La radio vient d’annoncer que M. André Juneau renonce à la parade et aux mousquets pour l’été prochain. Quelqu’un lui a-t-il soufflé de la coulisse quelques mots de prudence ? Qu’importe, toujours bien ça de gagné ! Mais il poursuit sa réflexion. Serait-il embarrassé par sa comparution prochaine au Comité du patrimoine fédéral ? Va-t-on lui demander d’où vient l’argent de la CCBN ? Misère !
Mais nous, nous savons maintenant que cette Reconstitution de la bataille des Plaines a été planifiée dans la foulée des autres glorieuses œuvres des fumeuses Commandites ! Pour donner de la « visibilité » au Fédéral, évidemment. Et ainsi faire ombrage aux « séparatisses », ralentir voire étouffer le mouvement souverainiste, paralyser le sentiment identitaire français de notre peuple, éteindre l’aspiration à l’indépendance politique qui couve au cœur de la nation québécoise. Et tout cela, bien sûr, avec ses impôts brassés avec les autres dans le grand pot national canadien !
Cela, il faut le redire en fin de semaine pendant que Juneau réfléchit. Pas de répit. Il faut le redire encore et encore, clairement, chaleureusement, tout autour de chacun de nous pour que l’astuce redevienne visible, largement visible pour le plus grand nombre ; pour que l’aspiration profonde à la liberté sorte de l’ombre, jaillisse comme source et se propage ; pour que les volontés se délient et s’affirment résolument.
Quoi qu’il en ressorte de la réflexion d’André Juneau, il faut que le 13 septembre prochain nous envahissions les Plaines ; il faut que nous prenions les Plaines, avec le Fleurdelisé comme seule arme à la main, pour entendre nos porte-parole inspirés et inspirants proclamer notre présence irrésistible et l’arrivée prochaine au pays.
L’été dernier, le 3 juillet, j’étais des quelques centaines qui, debout sous la pluie pendant deux heures au Parc de l’Amérique française, ont écouté fièrement des porte-parole déplorer la mise au placard des couleurs symboliques, des emblèmes du Québec et de la ville de Québec pour les Fêtes du 400e, et dénoncer le détournement de sens de cette importante commémoration. Car on ne fêtait pas l’avènement du fait français en Amérique en 1608, mais la fondation du Canada sous l’œil attendri de la représentante de la Reine d’Angleterre. Pendant que l’on entendait le bruit de bottes et les coups de clairons de l’armée canadienne défilant sur la Grande Allée.
Mais le 13 septembre 2009, c’est le Fleurdelisé qui doit venir de partout au Québec, qui doit sortir de toutes les rues de notre Capitale et converger vers les Plaines, ces Plaines qu’il nous faut prendre symboliquement, pacifiquement, comme prémices du pays à venir le plut tôt possible.
Nous le devons à nos ancêtres de la Nouvelle-France, morts dans la mêlée de 1759 ou bien violentés dans les saccages et les carnages de la contrée ; nous le devons à tous ceux qui, par après, ont réussi à conserver et faire vivre la culture française en cette terre anglophone d’Amérique ; nous le devons à nous-mêmes qui avons à perpétuer cet héritage. Nous devons léguer à l’histoire l’accomplissement de cette nation, la nôtre. Notre nation française est quand même aussi précieuse à l’histoire humaine que toute espèce vivante l’est à la planète, dont nous avons un juste souci. Devoir de la sauvegarder cette nation, de la cultiver, de l’amener à son achèvement, à son accomplissement ! Joyau aux multiples éclats ! Irisé aux nuances du français !
Danger d’abandonner la scène aux inspirations de la CCBN !

