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Les "vous" bourgeois et les "nous" immigrants de Marco Micone
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
samedi 22 mars 2008      493 visites      8 messages


Après l’échec d’une tentative de compréhension de Speak What comme si c’était un texte autonome et devant le silence gênant de l’auteur qui n’a pas répondu à mes questions légitimes, en toute logique, comme j’ai écrit ici que j’avais l’intuition que le poème de Marco Micone n’était peut-être pas le petit frère de Speak White mais son parasite, je suis dans l’obligation de m’expliquer.

La démarche même de pastichage m’oblige à mettre son texte en parallèle avec le chef-d’oeuvre (1968) de Michèle Lalonde, la magnifique blonde, cet archange de la nuit de la poésie.

Speak White, c’est l’ordre donné aux prolétaires "de Saint-Henri à St-Domingue" par les impéralistes anglais et américains, "de Westminster à Washington" : ce sont eux qui disent impérativement : "Speak white". A qui donnent-ils cet ordre de parler anglais ? Entre autres, à nous, les Canadiens français dont la langue est menacée en Amérique du Nord. "Nous sommes un peuple inculte et bègue "

Nous n’avons "que les chants rauques de nos ancêtres et le chagrin de Nelligan".

La langue anglaise "quelle admirable langue pour embaucher donner des ordres" pour parler "production profits et pourcentages" "pour acheter". L’anglais, speak white, "c’est une langue universelle" "comme à Wall Street". Quant à nous "rien ne vaut une langue à jurons" ; "notre parlure (n’est) pas très propre".

En parallèle à cette expression "Speak White" dont l’épaisseur historique est considérable et préexiste au poème de Michèle Lalonde, mais que le poème de Lalonde intègre parfaitement pour dénoncer l’impéralisme politique, économique et linguistique anglo-saxon sur lequel "le soleil ne se couche pas" dans un texte de protestation qui exprime la solidarité des Canadiens français avec tous les opprimés de la terre et qui annonce et souhaite leur révolte, vous avez l’expression "Speak What" (1989) qui vient de nulle part, qui n’a aucune épaisseur historique dont personne ne sait le sens exact et je me demande si l’auteur lui-même le sait puisqu’il n’a pas daigné l’expliquer et qui ne pourrait avoir pour fonction que de jeter de la dérision sur le poème de Michèle Lalonde en déformant son titre.

Qui dit Speak What ? L’Anglais dit : Speak White. Dans le texte de Micone : "Il est si beau de vous entendre parler de la Romance du vin et de l’Homme rapaillé", le "vous", ce sont les Québécois francophones. "Nous sommes cent peuples venus de loin", le "nous", ce sont les immigrants. Mais le "vous" n’est pas homogène. "Comment parlez-vous dans vos salons huppés vous souvenez-vous du vacarme des usines and the voice des contremaîtres you sound like them more and more." La bourgeoisie canadienne-française bilingue de Paul Desmarais à Laurent Beaudoin parle aussi anglais et ressemble à la bourgeoisie canadienne-anglaise : les deux bourgeoisies parlent "production, profits, pourcentages" et "personne ne vous comprend ni à St-Henri ni à Montréal-Nord". "Nous (les immigrants) y parlons la langue du silence et de l’impuissance", c’est-à-dire le français. Micone dit au "vous" : "Parlez-nous de votre Charte" ;"Imposez-nous votre langue". "Nous vous parlerons avec notre verbe bâtard et nos accents fêlés du Cambodge et du Salvador du Chili et de la Roumanie de la Molise et du Péloponnèse". "Nous sommes cent peuples venus de loin pour vous dire que vous n’êtes pas seuls." C’est ce que Micone identifie comme un appel à la solidarité entre les immigrants et les Canadiens français. Bien. Sauf que...

