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Maîtres chez nous, monsieur Garcia !
Peut-être le temps arrive-t-il de songer à un nouveau 22 juin 60 ou à une nouvelle année 1962 ?
Raymond Poulin
Chronique de Raymond Poulin
jeudi 30 août 2007      606 visites      8 messages


C’est pas vrai ! Claude Garcia récidive. Il la désire, il la veut, la privatisation de l’Hydro. Il en rêve, il en sue, il... (ok, je me censure avant que le webmaster ne s’en charge).

Ainsi, on devrait vendre Hydro-Québec pour payer la dette nationale québécoise, l’une des moins préoccupantes des pays industrialisés, ce qui sauverait, ajoute-t-il, 5 milliards par année au gouvernement ; l’électricité, vendue au prix du marché, coûterait au citoyen-client au moins la même somme annuelle globale, ce qu’il ne dit pas.

Mais c’est pas grave, puisque, toujours selon lui, on pourrait réduire les impôts d’autant. Environ 40% des Québécois ne payant pas d’impôts, qui bénéficierait du retour ? Cela non plus ne préoccupe pas Garcia. Vous remarquez bien qu’il s’agit de réduction d’impôts, pas d’amélioration ou d’augmentation des services publics. Aussi, dixit toujours le même, le Québec pourrait attirer de nouveaux investisseurs et accroître la prospérité générale. Tiens donc ! M. Garcia a-t-il mentionné quelque part que, bon an mal an, le Québec est exportateur net de capitaux ? Ce ne sont pas les capitaux mais les investissements autochtones qui manquent, pour des raisons trop longues à développer ici. Alors, dans ce jeu apparemment à somme nulle — sauf, bien entendu, pour les citoyens moins nantis — qui profiterait donc de cette privatisation sinon les nouveaux propriétaires privés ?

Au fond, M. Garcia, peut-être sans le savoir, vient d’administrer la preuve éclatante que l’étatisation de la production hydro-électrique a constitué le plus beau coup fumant de la Révolution tranquille. Voyons voir. L’étatisation a coûté 312 millions voilà 35 ans, ce qui représente au moins, en dollars actuels, 2 milliards et demie. Et quels seraient la dette nationale du Québec et son niveau de vie si nous n’avions pas, à cause de cette décision, mis au monde tous les sous-traitants qui ont fourni H-Q pendant toutes ces années et ainsi créé des dizaines de milliers d’emplois spécialisés très bien rémunérés, en même temps que nous avons ouvert les vannes, justement, à la formation de milliers d’ingénieurs, de techniciens, de professionnels de toute sorte, sans parler des milliards qui ont transité dans la multiplication des barrages et des centrales, sans mentionner les centaines de milliards épargnés par les consommateurs, ni de la justice distributive qui en a résulté puisque la consommation d’un kwh est la même à Matane, à Rouyn et à Montréal, ce qui a littéralement tiré les régions du désastre. Faut-il continuer ?

Ce qui, sur le plan économique, a sorti le Québec du sous-développement et continue à contribuer à son auto-suffisance et sa sécurité énergétiques, de même qu’à son développement économique, c’est l’étatisation de l’énergie hydro-électrique, que le Dr Hamel préconisait en 1935 et qu’un économiste québécois de la fin du XIXe siècle, dont j’ai oublié le nom, réclamait déjà.

Depuis quelques mois, on dirait que des âmes charitables, qui toutes veulent notre bien et vont finir par l’avoir si nous les écoutons, se décarcassent pour nous obliger, malgré eux, à nous ressouvenir de nos bons coups ; pour en mentionner seulement quelques-uns : l’Hydro, la Loi 101, la création d’un réseau national d’écoles secondaires publiques, des cégeps et du réseau universitaire de l’U. du Q., la Loi sur le financement des partis politiques, la création de la RAAQ, l’indemnisation des victimes d’accidents d’automobiles sans égard à la faute, l’assurance-hospitalisation, la "castonguette", etc.

Peut-être le temps arrive-t-il de songer à un nouveau 22 juin 60 ou à une nouvelle année 1962 ? Comme le répétait Jean Lesage, qui n’avait probablement pas réalisé jusqu’où cela mènerait : « Maîtres chez nous ! », ce qui, pour un ancien diplomate, sous-ministre et ministre fédéral, n’était pas piqué des vers. Cette fois, il faudra prendre l’expression au pied de la lettre, la mener jusqu’à sa conclusion ultime.

Raymond Poulin

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —





Vos commentaires:
  • Maîtres chez nous, monsieur Garcia !
    29 août 2007, par Lionel Lemay

    C’est le même Claude Garcia, alors président de la Standard Life, qui, lors du référendum, a menacé de déménager sa compagnie à Toronto si le Québec devenait souverain.

    S’agit-il d’un plan machiavélique pour déménager la direction d’Hydro-Québec en Ontario pour ensuite faciliter le projet de construction d’une ligne de transmission traversant le Québec pour amener l’électricité du Labrador vers l’Ontario, sans aucun bénéfice pour le Québec, ce à quoi s’objecte, avec raison, le gouvernement québécois.


  • Maîtres chez nous, monsieur Garcia !
    30 août 2007, par Sylvain Deschênes

    C’est celui qui voulait nous écraser au référendum de 1995.

    Il était alors président du ca de l’UQAM. Pas d’hier que ce ca renferme des crapules.

    Pour se rappeler ces moments en images (archives Radio-Canada) :


  • Maîtres chez nous, monsieur Garcia !
    30 août 2007, par Gilles Bousquet

    La nationalisation des compagnies électriques dont la puissante SHAWINIGAN WATER & POWER a été le meilleur coup de la révolution tranquille du gouvernement Lesage qui n’aurait pas eu lieu s’il n’y avait eu la force de caractère et de persuasion de M. René Lévesque à qui nous devons tant au Québec.

