Professeur de collaboration

Lettre à Benoît Aubin

Feriez-vous partie des médias d’anesthésie d’identité nationale ?

Tribune libre de Vigile
samedi 3 septembre 2011
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Monsieur Aubin, votre texte du vendredi 2 septembre 2011

Il y a eu un p’tit moment d’inattention ici : vous avez raté un fait capital dans la politique québécoise des dernières décennies, c’est que depuis Lucien Bouchard, le PQ n’est plus indépendantiste… Exemples les plus récents, cette semaine même, pendant que Mme Marois avait tous les micros lors de sa réunion de Saguenay, le PM Harper nous a passé sous le nez de belles provocations, les forces armées royales et son directeur des communications francophobe (Persichilli), et jamais elle n’a saisi l’occasion de mettre en évidence le rejet du Québec et du français par le Canada.

C’est d’ailleurs son programme de gouvernance provincialiste qui a réveillé les indépendantistes. Ils ont compris que son idéal d’alternance avec le PLQ constitue une abdication de la maîtrise d’œuvre des affaires au Québec par les Québécois, sans interférence de l’autre nation.
Feriez-vous partie des médias d’anesthésie d’identité nationale ? C’est depuis Wilfrid Laurier, Louis Saint-Laurent, en passant par Trudeau, Chrétien et son Paul, que le Canada utilise des PM à nom français pour proclamer que « la majorité francophone est bien installée aux commandes ». Et des beaux noms français comme Aubin font encore mine d’ignorer que ces « chefs » sous haute surveillance à Ottawa font des métastases au Québec pour rapetisser l’État jusqu’à l’impuissance d’action (Caisse Dépôt, Bourse…). Et la mauvaise foi (savoir que l’on ment) culmine quand on va prétendre à une tolérance du Québec à travers le Bloc et NPD… L’avenir proche révélera le plan machiavélique (médiatique) de l’union tacite des Conservateurs et du NPD pour enflammer le bon Jack qui allait leurrer les votants mous vers la déroute libérale et bloquiste.

C’est en effet en l’absence de médias québécois libres que le peuple a perdu sa résistance, son sens critique. Il ne sursaute plus à lire que les immigrants apprennent le français alors que Montréal est placardée d’anglais, unilingue. Le peuple laisse même dire que la menace environnementale ne vient pas d’Ottawa pendant que c’est justement l’émissaire Charest qui est au pillage systématique des ressources naturelles et au blocage des énergies non fossiles. Le peuple se laisse dire que le monde a changé mais que ses aspirations souveraines ne sont pas aussi nobles que celles des autres peuples.

M. Aubin, resaisissez-vous, vous faites le jeu du canadianisateur, de l’hypnotiseur. Vous jouez du PQ comme s’il s’agissait de notre emblème, notre idéal alors qu’il est tombé en disgrâce depuis qu’il refuse de nous présenter à l’élection générale l’option de l’indépendance économique, culturelle, et géopolitique. Vous croyez même convaincre en qualifiant d’ex-péquistes les plus résignés assimilateurs : Lucien des pétrolières et Legault, le paravent de son fantôme ultra-fédéraliste.

Bref, vous retardez, avec votre conclusion de bonhomme sept-heures qui prédit au PQ le sort du Bloc. Les indépendantistes n’ont pas attendu le 2 mai 2011 pour travailler à rassembler leurs diverses sections dans le but d’offrir une option claire au vote, le plus tôt possible. Les États Généraux de l’Indépendance (EGI) que Pauline fait mine de prendre comme planche de salut pour son avenir personnel lui signifieront clairement le choix : le PQ redevient indépendantiste ou il fait place à un parti que ne cachera pas son objectif.

