Après trois éditoriaux sur la santé pondus par André Pratte qui tournent en rond sur la responsabilité de Pauline Marois à propos de la pénurie d’effectifs mais qui ne parlent pas de la cause des problèmes, soit les coupures d’Ottawa qui augmentaient le déficit, après deux articles de Denis Lessard dont l’un commente la lettre du militant libéral Jacques A. Plamondon qui attaque Pauline Marois publiée le jour même dans la section forum et l’autre, le lendemain, donne l’information qu’après l’obtention du déficit zéro, les inscriptions en Soins infirmiers sont passés de 1867 à presque 5000 en 2002-2003 voilà ti pas que Lysiane Gagnon se met dans la tête d’écrire LE texte définitif sur le sujet.
Avant de commenter ce texte, un mot sur les personnes qui se rendent
intéressantes en disant n’importe quoi. Un exemple me saute aux yeux. A
l’émission de Bazzo, on critique des livres. Il s’agit de parler de
Jean-Marie-Gustave Le Clézio qui vient de recevoir le Prix Nobel de
littérature 2008 et qui vient de publier “Ritournelle de la faim” roman. La
charmante Pascale Navarro dit : Le Clézio m’ennuie. Je n’ai lu qu’un de ses
livres. Le dernier, je ne suis entré dedans que vers la page 40, et ensuite
j’ai embarqué.” Jean Barbe place un mot pour dire que Le Clézio parle de sa
mère. Interruption de Pascale Navarro : “Comment ça dit-elle, ça n’a pas
d’importance.” Barbe réplique : “C’est écrit au verso de la couverture qu’il
s’agit de sa mère.” Navarro réplique : “Je n‘avais pas lu le verso de la
couverture mais de toutes façons, ça n’a pas d’importance.” Qu’une
personne identifiée comme critique littéraire dise que Le Clézio qui a
écrit 40 livres et qui est un des plus grands écrivains contemporains
l’ennuie et qu’elle n’a lu qu’un de ces 40 livres, c’est déjà un signe que
son seul objectif est d’attirer l’attention sur elle : comment se fait-il
que Le Clézio ennuie cette brillante et souriante jeune femme ? Ensuite,
qu’elle trouve non pertinent le fait que Le Clézio parle de sa mère pendant
tout un livre est tellement ridicule que ça prenait un éditeur, un
écrivain et un gentilhomme comme Jean Barbe pour laisser s’exprimer sans
répliquer cette subjectivité qui dévore son objet et le fait disparaître
derrière sa séduisante personne. A “il va y avoir du sport” la féministe
Pascale Navarro s’est déjà illustrée dans un débat en soutenant que l’homme
québécois est l’homme idéal puisqu’il était à l’aise dans une société
québécois féminisée. Encore là, elle avait brillé en défendant cette idée
ridicule et parfaitement fantaisiste où il apparaissait évident, du moins
c’est l’impression qu’elle laissait, qu’elle était la dominante dans son
couple et qu’elle aimait ça.
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Lysiane Gagnon est du même genre. Elle prend systématiquement le
contrepied du point de vue indépendantiste se justifiant ainsi d’avoir
abandonné ses idées de jeunesse alors qu’elle fréquentait André D’Allemagne
pour devenir chroniqueuse-vedette à La Presse au service du fédéralisme, de
l’argent et de Paul Desmarais. Son intervention dans un colloque sur “Le
mythe de René Lévesque” est un exemple parfait de mauvaise foi que je vous
invite à lire. Robert Bourassa avait plus fait pour la langue française que
René Lévesque et Camille Laurin. Dans son style pondéré habituel, Louis
Bernard l’a rappelé à l’ordre sur cinq ou six poins cruciaux.
Son article sur “la fausse bourgeoise” était pas trop mal mais déjà dans le titre de son article sur la santé : “Le déficit a le dos large”, se pointe l’oreille de l’analyste à la solde de Paul Desmarais qui va nous faire un beau huit, avec son tutu.
Elle écrit : “Jean Charest a tort de rejeter sur le PQ la responsabilité de tout ce qui va mal dans le système de santé, alors qu’il est aux commandes depuis près de six ans. Son gouvernement n’a même pas été capable de piloter le projet de construction du CHUM !
Il reste que la responsabilité du PQ - et de Pauline Marois elle-même - est incontestable dans le domaine crucial des effectifs médicaux et infirmiers.”
Une fois ces deux idées générales exprimées, tout le reste reprend les accusations fort utiles du militant libéral Jacques A. Plamondon qui ne touchent que les étudiants universitaires en nursing alors que l’on sait que le plus grand nombre d’infirmières vient des cégeps.
Lysiane Gagnon ne tient pas compte du nombre d’infirmières passé de 1867 à presque 5000 en 2002-2003, pendant que le Parti québécois était au pouvoir, information qui vient du Ministère de l’Education, qui a été rapportée par Bernard Drainville, qui apparaissait dans La Presse sous la plume Denis Lessard et qui est d’une grande pertinence.
On ne peut pas prétendre faire une synthèse du sujet des effectifs de la santé après les autres commentateurs et ne pas intégrer cette donnée : 5,000 infirmières en formation en 2002-2003 sous le Parti québécois.
C’est ce qui me permet de conclure que Lysiane Gagnon n’est pas plus crédible et pertinente quand elle parle de santé que quand elle parle du mythe de René Lévesque. Comme Pascale Navarro, elle essaie de se rendre intéressante en étant à côté de la plaque. La lutte au déficit n’a pas le dos large. C’est la cause première des mises à la retraite et donc la responsabilité des fédéralistes Robert Bourassa qui a laissé un déficit de 6 milliards et Jean Chrétien-Paul Martin qui ont coupé les subventions en santé de 3 milliards. La Presse, si elle faisait de l’information, aurait expliqué ça à ses lecteurs. Un journaliste comme Denis Lessard préfère les documents “secrets”, les rumeurs malveillantes sur la santé de Pauline Marois et n’était pas là aux aurores pour marcher avec Pauline Marois. L’ éditorialiste en chef André Pratte contrôle la section Forum à des fins partisanes. Une chroniqueuse-vedette déforme tout et n’a plus aucune notion de ce que c’est que l’honnêteté intellectuelle, La Presse préfère faire de la propagande politique anti-parti-québécois et pro-Charest comme le souhaite Paul Desmarais qui est allé chercher Jean Charest à Ottawa et lui a assuré une sécurité financière à vie.
Constatons que La Presse essaie de faire à Pauline Marois la même job de bras qui a été faite à André Boisclair. Merci Denis Lessard de nous avoir donné l’occasion de voir notre préférée en pleine forme à cinq heures du matin faire du jogging, de nous avoir donné l’occasion de voir Pauline Marois avec Patrice Roy et de constater dans sa façon de répondre aux questions qu’elle n’est pas snob du tout, de nous avoir poussé à revenir sur l’historique de la santé pour constater que la cause des mises à la retraite est une lutte au déficit, un déficit fait par des fédéralistes du parti Libéral du Québec et du Parti libéral du Canada. “Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose” écrivait Voltaire : c’est la devise de La Presse.
Ce n’est pas la jupe de gaze courte et évasée portée par la patineuse de fantaisie qui fait ses grands huit qui nous distraira de ces conclusions inéluctables et historiques.
Robert Barberis-Gervais, Marie-Victorin, 23 novembre 2008
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

