des élites péquistes. Le retour de l’affirmation prétendument nationale de Pierre Marc Johnson et de l’Union nationale de son père.

[5] Faut le faire ! Ceci n’est pas du fantasme, mais la réalité.

[6] En lieu et place et pour dorer la pilule, elle nous propose de préparer un manifeste sur la souveraineté, idée géniale, s’il en est une, lorsque l’on sait que tous les programmes du Parti québécois sont des manifestes sur la souveraineté depuis sa fondation il y a 40 ans. C’est comme si on vante les mérites de Rome, la ville éternelle, mais qu’on n’indique aucun moyen de s’y rendre. Cela demeure une représentation imaginaire de désirs plus ou mois conscients. Cela n’est pas du réel, mais du virtuel. Ce n’est pas de l’action mais du blabla.

[7] C’est une diversion de 1ère classe destinée à contenir l’hémmoragie de désertion de ses meilleures militants qui frappe ce parti depuis sa provincialisation faccélérée coincidant avec l’arrivée d’André Boisclair et qui se poursuit de plus belle sous Mme Marois.

[8] On appele cela de la souveraineté fantasme. On appele cela de la souveraineté virtuelle. On appele cela de la souveraineté blabla. La stratégie suggérée par le chantre no 1 de l’empire fédéraliste Gesca, Alain Dubuc, a bien fonctionné. Parler de souveraineté, ce n’est pas grave. C’est la volonté farouche de la réaliser qui pose problème. Le Parti québécois ne représente plus aucune menace sérieuse pour l’ordre constitutionnel canadien. On en a pour un bon 10 ans minimum. C’est Paul Desmarais qui doit être content !

Pierre Cloutier ll.m
avocat




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Vos commentaires:
  • Manifeste sur la souveraineté fantasme
    21 mai 2008, par Gilles Bousquet

    Moi, j’ai le piton collé sur une confédération canadienne et vous, sur le PQ et son programme officiel que vous prétendez avoir été charcuté illégalement par Mme Marois.

    Moi, c’est parce que je crois que les Québécois n’iront pas un pouce plus loin dans la souveraineté qu’une confédération bien taillée et vous, est-ce que vous pensez que vos critiques répétées vont faire transférer plus de membres ou des sympathies du PQ vers le PI qui pourrait passer de 2 à 3 % à la prochaine élection ? À moins de recruter une très grosse vedette, crédible dans la population, ça ne devrait pas aller plus loin.

    Tant que les Québécois ne seront pas plus martyrisés que ça dans la fédération actuelle et qu’ils n’auront pas l’impression de subir un génocide, vous pouvez oublier l’idée d’indépendance totale sans remous importants au Québec. À mon idée vous vous butez sur un mur de ciment canadien, même quand vous montez sur vos grands chevaux, ce qui vous arrive assez souvent, ce qui ne m’empêche pas de vous contredire un peu.


  • Manifeste sur la souveraineté fantasme
    21 mai 2008

    Monsieur Cloutier,

    Je loue votre immense patience.

    M.Bousquet est un ami du PQ-confédéraliste. Vous ne le ferez pas changer d’idée. Il ne nous dit jamais comment il va faire cette nouvelle confédération. Comme on ne l’a pas dit au peuple québécois lors des deux consultations de 1980 et 1995.

    Vous ne changerez pas monsieur Bousquet. Il parle de souveraineté. Mais c’est une souveraineté, obligatoirement assortie d’une union économique avec le ROC et une union politique éventuelle. C’est la question de Bruxelles de Robert Bourassa.

    C’est la thèse de Bernard Landry. C’est la thèse de Mario Dumont. C’est la thèse la Pauline. C’est la thèse de Boiclair. C’est la thèse de Lucien Bouchard. C’est la thèse de René Lévesque.

    Il ne reste que Parizeau : pour lui, tout était clair, jusqu’à l’arrivée du bleu venu d’Ottawa. Avec le PI, on ne peut pas être plus clair.

    Vive la confédération canadienne de monsieur Bousquet !(pour ceux qui y croient) et vive l’indépendance du Québec (pour vous monsieur Cloutier, pour moi et tant d’autres).

    Pierre B.


  • Manifeste sur la souveraineté fantasme
    22 mai 2008, par Gilles Bousquet
    M. Pierre B. écrit : « M. Bousquet ne nous dit jamais comment il va faire cette nouvelle confédération. Comme on ne l’a pas dit au peuple québécois lors des deux consultations de 1980 et 1995. » Premièrement, félicitations pour le ton modéré de votre réponse. Deuxièmement, la solution que le Québec choisirait aurait autant de chances de réussir que le pourcentage de Québécois qui seraient prêts à voter en sa faveur, quand un parti (...)

    Lire ce commentaire

    M. Pierre B. écrit : « M. Bousquet ne nous dit jamais comment il va faire cette nouvelle confédération. Comme on ne l’a pas dit au peuple québécois lors des deux consultations de 1980 et 1995. »

    Premièrement, félicitations pour le ton modéré de votre réponse.