***

Dans le texte de Micone, les immigrants sont dans la même situation de dominés que les canadiens-français à qui les Anglos veulent imposer la langue anglaise. La bourgeoisie québécoise veut imposer la langue française aux immigrants qui vont perdre leur langue maternelle (Micone a enseigné l’italien à Dawson). (Voyez Christine St-Pierre, émouvante d’ouverture, qui dit accepter qu’un Grec raconte des histoires en grec à la maison à son enfant avant de s’endormir... comme si les nationalistes menaçaient de l’interdire)

La Magna Carta des Anglais est mise en parallèle avec la Charte de la langue française.

Les francophones du Québec veulent imposer la langue française aux immigrants comme les Anglais veulent imposer la langue anglaise aux Canadiens français. Pour Micone, il y aurait donc un impérialisme canadien-français comparable à l’impérialisme anglo-saxon et les immigrants seraient ainsi dans la même position que les Canadiens français. La bourgeoisie canadienne-française est associée à l’impérialisme anglo-saxon. Pas surprenant que le marxiste Jean-Marc Piotte fasse l’éloge du texte de Micone qui serait ainsi un "poème de gauche" ce qui expliquerait qu’un gars comme Gaétan Dostie, un nationaliste de droite (évidemment), ne puisse le tolérer. Et le texte de Micone, paraît-il, selon ce grand critique Jean-Marc Piotte plus compétent en idéologie qu’en littérature, a mieux vieilli que le Speak White de Michèle Lalonde, ce qui n’est pas du tout mon avis.

Pour moi, "le poème" de Micone est parasitaire. Malgré ses bonnes intentions, il cherche à culpabiliser les francophones du Québec qui veulent intégrer les immigrants en les francisant. Ce texte dit de gauche est à la littérature québécoise l’équivalent du vote massif des anglos et des immigrants (pour le Non et) pour le Parti libéral de Jean Charest qu’ils maintiennent artificiellement au pouvoir (lire Jacques Noël). Solidarité je t’appelle, comme dit la chanson de Jacques Michel. On l’attend toujours...

Je terminerai par une citation capitale qu’on lit souvent en exergue du site Vigile.net et que Marco Micone et le citélibriste René-Daniel Dubois auraient avantage à méditer avant de traiter tous ceux qui ne pensent pas comme eux de crétins ou d’hurluberlus :

"Volonté de puissance chez les grands peuples, le nationalisme, chez les petits, est une volonté d’être." (Jean Bouthillette) Qui dit mieux ?

Robert Barberis-Gervais, Marie-Victorin, la veille de Pâques, 22 mars 2008

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —



Vos commentaires:
  • Les "vous" bourgeois et les "nous" immigrants de Marco Micone
    22 mars 2008, par Rassuré

    Monsieur R. B.-G.,

    Après tant de correspondances aussi troubles(ou fourbes) les unes que les autres, vous avez pris la peine d’exposer une réflexion et une explication fort plausible et éclairante sur les perceptions que nous puissions avoir de ce "pastiche". Vous osez aussi apostropher les juges qui "qualifient" leurs antagonistes. Je vous remercie pour nous aider enfin à y voir clair... en tout cas à parler de façon très persuasive.


  • Les "vous" bourgeois et les "nous" immigrants de Marco Micone
    22 mars 2008, par Raymond Poulin
    On dit souvent que nous avons la couenne épaisse. À ce que je vois en vous lisant et en lisant Dostie, j’éprouve plutôt l’impression que nous l’avons pas mal plus mince que nous ne le croyons. Dommage.
  • Les "vous" bourgeois et les "nous" immigrants de Marco Micone
    22 mars 2008, par Jean-Pierre Dubé

    Fort dommage que M. Barberis-Gervais et M. Dostie réagissent aussi négativement. Ont-ils compris la poésie ? Ont-ils compris la littérature ?

    Tout est reprise et élaboration sur une pensée antérieure.

    Le poème de M. Micone tente de se greffer à NOTRE CULTURE. Peu importe même les mots qu’il peut utiliser, l’idée au départ est belle et réjouissante.

    Vous faites du tort à ce que vous croyez défendre.

    Les blessures d’Octobre 70 et compagnie peuvent être encore vives, c’est la Superstructure au-dessus de notre peuple qu’il faut viser et atteindre, pas un poème d’un nouveau Québécois parmi nous depuis longtemps qui tente de ramifier notre peuple à tous les autres ...

    J’ose espérer qu’un jour vous le comprendrez et demanderez excuse à M. Micone.


  • Les "vous" bourgeois et les "nous" immigrants de Marco Micone
    23 mars 2008, par Gaston Boivin

    J’ai fait comme vous, j’ai lu et relu le poème de monsieur Micone, beaucoup plus que dix fois, et j’ai beau le lire et le relire, je ne suis vraiment sûr de rien : S’agit-il d’opprobre ou d’approbation ? S’agit-il de solidarité avec le peuple québécois francophone dans son combat pour la reconnaissace factuelle de son existence sur le territoire qu’il occupe et pour la sauvegarde et la prédominance de sa langue sur ce territoire ou encore de solidaité avec son prolatériat ? S’agit-il d’un appui à la prédominance du français ou d’un appui aux immigrants pour la langue de leur choix ? Les mots à certains endroits suggèrent une interpétation et à d’autres..son contraire. Et ce titre "So What", il me semble narquois. Est-ce vraiment son intention ? Quel bel exercise d’ambiguité ! Aussi, dans vos commentaires au texte de monsieur Micone, j’ai apprécié les questions que vous lui y aviez posé et, comme vous j’ai été déçu qu’il n’y réponde pas. Des précisions de sa part auraient pu éviter tout imbroglio si tant s’en faut qu’il n’y en ait pas. Évidemment si cet imbroglio n’en est pas un et qu’il s’agit vraiment d’un appui et d’une manifestation de solidarité à l’endroit du peuple francophone du Québec et à son désir d’affirmation de sa différence majoritairement française sur le territoire qu’il occupe, notamment par la prédominance de sa langue, il s’agit là alors d’un très beau geste d’ouverture et de compréhension, et, à ce moment-là, je dis "Bravo" et c’est certain alors que je me laisserai gagner par l’émotion, avec la seule réserve de reprocher à monsieur Micone de confondre la lutte d’un peuple pour sa reconnaissance factuelle sur le territore qu’il occupe avec celle d’un immigrant souvent exploité économiquement comme prolatériat ou avec celle de l’immigrant qui cherche à maintenir le plus longtemps possible les traits caractéristiques propres aux citoyens de son pays d’origine, ou avec celle de l’immigrant qui désire avoir le libre choix entre l’anglais et le français. Qu’en est-il exactement ? Seul monsieur Micone le sait exactement.

    Samedi paraissait sur ce site un texte de monsieur David Wormaker relativement au poème de monsieur Micone et à la polémique qu’elle a pu susciter. J’ai fait parvenir sur un site un texte pour y donner suite qui, malheureusement n’a pas été publié. Mon texte empruntait lui-même le genre d’ambiguité décelée dans le poème de monsieur Micone, considérant que je n’étais sûr de rien à la lecture de ce poème et que je ne voulais pas, par mes obsevations et allusions à son propos, prendre partie pour aucune des interprétations que j’en pouvais faire. J’avais pris soin cependant de biffer le dernier paragraphe de ce texte, car il semblait prendre parti pour l’une de ces interptétations, principalement en raison du titre même du poème, de l’allusion de monsieur Micone au fait que nous serions devenus maintenant cet oppresseur que nous abhorrons depuis la Conquête anglaise, et principalement en raison de cette partie du poème de monsieur Micone :

    "Nous vous dirons notre trépas avec vos mots pour que vous ne mourriez pas."(que j’ai pris comme un reproche en raison des deux autres éléments déjà susmentionnés, alors que ce pouvait également être tout le contraire, à savoir l’expression d’une volonté de se fondre dans cette majorité québécoise francophone.)