Commentaires

  • O, 4 septembre 2011 13h58

    Les chroniqueurs des médias orientés cherchent à « normaliser » le Québec. Leur mission est de sécuriser la population dans l’état d’imbéciles heureux. Aubin dit : « …les péquistes ont rempli la mission qu’ils se donnaient dans leurs slogans du début. Ils ont redonné le Québec aux Québécois, ils ont contribué à faire du Québec une société à peu près « normale » selon le mot de Camille Laurin. Aucune des injustices qui ont mené à la création du PQ n’est encore un facteur aujourd’hui… »

    Et pour enfoncer le bouchon, il lui faut culpabiliser les Québécois en ajoutant : « Et les problèmes qui menacent le développement du Québec sont de juridiction provinciale : langue, éducation, santé, mauvaise gouvernance, improductivité… viaducs ! »

    Or, il est là, le vice du discours : le Québec province, il est géré par qui, depuis 20 ans ?... Le fédéralisme canadien s’est donné les moyens de « normaliser » cette province en l’appauvrissant, par la délocalisation de l’emploi et la neutralisation de l’enseignement ! Dans le cahier ALPHABÉTISATION du Devoir de ce weekend, une experte, Maryse Perreault, titre : « Notre système scolaire produit des analphabètes et les abandonne ».
    http://www.ledevoir.com/societe/education/330606/l-analphabetisme-au-quebec-un-fleau-pour-toute-la-societe

    Comme conséquence de ces 800,000 personnes incapables de comprendre un texte, elle donne l’exemple des salariés d’Electrolux sauvagement fermée sans avis. « Ce sont des gens qui n’ont pas dépassé le secondaire 3… Quelque 40% d’entre eux ont moins de 46 ans. Il s’agit de notre main-d’œuvre pour encore 15-20 ans. Or leur niveau ne leur permet pas de suivre une formation continue pour s’adapter au marché du travail. Ils vont se retrouver au chômage ou accepter une voie de garage à la moitié de leur salaire actuel. Des cas comme celui-là, il y en aura de plus en plus à l’avenir. Le problème est donc loin d’être marginal, mais il est traité comme tel dans les priorités gouvernementales. »

    Dans le même journal, P. Bélanger, de l’Observatoire compétences travail, confirme que l’informatisation a transformé le monde du travail : « Le degré des compétences de bases des personnes ne répond plus adéquatement aux exigences du marché du travail. « 

    Et un autre : « Auparavant on parlait, aujourd’hui on « tchatte ». Pour nos analphabètes, les grandes avancées de notre temps, Internet en tête, font connaître une rétrogradation encore plus forte dans l’échelle de l’intégration sociale… société dont plus d’un étudiant, souvent même au temps de sa première année d’études collégiales, n’a qu’une connaissance « sonore » de sa langue maternelle… société où la satisfaction des plaisirs a plus d’importance que l’apprentissage des connaissances… quand conduire même un simple camion est devenu trop complexe, et qu’il faut ainsi, pour plusieurs, se résigner à œuvrer dans une grande surface, voire dénoncer tout syndicat qui refuse les diktats patronaux… »

    Pendant ce temps, au ministère de l’Éducation, on réforme sans fin, au gré des ministres en roulement. En janvier 2008, dans ce même journal, la ministre concluait : -« …il nous faut au Québec revaloriser l’excellence et la réussite scolaire… »
    Quatre ans plus tard, le niveau de littéracie plonge toujours. Sous le gouvernement fédéraliste du PLQ, qui se garde bien d’afficher ce drame social, afin que se continue ce plan de tuer la résistance d’un peuple.

  • François Lacombe, 4 septembre 2011 06h49

    J’ai trouvé ce texte de Aubin bien plus au diapason de la population en générale que les réactions qu’il suscite ici. Aubin rend hommage au PQ d’avoir réussit depuis 35 ans d’avoir contribué à une certaine libération des Québécois, de nous avoir sortie définitivement de l’état de nègres blancs d’amérique. Je suis évidemment en désaccord avec sa conclusion à l’effet qu’il faut s’arrêter là.

    Les forces dites vives du mouvement n’auront jamais été aussi éloignées que depuis juin dernier du peuple qu’elles veulent libérer. Ce n’est pas de bonnes augure pour la suite de la marche vers le pays. On parle beaucoup trop de ce que le PQ fait ou ne fait pas. On est complètement en dehors du peuple actuellement. On doit revenir plus sérieusement et promptement à une valorisation de l’option indépendantiste dans un esprit rassembleur et positif.

  • Roger Warren, 4 septembre 2011 06h08

    Je parle de madame Marois qui n’a certainement pas les réflexes d’une indépendantise devant le fédéral et la monarchie.
    Elle se comporte exactement comme Charest.

