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Lysiane Gagnon et la religion fédéraliste
Lysiane Gagnon, attachée de presse d’André Pratte
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
samedi 17 novembre 2007      1426 visites      3 messages


Le 15 novembre, anniversaire de la victoire du Parti québécois en 1976, paraissait une prose de Lysiane Gagnon sur le lancement de "Reconquérir le Canada", "un nouveau projet pour la nation québécoise".

Lysiane Gagnon parle des pauvres petits fédéralistes qui se cachent parce que les mal élevés souverainistes leur crient des noms : fédérastes, vendus, traîtres, colonisés, mercenaires. Elle aurait pu ajouter : les rois-nègres, les lâches, les statuquoistes, les tricheurs, les naufrageurs, les éteignoirs, les jovialistes, les manipulateurs, les pro-commandites, les rhodésiens, les assiette aux beurristes, les rentables, les asymétriques...

Or voilà-t-y pas que - "coeur féminin varie, bien fol qui s’y fie" - la chroniqueuse, qui n’aime pas que les gens crient des noms aux fédéralistes, fait la même chose en traitant les souverainistes de noms : les nounous ; les misérabilistes ; les rêveurs ; les intégristes ("hors de l’église point de salut") ; les odieux ; les nombrilistes ; les victimatogènes ; les frileux, les boudeurs, les traumatisés, les écrasés.

Ces pauvres petits "fédéralistes francophones qui ont pris l’habitude de raser les murs" sont sortis de leur clandestinité pour assister au lancement du livre. Ils étaient 200.

Heureusement qu’il y a André Pratte et la grosse Presse qui contrôle les lettres des lecteurs, avec ses chroniqueurs Alain Dubuc et Lysiane Gagnon qui, eux, "ont le courage de leurs opinions"... à 500,000 exemplaires, quelle timidité ! Sinon, les fédéralistes pourraient dire qu’ils sont persécutés parce que, paraît-il, "les souverainistes occupent depuis des années l’espace public". Alors on les laisse jacasser et au moment décisif , on leur vole le référendum, comme en 1995, où on détruit l’image de leur chef comme ils l’ont fait (avec Lucien Bouchard - ndlr) avec Àndré Boisclair et comme The Gazette a essayé avec le "château" de Pauline Marois.

Le jour même où le livre Reconquérir le Canada, textes rassemblés par André Pratte, était annoncé, il y avait un texte de Stéphane Dion qui commentait chacun des textes du recueil qui lui avait été envoyé d’avance. Ah il n’y a pas de doute, Pratte a le sens de l’organisation au service de Power Corporation-Paul Desmarais qui vaut 4 milliards et dont les nombreux membres de la famille et des Conseils d’administration ont donné 350,000. $ au Parti libéral du Québec ces dernières années à coups de 3,000 $ (c’est légal) chacun par année.

Et ça va continuer, l’autopromotion : samedi dans La Presse Lysiane Gagnon va commenter "une nouvelle voix fédéraliste" qui "devrait puissamment contribuer à la poursuite du débat".

Quel débat et avec qui ? La Presse est en possession tranquille de la vérité libérale. Et le principal adversaire, pour le moment, est Mario Dumont, et Pauline Marois qui pourrait bien devenir menaçante pour le statu quo libéral. Tout est stagnant au Canada. On est à l’ère du fédéralisme bouché, du fédéralisme bloqué.

On est à l’ère de "l’éloquente sincérité" des "dégagés des traumatismes politico-linguistiques" qui font "des mariages de raison", qui sont "heureux de sortir du placard" , qui s’inscrivent "à la fine pointe de la modernité" et qui vont "prendre bravement la place qui leur revient au sein du pays que leurs ancêtres ont fondé."

Le texte de Lysiane Gagnon est un article promotionnel du livre Reconquérir le Canada produit par le rédacteur en chef du journal où elle travaille. La belle Lysiane qui ironise sur le rêve et les émotions, espérons que son union avec un Anglais, après avoir été la maîtresse d’un des fondateurs du mouvement indépendantiste, André d’Allemagne, espérons que son union, dis-je, avec un Anglais n’est pas un mariage de raison sans émotion ni rêve qui sont des choses dangereuses... portées par ceux et celles qui ont le projet de faire du Québec un pays, pas une nation sociologique à la Stéphane Dion, l’homme à la clarté, qui aura disparu du paysage politique canadien dans moins de deux ans.

Robert Barberis, 17 novembre 2007, Longueuil

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




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Vos commentaires:
  • Lysiane Gagnon, attachée de presse d’André Pratte
    17 novembre 2007, par Gilles Bousquet

    Excellent article, M. Barberis. 100 % avec vous ! Bien envoyé et juste. Si les indépendantistes, comme Mme. Lysiane Gagnon peuvent devenir aussi fédéralistes qu’elle, on peut penser que le contraire pourrait se produire, un peu aussi comme Jean Lesage qui était un centralisateur quand il siégeait à Ottawa et, décentralisateur, quand il est devenu premier-ministre du Québec avec son "Maître chez-nous".

    Nous sommes tous des Québécois, on devrait cesser de nous invectiver, tenter de comprendre l’autre et de le convaincre, à la place, si possible.


  • Lysiane Gagnon, attachée de presse d’André Pratte
    17 novembre 2007, par Jacques Bergeron
    Cher Monsieur, je viens vous dire « Bravo », et un « grand merci », pour ce texte qui jette une lumière de plus sur cette personne pour qui le mot « trahison » semble coller à la peau, comme un gant à une main, depuis qu’elle a changé d’option politique.J’ose lui dédier ce proverbe, ou cette maxime, ou cette pensée : « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es » !
  • Lysiane Gagnon, attachée de presse d’André Pratte
    17 novembre 2007

    Dans cette oeuvre qu’ils veulent magistrale, les fédés de la Presse et d’André Pratte n’ont que des clichés pour défendre leur cause. Ils ne sont que des amateurs. On comprend aisément pourquoi ils ne veulent pas que le Québec devienne un État qu’ils seraient bien incapables de gouverner. De là leur préférence pour l’inféodation servile au pouvoir unitaire d’Ottawa, au service d’oligarques tels Paul Desmarais et les autres. Servilité dégradante dont ils n’ont aucune conscience.

    JRMS



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