Texte publié dans Le Devoir du vendredi 7 septembre 2007 sous le titre : "Des nouvelles d’Hérouxville"
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Monsieur Charest,
Il existe actuellement, au Québec, une situation très inconfortable dont personne ne peut nier l’existence relativement aux accommodements raisonnables dits de type religieux.
Votre déclaration de février dernier visant à « calmer le jeu » a abouti à la création de la Commission Taylor Bouchard. Aujourd’hui, elle ne semble pas avoir produit l’effet recherché. Les braises auxquelles vous faisiez allusion à cette époque semblent aujourd’hui se raviver. Voici pourquoi.
Un des deux co-présidents a ouvertement déclaré que cette commission n’apporterait pas de solution. L’autre, quant à lui, semble rêver d’une solution préservant notre identité : l’indépendance du Québec. Entre temps, la population apprend que cette commission coûtera au bas mot plus de cinq millions de dollars. À Armagh, vous ajoutiez de l’huile sur le feu en admettant que la commission ne servirait qu’à discuter et débattre des accommodements sans avoir comme objectif de trouver une solution. Et vous demandez aujourd’hui à la population de ne pas souffler sur les braises…
En février dernier, quatre-vingt pourcent (80 %) de la population réclamait l’abolition des accommodements religieux au Québec (un chiffre que vous avez nié) et en août, , sondages à l’appui, le même pourcentage subsiste (un chiffre que vous niez). Vous ne pourrez pas gérer le problème indéfiniment. Il vous faudra bien le solutionner ! Votre récente déclaration « Établir la nouvelle gouvernance où les élus et élues seront à l’écoute de la population » pourrait peut-être ici s’appliquer.
En effet, considérant que la population du Québec accepte de verser annuellement quelques vingt millions de dollars en salaires aux élus de l’Assemblée Nationale pour les gouverner et prendre des décisions en son nom et considérant que les trois partis politiques en présence ont approximativement la même représentativité en terme de pourcentage du suffrage universel, nous vous faisons la proposition suivante :
A) Que le premier ministre (vous-même) convoque dès maintenant l’Assemblée Nationale.
B) Que l’Assemblée Nationale vote la motion suivante : « Que l’Assemblée nationale du Québec retire à tout individu, groupe ou association la possibilité d’obtenir un accommodement de type religieux sur son territoire. »
C) Si la motion est majoritairement approuvée par les député(e) s élu(e) s de l’Assemblée Nationale, vous aurez de cette manière pris une décision. Tous pourront retourner vaquer à leurs occupations courantes et vous pourrez ensuite décider de poursuivre ou non avec la Commission que vous avez mise sur pied. Vu les salaires qui sont versés aux députés et ministres, qu’ils agissent ou non, cette décision sera très peu coûteuse et le brasier s’éteindra.
L’assemblée Nationale pourra par la suite juger des moyens nécessaires afin que cette motion devienne loi. Les prochaines élections provinciales devraient pouvoir être assez éclairantes …
P.S. Vous pourriez, à l’ouverture de la motion, rappeler cette célèbre déclaration de Raoul Vaneigem « Toute religion est fondamentaliste dès l’instant qu’elle a le pouvoir ».
André Drouin et Bernard Thompson
Hérouxville QC
CC Madame Pauline Marois
Monsieur Mario Dumont
Madame Yolande James
Madame Michelle Courchesne
Monsieur Stephen Harper
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —


