Lettre de Paul Des Bourbiers à RBG

Tribune libre de Vigile
lundi 20 février 2012
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Robert,

J’ai reçu cette lettre par erreur, elle t’est sans doute destinée

Louis Champagne

Mon très cher Barberis-Gervais,

Croyez que j’ai autant de plaisir à vous répondre que vous semblez en avoir à m’écrire. Mes nombreuses occupations, mes amis qui viennent me voir, les importuns qui me font perdre mon temps, enfin les achats de vieilleries comme un violoncelle ou que sais-je encore limitent mon temps. Je prends quand même le temps de vous lire et je tiens à vous dire combien j’apprécie vos efforts pour vous mettre à ma place. À titre d’exemples, je vais vous donner une idée de mon emploi du temps des dernières semaines.

Depuis quelque temps, ma femme s’est découvert une passion pour la musique. En compagnie de Lucien Bouchard, elle passe des journées entières à discuter avec Edgar Fruitier et Maestro Nagano de Schubert, de Beethoven, de Céline Dion, de Michelle Richard et d’autres grands musiciens. Ils m’ont fait acheter un violoncelle à prix d’or pour un gamin qui en jouerait bien. Une chance que c’est déductible d’impôts, elle finira par me ruiner. Et pendant qu’on y est, connaissez-vous un poète du nom de Massien, Mecian, quelque chose comme ça, Maestro Nagano en parle souvent à ces rencontres, ma femme fait semblant de comprendre qui c’est, vous savez ce que c’est. Mais nous ne le trouvons pas dans les dictionnaires et mes enfants le cherchent sur internet sans succès non plus. Pourriez-vous le trouver pour nous, nous vous en serons éternellement reconnaissants.

Un service en attire un autre, je vais vous proposer quelque chose. Je dois me débarrasser d’un personnage encombrant que vous non plus n’appréciez pas. Je l’ai convoqué ici-même, à Sagard, pour lui proposer de présider les travaux de la Commission de révision du financement de la Francophonie. Nicolas et moi en avons discuté, il voulait y envoyer un certain De Villepin, mais ce trublion refuse. J’ai donc proposé un personnage politique important, mais devenu encombrant. Ce personnage est connu au Québec, il m’a rendu bien des services, mais son temps est fait. Nicolas est d’accord. Mais comme il refuse d’entendre raison, je vais devoir mettre sur lui une certaine pression. Je ne peux vous dire que son prénom, Jean.

Jean est en quelque sorte mon locataire. Pour lui permettre de loger sa famille, je lui ai déniché un petit quelque chose dans Westmount. Il a avec moi un contrat bétonné, secret, ce qu’il y a de plus secret. Mais comme il refuse de donner sa place, je vais devoir user des grands moyens. Je suis prêt à vous donner copie du contrat. Ce n’est pas bien beau, mais autant il faut qu’il déguerpisse maintenant, autant j’en avais besoin à l’époque. Et comme je ne suis pas chiche, je n’avais pas lésiné sur les moyens, ce qui fait que c’est assez gênant pour lui. J’ai vu votre jalousie quand vos camarades ont révélé les juteux détails de la Closerie de ma députée sur l’île Bizard. Ils ont fait sur elle des révélations troublantes, cinglantes, fracassantes, je ne comprends pas qu’elle soit encore là.

Moi je vous offre bien mieux. Pas du vieux stock de The Gazette de dix ans passés, pas des histoires de sa femme, non, non, du frais, du bétonné. Vous n’en croirez pas vos yeux quand vous allez lire ça. Et je vous assure que le contrat est signé de sa main à lui, Michou n’a rien à voir dans ça. C’est eux qui vont être jaloux, ceux de l’Île Bizard. vous l’aurez enfin votre vengeance. Allons, Robert, rendez-moi ce petit service, rendez cet immense service à la patrie.

Si vous êtes sceptique, venez me rencontrer à Sagard. Je vous montrerai les médailles que Nicolas nous a données, à ma femme et à moi. Je lui demanderai de vous en donner une à vous aussi. Carla est une artiste qui aime bien les littéraires comme vous. Mes cuisiniers vous prépareront la dinde que votre épouse ne vous a pas faite pour vous punir au jour de l’An. Et je vous montrerai le fameux contrat qui permet à Jean d’habiter à Westmount. Il y a autre chose dans ce contrat dans les sept chiffres. Comme vous le savez, j’aime bien avoir des amis dans le monde politique. Quand vous l’aurez rendu public, il s’en ira et je pourrai enfin le remplacer par quelqu’un de plus montrable. Paraît-il que La Presse prépare un coup semblable contre Pauline Marois. Je vous en reparlerai après m’être informé. Je pourrai aussi vous parler de la façon dont nous avons assuré l’avenir financier de John James. Quand vous dites que les grands financiers ne se contentent pas de donner des tapes dans le dos à ceux qui leur rendent de petits services, vous êtes pas mal perspicace pour un enfant qui a fréquenté le Parc Lafontaine et l’église des Jésuites de la paroisse de l’Immaculée Conception.

Je compte sur votre discrétion pour ne révéler ça à personne maintenant. Comme pour Gilles Duceppe, il faut choisir le bon moment. Ils appellent ça, je crois, le timing. En attendant, vous pouvez continuer à m’asticoter dans Vigile ou ailleurs, je ne vous l’ai jamais dit, mais je vous aime bien. Sans vouloir vous offenser, Patrick Bourgeois, Robin Philpot et Richard Le Hir sont plus coriaces que vous. Mais comme dit Nicolas, qui aime bien citer ce proverbe arabe, "les chiens aboient et la caravane passe." Comme vous le savez, la caravane, c’est le monde économique et les chiens qui jappent mais ne mordent pas, ce sont les littéraires comme vous. Un de vos pseudo-amis n’a-t-il pas écrit que vous êtes le littéraire maison de Vigile. Mais pensez à mon offre rapidement, et trouvez-moi qui est ce maudit poète, j’en entends parler tous les jours.

Je voulais dire à ceux que ça intéresse que je n’ai pas eu de problème de zonage agricole pour faire construire mon immense domaine de Sagard en Charlevoix.

Ah oui, en terminant, ceux qui voient une collusion entre moi et Pauline Marois parce que mon domaine est dans le comté de Charlevoix me font bien rire. Quand on veut amuser nos centaines d’invités à Sagard, on raconte cette anecdote et tout le monde se bidonne.

Paul Des Bourbiers,

Ordre du Canada, Grand Chevalier de la Légion d’honneur.

réponse de RBG

Je crois qu’il s’agit d’Olivier Messiaen.

Olivier Eugène Charles Prosper Messiaen, né le 10 décembre 1908 à Avignon et mort le 27 avril 1992 à Clichy-la-Garenne, est un compositeur, organiste, pianiste, ornithologue et pédagogue français.

Son œuvre trouve ses sources dans une profonde ferveur catholique, un goût prononcé pour le plain-chant médiéval, les rythmes hindous ainsi que grecs. L’Ascension (1933), le Quatuor pour la fin du Temps (1940), les Vingt regards sur l’Enfant-Jésus (1944), la Turangalîla-Symphonie (1946-48), et la Messe de la Pentecôte, entre autres œuvres majeures, ont contribué à faire d’Olivier Messiaen un des compositeurs les plus influents de la seconde moitié du XXe siècle.

Son enseignement au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris a également contribué à sa notoriété internationale, tant la liste de ses élèves est longue et prestigieuse.

Olivier Eugène Prosper Charles Messiaen est le premier enfant de Pierre Messiaen (1883-1957), professeur d’anglais et intellectuel catholique, et de la poétesse Cécile Sauvage (1883-1927). Un second enfant naît de cette union, Alain (1913-1990), qui deviendra poète, à l’instar de sa mère. Olivier Messiaen est profondément influencé par les poèmes de sa mère, notamment un recueil intitulé L’Âme en bourgeon ainsi que par les œuvres de William Shakespeare, que traduit son père et dont les histoires fantastiques, merveilleuses et sombres le fascinent. Il dira même que, des pièces du grand dramaturge anglais, « J’aimais plus que toute autre Macbeth (pour les sorcières et le spectre de Banquo), aussi bien que Puck et Ariel. » (Wikipedia)

Commentaire : C’est la mère d’Olivier Messiaen qui est poète. Impressionnés par Kent Nagano, ils ont confondu la mère et le fils. Ils ont aussi parlé d’un autre poète, Fred Pellerin, qui aime Symphonie (comme Lucien Bouchard) et que Kent Nagano apprécie beaucoup mais qui a un gros défaut : il est un ami de Gilles Vigneault et est indépendantiste.