    Fait que, Messieurs Garcia et Boyer, allez donc vous faire cuire un oeuf avec l’électricité du Québec...pas chère.


  • Maîtres chez nous, monsieur Garcia !
    30 août 2007, par ouhgo

    Tout se tient !

    On fait chauffer de plus en plus l’eau du bain de la grenouille. Elle s’y trouve bien au chaud. Ne sentira rien.


  • Vers un Hydro-Canada ?
    30 août 2007, par Francis Déry

    Le gouvernement de Mike Harris a déjà privatisé Hydro Ontario, devenue Hydro One. L`Ontario ne peut démanteler comme prévu ses centrales nucléaires, doit redémarrer des centrales thermiques au charbon et compte sur l`électricité du Québec pour rencontrer sa demande toujours croissante.

    Bay Street aurait intérêt à fusionner deux ex-sociétés d`état pour acheminer l`énergie québécoise dans la région des Grands Lacs et profiter de cette richesse.

    Sur cette lancée, en fusionnant avec Hydro-Manitoba et les autres compagnies d`énergie de l`Ouest, la mégasociété pourrait exporter l`énergie québécoise en Alberta pour chauffer le bouillon des sables bitumineux de l`Arthabaska et produire le pétrole qui alimentera l`Amérique du Nord selon le plan de Harper et Bush.

    Évidemment, une privatisation de Hydro-Québec ne peut que plaire à Power Corporation qui l`encourage par la bouche de l`IEDM et de la Presse.


  • Maîtres chez nous, monsieur Garcia !
    31 août 2007

    Ce Claude Garcia est le même qui siège au conseil d’administration de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, le bas de laine des Québécois.

    De cette façon il est au fait des avoirs financiers des Québécois. C’est le loup dans la bergerie ; c’est le renard qui garde les poules.

    Touchons du bois et conjurons le sort en espérant qu’il ne fasse pas trop de trous dans notre bas de laine au profit de Toronto.

    Nous sommes de plus en plus des colonisés.

    Marie Mance Vallée


  • Maîtres chez nous, monsieur Garcia !
    31 août 2007, par Raymond Poulin

    En effet, madame Vallée, le loup dans la bergerie, un loup parmi d’autres.

    Regardez bien dans la direction de l’Hydro : parmi les principales figures à son sommet, quelques fédéralistes génétiquement non modifiés se lovent comme des serpents. Je vous prédis qu’une offensive fédérale massive et vicieuse, dont les prémices sont déjà là, va nous tomber dessus avant peut-être la fin de l’année. Elle est préparée de longue date et s’insère dans le plan de convergence des moyens pour renforcer le pivot économique central du Canada, situé, comme vous le savez, dans le sud de l’Ontario. Là-dedans, Terre-Neuve n’est qu’un pion de relais.

    Raymond Poulin


  • Maîtres chez nous, monsieur Garcia !
    31 août 2007, par Luc Bertrand

    Si nous n’étions pas, en tant que province conquise, une telle république de bananes, un Claude Garcia aurait été fusillé sur la place publique pour proposer aussi impunément un tel sabotage du bien collectif des Québécois(e)s.

    Comme l’a si bien dit Jacques Parizeau, "On ne pourra jamais devenir souverains sans souverainistes". Et je me demandais comment il se fait que l’argent que nous investissons à Placements Québec ou dans d’autres lieux de placement au Québec ne sert pas à créer des emplois de qualité ici-même, au Québec.

    Merci, monsieur Poulin et les autres intervenants de Vigile pour rappeler à notre "nouvelle élite économique" comment il a fallu contourner le syndicat financier "canadian" et emprunter chez l’Oncle Sam pour pouvoir posséder notre principale source d’énergie, économique, compétitive, plus facilement renouvelable et beaucoup moins polluante que celles de l’Alberta et de l’Ontario. Malheureusement, les nouvelles générations sont davantage intéressées au profit facile, à court terme et au confort matériel immédiat qu’à la connaissance de notre histoire, au bien-être collectif et au comportement responsable envers les autres et l’environnement.

    Nous savons bien, hélas, que notre devise "Je me souviens" se veut davantage un voeu pieu qu’un reflet de la réalité.

    Si on nous a reproché(e)s, aux "baby-boomers", d’avoir hypothéqué l’avenir de nos générations, c’est encore moins responsable de procéder à une telle vente de feu aux mêmes intérêts qui veulent nous écraser en tant que nation francophone, juste pour "péter de la broue" à leurs amis du FMI !


  • Yvan Allaire Le Devoir   10 septembre 2007 
  • The SGF exists to help develop Quebec industries by buying into selected companies until they get going. It’s not working very well.
    Editorial - The Gazette (Montréal)   3 septembre 2007 
  • Jean-Robert Sansfaçon Éditorial - Le Devoir   1er septembre 2007 
  • « Il ne s’agit pas d’obtenir l’appui des politiciens, mais de la population. Il s’agit de convaincre les gens qu’en payant plus cher ils vont être plus riches »
    Presse canadienne   30 août 2007 
  • Two experts from the Montreal Economic Institute examine two ways it could be done
    Marcel Boyer, Claude Garcia The Gazette (Montreal)   30 août 2007 
  • Même si le projet nous permettait d’économiser les intérêts de la dette, il faudrait en contrepartie absorber les hausses de tarifs et se passer des bénéfices que verse annuellement Hydro au gouvernement
    Gabriel Ste-Marie www.lautjournal.info   30 août 2007 
  • La privatisation est réalisable, mais pour quels objectifs et en passant par quelles étapes ? Nous proposons deux approches différentes pour réaliser cette réforme
    Marcel Boyer, Claude Garcia Le Soleil   29 août 2007 
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