    Ce qui est pour le mois curieux, c’est que cette interprétation rejoint sensiblement la vôtre, voici ce texte biffé :

    Qui suis-je , pour vouloir investir en culpabilté la douleur d’un peuple à qui l’on refuse l’existence réelle et pour, fort de ses préjugés, mais sous couvert de l’ouverture, du haut de son regard biaisé, lui crier que, finalement, il est devenu lui-même cet opprimeur qu’il dénonce, parce que, désormais, il souhaite que les immigrants qui débarquent sur son territoire ne contribuent plus à sa disparition mais plutôt à sa survie et à sa vitalité....Une atteinte au sacré ?..Non, mais une réaction à un manque de doigté et de respect, oui ! Et tous ceux qui débarquent aux Québec en choissant d’y vivre en anglais pour grossir à notre détriment les rangs de l’envahisseur, lui disent-ils également :

    "Nous vous dirons notre trépas avec vos mots pour que vous ne mourriez pas."

    Évidemment, tel que déjà susdit, cette partie du texte a été biffée lors de l’envoi parce que je n’étais pas plus certain de cette interprétation que des autres, ce qui est toujours le cas actuellement. Si vous désirez connaître la teneur du texte expédié et non publié, demandez à monsieur Frappier de me communiquer votre adresse émail, et je vous l’expédirai à cette adresse, à moins que vous ne lui demandiez si son influence ne lui pemettrait-elle pas de vous en obtenir une copie et de vous la faire parvenir.

    Si les intentions de monsieur Micone ne vont pas dans le sens de cet imbroglio et de toutes ces interprétations qu’on aura alors pu en faire, et qu’elles soient nobles et favorables à la cause du peuple québécois francophone, il doit, avec raison, être fort peiné de tout ce vacarme et se sentir, il va de soit, comme ce bon samaritain qu’on écarte, comme s’il voulait commetre une agression, alors qu’au contraire il voulu poser un geste d’amour et de bonté. Et si c’est le cas, j’en suis moi-même chagriné pour lui et lui adresse mes regrets et mes excuses. Mais voilà, je ne connais pas monsieur Micone, ai uniquement lu son poème et y décèle une certaine ambiguité qui me laisse sujet à plusieurs interprétations et monsieur Micone n’a pas répondu aux demandes d’explication que vous lui avez adressées, qui auraient pu, une fois pour toutes, mette fin à cette controverse,.. et, peut-être aussi, justement parce qu’il est très blessé par toute cette histoire.


  • Les "vous" bourgeois et les "nous" immigrants de Marco Micone
    23 mars 2008, par Gilles

    Je ne prétendrai pas m’imiscer en exégète dans ce débat, je n’en ai pas la capacité. Je ne sais pas quelles étaient les véritables intentions de monsieur Micone. Mais je vois bien comme tout le monde que le doute est installé.

    La blessure des québécois est profonde. Je continue de la ressentir moi-même. Entre l’huile ou l’eau versée sur le feu, l’huile l’amplifie, l’eau produit parfois une boucane épaisse sans toujours l’éteindre et qui souvent n’a que la vertu de le cacher.

    Je voudrais simplement rappeler qu’aujourd’hui on ne nous dit plus Speak White dans les dépanneurs et autres lieux publics. On nous dit simplement I’m sorry...

    Mais entre vous et moi, speak White ou speak What, quelle est la différence ... ?


  • Les "vous" bourgeois et les "nous" immigrants de Marco Micone
    23 mars 2008

    M. Gilles,

    "Mais entre vous et moi, speak White ou speak What, quelle est la différence ... ?"

    Si j’étais l’esclave noir qui se le fait crier par la tête à la journée longue, j’y entendrais un sens FORT DIFFÉRENT.

    Et l’intention du MOT reporté chez toute autre MINORITÉ est demeurée la même. "Don’t make no mistake !"


