Lucien Bouchard « rides again », cette fois avec l’aide du chef d’orchestre Kent Nagano. Après s’être fourvoyé avec ses ami/e/s lucides « sic », il tente maintenant de sauver les millions « $ » que reçoit l’orchestre symphonique de Montréal dont il préside la destinée. Après avoir lu l’article ( 22 août 2009 : journaux du Québec) dont il est le co-signataire avec le chef de l’orchestre symphonique de Montréal, on doit reconnaître que cet ancien premier ministre du Québec,et ancien ministre conservateur sous Mulroney, n’a rien compris de la « dynamique » des subventions provenant d’une société d’État. Pourtant il devrait être le premier individu à pouvoir saisir qu’une société d’État ne peut se permettre de suppléer aux devoirs d’un gouvernement dans l’octroi de subventions à différents organismes, comme le sont l’Orchestre symphonique de Montréal, l’orchestre Métropolitain et les sociétés théâtrales.
Ce que semblent oublier Lucien Bouchard et son co-signataire dans leur lettre aux journaux, c’est que les subventions aux institutions relèvent du gouvernement, et de l’entreprise privée, et probablement des individus, et qu’en aucun cas une société comme Hydro-Québec ne doit remplacer le gouvernement à qui elle verse les profits qu’elle réalise par ses activités. Hydro-Québec n’a donc aucun droit de « subventionner » quelque organisme que ce soit avec les fonds(dividendes) qui doivent revenir au gouvernement, qui peut seul les utiliser dans la gestion des affaires publiques, ce que devrait comprendre facilement un ancien premier ministre du Québec et un ancien ministre fédéral. En défendant Hydro-Québec, c’est son président qu’il défend, et, bien sûr, les subventions dont bénéficient (illégalement quant à moi) depuis trop longtemps l’Orchestre symphonique de Montréal et d’autres organismes culturels.
Lucien Bouchard, plus que d’autres citoyens, doit comprendre que la société Hydro-Québec et des autres sociétés d’État ont le devoir de verser tous leurs profits au gouvernement qui « doit seul répondre« aux besoins des organismes culturels, des universités, des collèges, des écoles et des organismes sociaux. Aucune société d’État ne possède le droit de suppléer aux devoirs du gouvernement à qui elle doit verser les profits qu’elle réalise. Si le président d’Hydro-Québec avait bien compris le rôle que joue cette société d’État, il lui aurait été impossible de se fourvoyer et de s’attirer les foudres des Québécoises et des Québécois, ce que Lucien Bouchard et Kent Nagano auraient dû saisir facilement.
Malheureusement, les intérêts de la société qu’ils dirigent leur ont fait perdre toute notion de justice sociale dont ils devraient être les ardents défenseurs. Alors qu’ils auraient dû exiger la démission du président de la société Hydro-Québec et de son conseil d’administration pour la mauvaise gestion des affaires économiques de la société qu’ils dirigent, ils ont préféré appuyer les mauvaises actions des dirigeants de notre société d’État. Les citoyennes et les citoyens du Québec se seraient pourtant attendus de Lucien Bouchard et de Kent Nagano, gens d’expérience, qu’ils appuient celles et ceux qui exigent la démission du président « Thierry Vandal », auquel j’ajouterais la démission des membres du conseil d’administration de la société Hydro-Québec, plutôt que l’appui implicite qu’ils accordent à cet individu.
On se serait même attendu à ce que les signataires de cette lettre aux journaux « suggèrent » à Jean Charest d’abandonner son poste pour avoir laisser Thierry Vandal agir, et pour son « implication » dans l’affaire du séminaire de Sherbrooke qu’il a fréquenté, institution qui bénéficie d’un don de « 180,000$ »d’Hydro-Québec réparti sur plusieurs années, que son président directeur a décidé de conserver pour son institution, envers et contre toutes les données morales qui devraient le guider.
Pourtant, le premier ministre du Québec, plus que tout autre citoyen, doit savoir (ou aurait dû savoir) qu’une société d’État doit remettre au gouvernement ses profits, et qu’elle ne peut suppléer aux devoirs du gouvernement en versant des subventions à quelque organisme que ce soit, rôle qui doit relever « exclusivement » de l’État, ce que Lucien Bouchard semble avoir oublié avant d’écrire, avec son co-auteur Kent Nagano, sa lettre aux journaux.
On serait attendu à plus de sens d’objectivité et de jugement de la part d’un ancien premier ministre, et ancien ministre conservateur outre Outaouais, auteur d’un mémoire avec quelques lucides « sic » personnages, lucidité pas trop évidente dans l’affaire de Hydro-Québec et de son président. S’il avait au moins demandé à Thierry Vandal, PDG de Hydro-Québec, et à Jean Charest, d’abandonner les postes qu’ils occupent pour leur mauvaise gestion des affaires de « l’État », il aurait joué un rôle « social » et politique plus digne d’un ancien « politique ».
Malheureusement, il a préféré choisir les intérêts de l’organisme qu’il préside, en lieu et place de ceux du Québec et de son peuple.
Comme dans l’affaire des lucides, il a fait le mauvais choix. Heureusement, qu’ il n’agit plus comme homme d’État !
Jacques Bergeron,
Montréal
* Hydro-Québec ne peut être considérée comme une entreprise privée.