Commentaires

  • 21 février 2012 18h26

    Cher Des Bourbiers,

    Vous en avez du temps à perdre en conneries et en niaiseries.

    Je vous remercie de votre aimable invitation, mais l’étalage de la richesse et la démesure m’ont toujours donné le goût de vomir. Vous demandez un petit poème pour votre femme. Le voici.

    Cher Très Puissant et Très Riche
    Qui êtes à Sagard
    Restez-y
    Et nous nous resterons chez nous
    Dans nos humbles demeures
    Où on sent la douce odeur
    D’un feu de bois
    Où la chaleur humaine
    N’a pas besoin de prix
    Où rien ne se vend
    Ni ne s’achète
    Où tout est gratuit
    Le bonheur tranquille en prime
    Où la richesse et le luxe nauséabond
    Ne s’incrustent pas dans les murs
    Les coeurs et les esprits
    Comme du vieux poisson pourri
    Gardez vos colonnes, vos jardins,
    Vos lacs, votre golf, vos piscines
    Vos domestiques, vos invités de luxe
    Qui vous envient et vous détestent
    En silence
    Parce qu’ils vous ressemblent tant
    Gardez votre coffre-fort
    Qui ne suivra pas votre corbillard
    Non personne n’ira à Sagard
    Cela sent trop le fric
    Quelque chose comme une odeur
    De pourriture
    Qui nous étouffe
    Et nous sert la gorge
    Même par grand vent
    Une odeur de vielle combine
    Secrétée par des combinards
    Et des roublards
    Une odeur, une sale odeur
    De fric
    Qui s’est propagée aussi
    Jusqu’à l’Île Bizard
    Et qui pourrit la Res publica
    Ça pue
    Ça pue le parvenu
    Ça pue la lâcheté
    De tous vos petits politicailleurs complices
    Non nous n’irons pas à Sagard
    Ni à l’Ile Bizard
    Nous resterons chez nous
    À respirer à plein poumoins
    L’air de la simplicité et de la liberté
    En rêvant les doux soirs d’hiver
    À celle de notre peuple
    Qui n’en finit plus d’être trahi
    Par des petits arrivistes et carriéristes
    Qui voudraient bien se promener
    De l’Île Bizard à Sagard
    À envier les riches et les puissants
    À vouloir leur argent
    Ou à courir après le pouvoir
    Le petit pouvoir futile et dérisoire de merde
    Contrairement à Michel de Montaigne
    Formé à la plus humble
    Et la plus ordinaire façon de vivre
    Même s’il était magistrat
    Et maire sans rechercher les honneurs
    Et enchaîner sa liberté
    Non nous n’irons pas à Sagard
    Nous resterons chez nous
    Où il fait si bon vivre
    En rêvant au pays
    Qui tarde tant à venir
    Bloqué par des trouillards
    Soumis et peureux
    Qui se prennent tellement au sérieux

    Pierre Cloutier

  • 21 février 2012 13h57

    Bravo pour le "Des Bourbiers"

    La métaphore est digne de l’imaginaire d’un poète.

    Elle transcende les plats commentaires des politicailleurs.

    C’est une respiration.

    Des ignares diront une inspiration.

    Andrée Ferretti.