    Deuxièmement, la solution que le Québec choisirait aurait autant de chances de réussir que le pourcentage de Québécois qui seraient prêts à voter en sa faveur, quand un parti politique québécois irait négocier avec le ROC et/ou d’autres provinces canadiennes qui pourraient être tentées de se dé-fédéraliser en même temps.

    C’est vrai que les référendums de 1980 et 1995 ont été défaits avec certains éléments d’une vraie confédération mais le clan du OUI et celui du NON aussi laissaient souvent entendre que le Québec sortirait complètement du Canada en cas de SOUVERAINETÉ DU QUÉBEC. Même la question de la monnaie future du Québec n’avait pas été trop éclaircie à ces occasions là : La monnaie canadienne ou la piastre québécoise "à Lévesque à 63 sous" en 1980. Est-ce que nous aurions eut une double citoyenneté québécoise et canadienne et les frontières et les passeports etc. C’était pas trop clair ce que le Québec voulait. On sait déjà que Trudeau et Chrétien ne voulait rien savoir "leurs positions de départ en négociation" en attendant de voir les résultats des référendums.

    Faut une solution qui rallierait au moins 60 % de Québécois. Plus ça va du côté séparation, coupure totale du ROC, moins les chances d’y arriver son grandes.

    Exemple : si le mouvement indépendantiste déclare qu’il va émettre sa propre monnaie, ça ne va pas aider. Certains Québécois croyaient que le Québec souverain pouvait passer une loi déclarant que tous les dépôts en monnaie canadienne dans les banques et caisses du Québec devraient être remboursés en nouvelle monnaie québécoise qui n’aurait pas été mécessairement au pair avec la monnaie canadienne afin d’éviter les sorties de fonds du Québec pour les fortunes peureuses comme celles qui ont déménagé en Ontario site à l’élection du PQ. Plusieurs ont déménagé leurs fonds en Ontario pour les "protéger"...on rit plus.

    C’est quand même drôle que les fédéralistes ne doutaient pas du tout des intentions souverainistes du PQ quand il a été élu et que maintenant, certains indépendantistes en doutent fortement. Protégez-moi de mes amis !


  • Manifeste sur la souveraineté fantasme
    22 mai 2008

    M Bousquet,

    Quand ce n’est pas clair, cela permet toutes les interprétations. Le camp du NON en a profité en 1980 et 1995. Si j’avais été à leur place, j’aurais fait la même chose. Si la question avait été celle de Parizeau, on se serait battu visière levée, et personne n’aurait osé trafiquer les résultats...en les interprétant. Quand j’entends Landry dire qu’on est passé, en 1995, à un cheveu de faire l’indépendance, je rigole tard dans la nuit.

    Les pires ennemis de l’indépendance du Québec ne sont pas dans le ROC. Ils sont dans les PQ (votre formation politique) qui virevolte avec la girouette paulienne, et ailleurs, avec l’instable Dumont.

    Vive la Confédération que vous soutenez toujours ! Vous ne l’aurez jamais !

    Pierre B.


  • Manifeste sur la souveraineté fantasme
    22 mai 2008, par Gilles Bousquet

    M. Pierre B. qui pense que de lever sa visière donne plus de chances d’arriver à destination me semble, à la place, plus dangereux de recevoir de quoi dans les yeux. Ayoye !

    M. Pierre B., si plus de 60 % de Québécois veulent l’indépendance ou une autre option, nous allons finir par l’avoir. C’est un peu comme dans un syndicat, s’il n’y a qu’une faible majorité pour faire la grève, le patron sait qu’il peut mieux risquer de refuser certaines demandes qui ne lui plaisent pas.

    Quand vous demandez à un Montréalais si ça lui tente d’aller faire un tour à Québec et qu’il vous répond NON parce qu’il a peur en voyage et que ça va trop le fatiguer, ne lui offrez pas d’aller à Sept-Isles. Si les Québécois ne voulaient pas en aassez grand nombre la souveraineté avec une association, même floue, ils voudront encore moins d’indépendance pure. C’est presqu’une vérité de La Palice, monsieur B. qui prétend le contraire.


  • Réponses à Pierre B. et M. Bousquet
    22 mai 2008

    [1] Beaucoup de québécois, qu’on le veuille ou non, pour diverses raisons, sont attachés émotivement au Canada dans lequel ils se sentent en "sécurité". Comment faire pour les convaincre de voter pour l’indépendance du Québec ?

    [2] Me Guy Bertrand pense que c’est de leur permettre de conserver certains droits qu’ils ont actuellement dans le Canada (citoyenneté, passeport, monnaie etc).

    [3] Je ne suis pas en désaccord avec cela, sauf qu’on a pas besoin d’appartenir à une Confédération constitutionnelle, mais tout simplement de négocier un traité qui serait renouvelable ou pas après une certaine période de temps (10 ans, 20 ans etc)

    [4] Signer des traités c’est comme un adulte signer des contrats. Même un contrat d’union civile en 2 conjoints peut aujourd’hui se dénoncer par une simple déclaration notariée.

