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Loi 104 : le sursis réjouit les trois partis
Pauline Marois appréhende un éventuel jugement de la Cour suprême
Antoine Robitaille
Le Devoir
vendredi 31 août 2007


Québec - Le juge André Rochon a ravi les trois partis politiques québécois en acceptant d’attendre le jugement de la Cour suprême - dans deux ou trois ans- avant d’appliquer une récente décision de la Cour d’appel, qui avait invalidé des portions de la Charte de la langue française.

« Ce sursis fait en sorte que le statu quo est maintenu et que les règles actuelles [...] qui régissent l’admissibilité à l’école anglaise au Québec sont maintenues jusqu’au jugement final de la Cour suprême », s’est réjouie la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne.

Le 22 août dernier, la Cour d’appel, dans une décision partagée (deux juges sur trois), avait déclaré inconstitutionnelles des parties de la Charte ajoutées en 2002 pour colmater une vaste brèche dans la loi 101. Avant cette date, les enfants pouvaient obtenir leur billet d’entrée à l’école anglaise publique après avoir fait un détour d’un an dans une école anglaise privée non subventionnée. L’avocat Brent Tyler (ancien président d’Alliance Québec), qui avait mené le combat des 47 requérants qui souhaitaient réhabiliter la brèche dans la loi, exigeait que le jugement soit appliqué sans délai. Mais le procureur général du Québec avait plutôt demandé un sursis.

Dans sa décision, le juge Rochon explique que la proposition de M. Tyler aurait entraîné un « chaos administratif et juridique pour toutes les parties impliquées, et ce, particulièrement à la veille de la rentrée scolaire ». Le juge estime que l’intérêt public commandait d’attendre la décision de la Cour suprême avant d’appliquer la décision du 22 août. Il souligne aussi au passage que « les dispositions en cause furent adoptées par une législature démocratiquement élue et sont censées viser le bien public ». De plus, il ne s’agit pas, selon lui, d’un cas où l’inconstitutionnalité est « manifeste ».

Le chef de l’opposition Mario Dumont a parlé d’une « décision empreinte de sagesse » à propos d’une loi qu’il juge « bonne » puisqu’elle évite « qu’on contourne des principes simples, compris par tout le monde et fondamentaux ». Il terminait une réunion de deux jours avec ses élus à Orford.

La chef péquiste Pauline Marois s’est pour sa part réjouie que le gouvernement Charest, en réclament un sursis, « ait bougé sur ce front-là ». Mme Marois, qui tenait un point de presse au terme du caucus péquiste, s’est dite inquiète de la future décision de la Cour suprême. Il serait impossible, d’un point de vue juridique, de lui opposer la disposition dérogatoire (clause nonobstant) : « On n’est à l’abri de rien. [...] On va se préparer à faire une démonstration très claire que c’est l’autorité de l’Assemblée nationale qui est ici battue en brèche. » Elle n’a toutefois pas précisé quelle forme prendrait cette « démonstration très claire ».

Plus tôt, le porte-parole péquiste en matière de langue, Pierre Curzi, s’en était pris à la consécration de la primauté du judiciaire sur le législatif qui se produirait si jamais la Cour suprême maintenait le jugement du 22 août. Dans un tel scénario, « on serait complètement obligé d’accepter une brèche, ce qui est invraisemblable. On ne peut pas, comme peuple, comme nation, accepter que, tout à coup, le pouvoir judiciaire mette en cause une décision unanime et totalement légitime de la majorité de la population. C’est intolérable », a-t-il déclaré. Ainsi, il est impératif, selon lui, de « continuer à mobiliser les gens ».

Avec la collaboration de Fabien Deglise








  • Marie-Andrée Chouinard Éditorial - Le Devoir   27 mars 2008 
  • Les commissions scolaires anglophones sont donc dans leur droit. Toutefois, ce n’est pas parce qu’on a le droit de faire quelque chose que c’est la bonne chose à faire.
    André Pratte Éditorial - La Presse   27 mars 2008 
  • La situation actuelle est déjà périlleuse du fait que les gouvernements successifs n’ont pas voulu élargir la loi 101 aux cégeps, elle serait proprement explosive si la Cour suprême donnait raison aux adversaires de la loi 104.
    Claude G. Charron Tribune libre de Vigile   27 mars 2008 
  • Sir-Wilfrid-Laurier vante sa ligne téléphonique pour aider les parents à déterminer si leur enfant est admissible à l’école anglaise
    Antoine Robitaille Le Devoir   26 mars 2008 
  • Editorial - The Gazette (Montréal)   25 mars 2008 
  • Michel David Le Devoir   22 mars 2008 
  • We can understand that some boards are reluctant to incur the government’s wrath, but we applaud the courage of those who are getting involved.
    Editorial - The Gazette (Montréal)   21 mars 2008 
  • « Détournement de fonds », dénonce l’opposition
    Antoine Robitaille Le Devoir   20 mars 2008 
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