  • Serge Savoie, 3 septembre 2011 21h49

    La lettre de Ti-pit Aubin est un bel exemple de terrorisme véhiculé à l’aide de la complicité médiatique de l’Oligarchie canadienne. Le peuple québécois se fait agressé quotidiennement et personne n’a le courage de mener une action décisive pour mettre un terme à cette mascarade illégitime et illégale. Nous pouvons dès maintenant avoir un avant-goût de la désinformation à sens unique que les médias vont nous servir pour neutraliser notre action. Leur stratégie n’a pas changé. Elle est toujours la même. Ils vont utiliser l’arme des arguments de peur massive (APM). Ils l’utilisent maintenant mais personne ne réagit parce que c’est une opération insidieuse qui est administré à petite dose. Il est inutile de se battre car ils sont plus puissants que nous. Nous ne possédons aucun n’instrument de contre propagande. Vous pouvez aller vous recoucher, la guerre est terminée avant d’avoir commencé.

  • O, 3 septembre 2011 20h23

    Roger Warren dit : "J’aimerais bien savoir ce qu’elle aurait à dire pour expliquer son mutisme face aux décisions récentes de Harper." Parlez-vous de la Reine ? Ou bien, si vous parlez de Aubin, (sans doute le connaissez-vous mieux que moi) je lui ai acheminé le texte comme réaction dans son journal. Quant à une éventuelle réaction, habituellement Aubin a du mal à ne pas répliquer.

  • Gébé Tremblay, 3 septembre 2011 14h19

    En fait, c’est une bonne nouvelle que le fédéral souhaite la disparition du français dans le ROC, car ainsi le Québec a toute la légitimité d’en faire autant contre l’anglais à Montréal.

    Mais n’attendons pas la moindre réplique ou action du PQ. Je crois même que Marois est pour plus d’anglais au Québec.

    Qui a besoin de ce PQ là ? Pas les nationalistes, c’est sûr.

  • 3 septembre 2011 14h14

    Bravo Ouhgo !

    Continuez de veiller au grain. La propagande et le PQ doivent rester sous votre loupe.

    Pour ma part, le PQ est et restera toujours un ennemi politique. Réformé ou pas, il ne sera jamais autre chose qu’une abjection politique avec sa clique parlementaire électoraliste, ses permanents et sa culture associationniste. Après 40 ans de mauvais choix, ce parti, né sur une équivoque, la souveraineté-association, est irréformable. Il est pourri au point, que, même ses démissionnaires, des carriéristes qui véhiculent la culture souverainiste, sont une nuisance politique pour le Québec.

    Pour l’avancement de la cause indépendantiste, ce parti doit disparaître, tout comme le BQ. Il est temps que les faux agents du changement soient éliminés de la carte politique du Québec.

    Je nous souhaite la création d’un premier parti indépendantiste rassembleur, dynamique, avec un programme aussi complet que l’était celui du RIN. Le programme d’un pays, qui englobera toutes les juridictions, incluant celles dont s’est emparé l’occupant canadien.

    Vive l’indépendance du Québec, sans aucune association avec le Canada ennemi !

    Michel

  • Roger Warren, 3 septembre 2011 12h36

    J’aimerais bien savoir ce qu’elle aurait à dire pour expliquer son mutisme face aux décisions récentes de Harper.
    Mais,qui lui fera lire votre commentaire ? Et qui lui demandera une réaction ?

  • Lionel Lemay, 3 septembre 2011 12h33

    Bravo Ouhgo !

    Le PQ a été fondé pour faire le pays du Québec et non pour prendre la direction d’une province soumise aux volontés d’une colonie dont les lois sont soumises à l’approbation d’un gouverneur général représentant la Reine d’Angleterre.

    Je décroche du PQ tant que ce parti ne retrouvera pas sa fonction première et que son chef ne fera pas la promotion de la souveraineté en faisant connaître tous les avantages qui en résulteraient si les $43 milliards d’impôts que nous donnons au Canada restaient au Québec. Toutes les installations fédérales au Québec appartiennent aux Québecois parce que nous avons toujours payé 25% et plus de toutes les installations au pays, de Halifax à Vancouver.
    Les pensions de sécurité sociale pourraient même être augmentées en les administrant par la RRQ, éliminant ainsi le dédoublement des frais administratifs.

    Si les dirigeants du PQ qui veulent faire la promotion du pays en devenir se lèvent et reprennent la barre du gouvernail, je rembarquerai dans le navire.

    Lionel Lemay

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