J’ ai voulu connaître exactement la position officielle du Bloc québécois quant au massacre qui a lieu à Gaza. Voilà ce qu’on peut trouver sur le site du parti.
Situation dans la bande de Gaza - Le Bloc Québécois demande l’intervention des Casques bleus pour assurer l’acheminement de l’aide humanitaire
Ottawa, lundi 29 décembre 2008 – Le porte-parole du Bloc Québécois en matière d’Affaires étrangères, Paul Crête, demande au premier ministre du Canada, Stephen Harper, de faire preuve de leadership au plan diplomatique pour qu’une force d’interposition onusienne intervienne rapidement dans la bande de Gaza afin de permettre notamment l’acheminement de l’aide humanitaire.
« Le Canada ne peut se contenter de simplement reconnaître le droit d’Israël de se défendre. Il est vrai que les tirs du Hamas sur le territoire israélien qui perdurent depuis trop longtemps sont inacceptables, tout comme le refus du Hamas de reconnaître le droit d’Israël d’exister. Cependant, pour éviter d’être accusé d’avoir choisi ce moment précis, soit juste avant les élections israéliennes et l’entrée en fonction de l’administration Obama à Washington en janvier, pour riposter avec une telle vigueur, le gouvernement israélien doit permettre l’envoi des casques bleus et l’établissement d’un corridor sécuritaire pour que l’aide humanitaire puisse entrer dans la bande de Gaza » a déclaré Paul Crête.
« Les populations israélienne et palestinienne ne doivent pas être prises en otages. Le premier ministre du Canada ne peut rester les bras croisés. Stephen Harper doit multiplier les pressions pour que la force d’interposition sous l’égide de l’ONU voit le jour » a conclu Paul Crête.
On remarquera que le Bloc commet à toutes fins utiles les mêmes mensonges que la plupart des politiciens occidentaux en ce qui concerne le Hamas et le « droit de se défendre » d’Israël, comme si le Hamas n’était qu’un vulgaire groupe terroriste, comme si toutes les roquettes tirées par le Hamas pendant dix ans n’avaient pas fait que quatre victimes, comme si la troisième force militaire du monde vs un camp d’un million et demie de réfugiés privés de carburant, de médicaments, d’eau et de nourriture, sans voie de passage vers ailleurs que la bande de Gaza, où Tsahal arrête, torture et assassine qui elle veut, une population sans marine, sans aviation, sans tanks et sans artillerie lourde, pouvait représenter tout simplement un danger mortel pour Israël. Comme si, voilà soixante ans et avec la bénédiction des gouvernements occidentaux, on n’avait pas volé la terre aux Palestiniens, comme si on n’avait pas détruit 4000 de leurs villages, comme si on ne les avait pas refoulés hors de leur pays, comme si on n’en avait pas assassiné des dizaines de milliers. Affirmer une équivalence entre les deux parties relève de la tromperie.
La seule différence entre la position de Harper (de Bush, d’Obama) et celle du Bloc, c’est le pleurnichage humanitaire et la demande de Casques Bleus, ce que le Bloc sait impossible. À moins d’être une bande d’illettrés ou d’abrutis, les députés du Bloc et son chef savent de quoi il retourne. Le Bloc se conduit dans cette histoire en hypocrite.
Évidemment, ce n’est pas le seul parti, au Canada ou ailleurs, à baisser son froc devant Israël, et ses députés ne sont pas les seuls Occidentaux à souffrir de schizophrénie politique, d’aveuglement et d’aphasie lorsqu’il s’agit de l’État juif, même et surtout lorsque ce dernier se comporte comme un monstre enragé que des centaines de milliers de juifs dans le monde désapprouvent et même dénoncent.