  • Les "vous" bourgeois et les "nous" immigrants de Marco Micone
    24 mars 2008

    Correction : Micone a enseigné au collège Vanier et non pas au collège Dawson. Son parcours est intéressant. Voilà pourquoi je vous en informe. Je ne sais pas si ça peut avoir une influence sur la compréhension de son poème.

    Marco Micone 1945 -) est un écrivain et dramaturge québécois.

    Né à Monte Longo en Italie, il débarque à New York en 1958 à l’âge de 13 ans, accompagnant sa mère et son frère (Michel) plus âgé. Son père gagne sa vie à Montréal depuis déjà sept ans. Sa mère, son frère et lui rejoignent le père à Montréal au mois de février, en plein hiver.

    Il affirme que l’école Saint-André-Apôtre dans le quartier Ahuntsic de Montréal aurait refusé son inscription et celle de son frère. Il termine sa septième année dans une classe française de l’école italienne Saint-Philippe-Benezi. Il complète ses études secondaires au Pius 10 Comprehensive High School, une école catholique anglophone, fréquentée très majoritairement par des enfants d’immigrants italiens. Il garde un très mauvais souvenir des quatre ans passés dans un établissement de langue anglaise, lui qui désirait aller à l’école française.

    Néanmoins, le programme d’enseignement qu’il suit comporte la lecture d’œuvres de langue française. C’est en lisant Petite poule d’eau de Gabrielle Roy qu’il découvre la littérature québécoise.

    Il choisit d’étudier les littératures québécoise et française au collège Loyola, dans l’ouest de l’île de Montréal. Il obtint sa maîtrise à l’Université McGill en 1971. Son mémoire porte sur l’œuvre du dramaturge québécois Marcel Dubé.

    Pendant les années 1970, il milite pour un Québec français et il se joint au Parti québécois.

    Le thème majeur de son œuvre est la lutte contre l’intolérance ethnique et linguistique. Il s’intéresse au dialogue interculturel, particulièrement entre les Italo-Québécois et le reste de la population québécoise.

    Il a publié le poème Speak What en réponse au Speak White de Michèle Lalonde.

    Il enseigne l’italien au Collège Vanier. Il a deux enfants, qu’il a envoyé à l’école Saint-André-Apôtre, celle-là qui l’avait refusé à son arrivée au pays. Référence : Wikipedia qui donne la liste de ses oeuvres. Robert Barberis-Gervais, Longueuil, 24 mars 2008


  • Les "vous" bourgeois et les "nous" immigrants de Marco Micone
    21 avril 2008, par Marc Authier

    Il n’y a pas de différence majeure vous savez. Marco Micone devrait savoir une chose. L’italien en Europe comme toutes les autres langues indo-européennes, est menacé par la marginalisation.

    Il est tellement triste que certains Italiens du Québec ne comprennent pas cela. Notre tristesse et notre frustration n’a rien d’ethnocentrique. Et si l’Italie ou tenez, si la France elle-même, était une province des USA ou du Canada et que les Italiens ou les Français vivaient la même situation, que penseraient-ils ? Une bonne partie sans doute comme ici, s’en fouteraient royalement. Hélas. Je pense que c’est cette attitude qui nous perdra tous.

    Monsieur Micone a peut-être raison. Nous sommes peut-être trop pessimistes. Mais encore, je le sens dans mon âme Monsieur Micone ce glissement à peine perceptible vers la marginalisation et l’irlandisation du Québec.

    L’italien, le français et une foule de langues dans le monde, ne survivront pas longtemps. Le Québec, cette toute petite petite petite île, qui ne demandait que l’on lui foute la paix, isolée dans un océan anglophone, n’aura pas longtemps à vivre si nous continuons à pratiquer la politique de l’autruche. Pirandello ou Fellini pas juste Gilles Vigneault ou Félix Leclerc, deviendront sans importance. Vous c’est beaucoup nous et nous c’est beaucoup vous.


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