Comme nombre d’indépendantistes québécois, je me suis fait un devoir d’assister à quelques-unes des fêtes de la journée nationale des Patriotes, ce qui m’a permis d’échanger avec plusieurs partisans de notre cause.
J’ai été étonné de constater que plusieurs militants, que le journaux se plaisent à qualifier de purs et durs, se rangent actuellement derrière Pauline Marois, se disant en mode attente.
Mme Marois n’a jusqu’à maintenant rien dit de substantiel sur le mode d’accession du Québec au statut de pays, mais plusieurs espèrent un miracle et se disent satisfaits de voir qu’elle semble vouloir faire place à tout le monde au sein du PQ.
Et quand je soulève le fait que nous, les radicaux, sommes contre un troisième référendum parce que nous refusons de tomber dans ce piège, ils nous regardent comme si nous étions des extra-terrestres !
Quand j’ai dit cela à Mme Hélène Pednault, du Conseil de la Souveraineté, lors de l’hommage à Andrée Ferretti, elle a semblé tomber des nues. Est-ce à dire que la classe politique indépendantiste n’a jamais pris connaissance des idées du MES ?
Est-ce à dire qu’ils se ferment les yeux vers les autres solutions, dont celle évoquée ici même par l’avocat Éric Tremblay (Notre situation est unique dans celle du monde moderne) ?
Le jour où le PQ et le Bloc auront une position claire et ferme sur le mode d’accession à la souveraineté, je serai heureux de me rallier, mais en attendant permettez-moi d’avoir des doutes.
Si nos leaders indépendantistes (je préfère ce mot à souverainistes) arrêtaient d’avoir peur et posaient des gestes concrets pour nous conduire vers le pays, j’arrêterais de croire qu’ils n’ont aucun sens révolutionnaire, mais quand je les entends dire qu’ils attendront que le bon peuple les supplie de faire un référendum, je rage de constater qu’ils n’ont aucune vision d’avenir, aucun sens du leadership. N’a pas l’étoffe d’un chef d’Etat qui veut, n’est-ce pas ?
J’ai même entendu d’autres affairistes du PQ prétendre que le parti va créer des instruments et des leviers financiers pour assurer au Québec sa souveraineté, mais sans parler d’indépendance.
Ben oui, on va faire l’Indépendance, mais on ne le dira à personne ! Plus colonisé que ça, tu meurs.
À quand un parti vraiment indépendantiste qui, une fois élu, adopte une constitution de pays et rapatrie au Québec tous ses pouvoirs ?
Si le PQ persiste à s’enfermer dans une stratégie de trappe référendaire, il va falloir le fonder ce parti révolutionnaire.
Pierre Schneider
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