J’ai appuyé le Bloc depuis sa naissance. Mais, pour reprendre une formule connue, je n’ai pas voté pour ça. J’ai beau être conscient des contraintes électorales et politiques, j’ai beau comprendre que le Bloc doive parfois ménager la chèvre et le chou et, à l’occasion, avaler des couleuvres, celle-là ne passe pas. La diplomatie et les petits calculs doivent s’arrêter aux portes de la conscience lorsque l’enjeu force à choisir entre cautionner la destruction d’un peuple et refuser la barbarie. Dans un tel cas, on ne se contente pas de restrictions mentales accompagnées d’un voeu pieux pour les victimes. Le Bloc n’a rien à craindre, il ne réduira pas le nombre de ses suffrages dans Hampstead en disant la vérité puisqu’il n’en a jamais obtenu un seul.
Raymond Poulin
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
ADDENDUM -
Monsieur Bousquet,
1) Vous en êtes encore à croire que les juifs « contrôlent une bonne partie de la finance mondiale ». Vous allez même plus loin, prétendant qu’ils contrôlent la politique occidentale. Vous répétez la même légende que j’entendais dans les années cinquante, la même dont on retrouve les traces au 19e siècle et même avant. Par ailleurs, les juifs hors Israël sont très loin de tous être sionistes.
2) Ce que l’État israélien et les sionistes (non les juifs en général) contrôlent pour une bonne part, c’est la psychologie et la sensibilité occidentales, en jouant sur les émotions et le sentiment de culpabilité par le rappel constant de l’Holocauste, même si ce génocide ne justifie aucunement la conduite de cet État ni les circonstances de sa création et de son expansion sur des terres usurpées. Cet État a instrumentalisé la mort et la souffrance de six millions de juifs.
3) Ce n’est ni Israël ni les juifs en général qui contrôlent les USA mais ces derniers qui s’appuient sur Israël dans leur tentative d’hégémonie au Moyen-Orient, quitte à lui passer des horreurs dont, au demeurant, ils sont parfaitement capables tout seuls, ce qui se vérifie aisément. Il existe aussi une convergence d’essence religieuse entre certains fondamentalistes protestants anglo-saxons et les juifs sionistes. J’abrège et je simplifie, mais vous avez à votre disposition, pour le temps où nous pouvons encore naviguer librement sur internet, tous les renseignements disponibles de la part d’historiens, d’analystes politiques, de sociologues et de journalistes-enquêteurs indépendants des grands médias appartenant aux oligopoles. Profitez-en bien, car il est probable qu’on fera tout pour que ça ne dure pas.
4) La plupart des États occidentaux, en plus du complexe de la Shoah, suivent la politique de l’Empire usaméricain (et de son acolyte) parce qu’ils le craignent et parce que cela leur permet de participer à l’exploitation du Moyen-Orient, de l’Afrique et du tiers-monde. Les faibles, surtout ceux qui, sans l’être vraiment, se croient tels ont l’habitude, depuis toujours, de hurler avec les loups jusqu’à ce qu’ils se rendent compte que ces derniers risquent de les manger aussi. Comme l’écrivait Benjamin Franklin, ceux qui sacrifient leur liberté pour une sécurité temporaire ne méritent ni l’une ni l’autre. C’est le cas de l’UE, du Canada et, forcément, du Québec.
5) Les partis politiques et les gouvernements sont deux choses qui ne se confondent pas toujours. Le Bloc ne constitue pas et ne constituera jamais un gouvernement. Sa prudence excessive, s’il s’agit bien de cela, ne rime à rien sinon au complexe de la Shoah et à la peur de se faire traiter à tort d’antisémite par les sionistes canadiens et québécois.
6) L’équation antisionisme = antisémitisme, soit le reliquat le plus efficace de la propagande sioniste et israélienne pour faire taire toute opposition, serait neutralisée si nous cessions, justement, de nous censurer comme des imbéciles. À force d’avoir peur de tous les mensonges grossiers que recèle la pensée politiquement correcte, nous devenons de la graine d’esclaves et nous perdons toute dignité. Peut-être est-ce un choix comme un autre( ?), mais ce n’a jamais été le mien, même lorsque j’en subis les conséquences, et ça ne changera pas à 66 ans. La majorité silencieuse, je n’en ai rien à foutre.
Raymond Poulin
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