    [5] Pourquoi s’encarcaner dans une autre constitution dont on pourra difficilement sortir si cela ne fonctionne pas ?

    [6] Me semble que c’est beaucoup plus simple de commencer par un traité au lieu de se lancer tout de suite dans une constitution confédérative compliquée dont le ROC ne veut pas. En plus, ce n’est pas comme en Europe où 27 pays négocient constamment.

    [7] Enfin, peut-on partager un même espace économique en étant obligé d’y mettre des structures politiques et administratives complexes et surtout s’enfermer dans une constitution.

    [8] Faire l’indépendance et offrir au Canada de signer un Traité de libre échange et de partage mutuel de certains droits et prérogatives me semble une voie raisonnable. Mais nous aurons avoir le même problème : le Canada n’est pas obligé de dire oui.

    Pierre Cloutier


  • 3 conditions pour appuyer le PQ de Pauline Marois
    22 mai 2008
    Pauline Marois devra l’an prochain affronter la base de son parti réuni en congrès. C’est là que va se dessiner le nouveau programme du Parti québécois, car comme je l’ai répété, la proposition du conseil national de mars 2008 ne peut pas constituer le programme officiel de ce parti. Si Mme Marois veut vraiment faire l’unité parmi les troupes souverainistes et même ramener le monde au bercail, elle devrait respecter (...)

    Lire ce commentaire

    Pauline Marois devra l’an prochain affronter la base de son parti réuni en congrès. C’est là que va se dessiner le nouveau programme du Parti québécois, car comme je l’ai répété, la proposition du conseil national de mars 2008 ne peut pas constituer le programme officiel de ce parti.

    Si Mme Marois veut vraiment faire l’unité parmi les troupes souverainistes et même ramener le monde au bercail, elle devrait respecter les 3 conditions suivantes :

    1ère condition : Que l’objectif premier du Parti québécois qui est de "réaliser la souveraineté du Québec" demeure dans le programme du parti. La proposition du conseil national a modifié - sans aucun pouvoir d’ailleurs - cet objectif en le remplaçant par "Un gouvernement du Parti québécois s’engage à faire progresser le Québec en attendant son accession au statut de pays". C’est la provincialisation du parti. Cette proposition est attentiste,excessive, inutile et démobilisatrice. Elle constitue une rupture draconnienne car tous les programmes du Parti québécois ont toujours mentionné que l’objectif premier était de "réaliser la souveraineté du Québec". Même sous Pierre-Marc Johnson et son projet d’affirmation nationale, l’objectif était demeuré le même. Le conseil national en a mis plus que ce le client en demandait. Il a jugé jugé "ultra petita" comme on dit en droit. On n’est pas obligé, même si la conjoncture ne nous apparait pas favorable, de se coucher à terre. On peut se tenir debout quand même. CECI EST FONDAMENTAL.

    2è condition : proposer un "projet de pays" à l’électorat québécois et en faire le thème de l’élection, et en même temps et de façon complémentaire, appliquer les priorités adoptées par le conseil national de mars 2008, à savoir faire la promotion de la souveraineté et poser 12 gestes de gouvernance dite "souverainiste". L’un et l’autre et non pas l’un au détriment de l’autre. Les 2 propositions sont complémentaires et ne devaient pas s’exclure mutuellement. On peut, en effet, offrir un projet de pays lors de l’élection et poser des gestes de gouvernance nationale par la suite en attendant une décision majoritaire des québécois sur l’accession à la souveraineté. OFFRIR UN PROJET DE PAYS LORS D’UNE ÉLECTION, C’EST LA MEILLEURE FAÇON DE FAIRE LA PROMOTION DE LA SOUVERAINETÉ.

    3è condition : assouplir l’accession à la souveraineté en faisant disparaître du programme le mot "référendum" - qui a une connotation négative, par l’expression "décision majoritaire". La phrase se lirait comme suit : Le Québec accédera à sa pleine souveraineté à la suite d’une décision majoritaire des québécoises et québécois. Le "comment" et le "quand" seraient laissé à la discrétion du futur gouvernement et lui laisserait plus de marge de manoeuvre et plus de souplesse. Le Parti indépendantiste devrait être d’accord avec cela, car en bout de ligne, il veut faire adopter par une décision majoritaire des québécois un projet de constitution d’un Québec souverain.La seule différence qu’il y aurait entre le PQ et le PI serait au niveau de la déclaration d’indépendance. Le PI veut la faire avec une majorité des sièges, le PQ avec une décision majoritaire. Une décision majoritaire n’exclut pas une consultation référendaire sur une question ou une constitution, ni une élection décisionnelle à double majorité comme l’élection de 1962 sur la nationalisation de l’électricité. LE PARTI QUÉBÉCOIS N’A PAS D’AFFAIRE À TÉLÉGRAPHIER D’AVANCE LA STRATÉGIE D’ACCESSION À LA SOUVERAINETÉ.

    Pierre Cloutier



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