  • Louis Champagne, 21 février 2012 09h23

    Très cher Me Cloutier,
    Comme vous avez raison de vous plaindre de la présence de pique-assiettes à cette réception. Il n’y avait pas que le couple Blanchet-Marois, il y avait aussi Claude Béland, l’ancien président de Desjardins, un autre pique-assiette séparatisse socialisse, animateur à Radio Ville Marie, une honte, et Phyllis Lambert, une ennemie personnelle, qui empêche tout développement immobilier dans Montréal. Henri-Paul sera réprimandé pour ça. Remarquez que moi, je n’ai pas fait comme Landry, je ne l’ai pas fait nommer par un autre, j’ai fait ça moi-même. Je peux donc le tancer quand il s’écarte du droit chemin. Et si je lui donne un gros salaire, c’est pour éviter ce genre de désagréments à ma bru, une femme exquise.
    Pendant que je vous ai, très cher, j’aurais un petit service à vous demander à vous aussi. Je comprends bien que vous soyez un peu jaloux de RBG. Rassurez-vous, je ne vous demanderai pas de dévoiler quoi que ce soit, je comprends qu’à ce chapitre, vous avez déjà donné. Non, ce que j’ai à vous demander me tient à cœur pour des raisons personnelles. Je sais aussi que le littéraire, c’est RBG, alors que vous, vous, c’est plus sérieux, vous êtes dans le Droit. Mais comme vous êtes à la retraite, je ne vous demanderai pas d’agir en tant qu’avocat. Voici de quoi il s’agit.
    J’ai lu votre ode à vous-même (Je suis indépendantiste, patriote et pro-citoyen mur à mur). Quel grand poète ! Je vais continuer en confidence, ne le lui dites pas, il va être vert de jalousie, vous êtes bien meilleur que RBG dans ce domaine. Lui c’est un vieil auteur français qu’il lit, un nommé Montaigne, qui n’est même pas sur la liste des chevaliers de la Légion d’honneur, qui n’a jamais gagné un seul prix, le Nobel, le Goncourt, rien, et qui ne valait pas cher comme poète. Le vrai littéraire, c’est vous. Et c’est de vos talents dont j’ai besoin. Pas pour moi, j’ai d’autres gars que je paie une fortune pour ça. Mais j’aimerais que vous composiez une autre ode, pour ma femme, que je lui donnerais pour la fête des mères. Comme vous le voyez, je suis un grand sentimental.
    Pour la mieux connaître, permettez-moi de vous inviter à votre tour à Sagard, avec votre dame, pour un week-end. Nous sommes d’agréable compagnie, mais ne dites pas à ma femme pourquoi je vous ai invité, je veux lui faire une surprise. Bien entendu, vous serez mon seul invité, je crains que Lucien, Jean ou même RBG vous cherchent noise s’ils se retrouvaient avec vous. Et je ne le dirai à personne.

    Alors, marché conclu ? J’attends de vos nouvelles !

    Mes salutations Cher Maître,

    Paul Des Bourbiers
    OC, Grand chevalier de la Légion d’honneur

    Très cher Savoie,
    Sachez que je vous aime beaucoup. Je vous aimerais davantage si vous étiez un helléniste distingué. Mon curé, auquel j’ai donné une belle église toute neuve ici-même, à Sagard (je ne loge pas que Jean, je loge le bon Dieu aussi), a avalé son collet romain quand je lui ai dit que vous pensiez qu’iota était la dernière lettre de l’alphabet grec. « Je suis l’alpha et l’oméga » aurait dit le Christ, ce qui veut dire qu’Il est le commencement et la fin. Selon M. mon Curé, vous êtes probablement un mécréant ignorant, le iota étant loin de la dernière place dans l’alphabet grec. Selon lui, vous auriez confondu avec une autre phrase du Christ, qui parlait alors de l’iota comme la plus petite partie de la Loi. Il s’agirait alors effectivement de la plus petite lettre de l’alphabet.

    Je n’invite pas chez moi des ignorants, encore moins des mécréants, à moins qu’ils soient fédéralistes (je n’ai guère le choix si je veux en inviter). Votre ignorance me désole, et vous condamne à rester loin de Sagard, pauvre demeuré !
    Recevez, Monsieur, l’expression de mes sentiments

    Paul Des Bourbiers,
    OC, Grand chevalier de la Légion d’honneur

  • Serge SAVOIE, 20 février 2012 21h43

    Vous êtes en retard d’un iota (cette expression fait référence à l’iota, qui est la plus petite lettre de l’alphabet grec mais aussi la dernière. De ce fait, cette lettre est perçue comme une chose insignifiante et infime) sur le timing. Le moment est déjà arrêté !

  • 20 février 2012 17h40

    Avez-vous répété votre farce à la soirée donnée en l’honneur de votre bru, Hélène Desmarais, car Pauline y était avec son mari, Claude Blanchet ainsi que tous vos amis fédéralistes, y compris vos deux grands amis péquistes Lucien Bouchard et Henri-Paul Rousseau ?

    Voir ici : http://www.iforum.umontreal.ca/Forum/2006-2007/20070522/au_6.html

    Pierre Cloutier

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