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Un accommodement religieux déraisonnable
Les québécois esclaves du casher ?
Mortier de la Somme
Tribune libre de Vigile
vendredi 6 novembre 2009      259 visites      5 messages


Selon toute vraisemblance, le fait de posséder une rangée bien à elle, et ce, dans une très vaste proportion des épiceries de la ville de Montréal (et de ses environs) n’a pas suffi à la communauté juive du Québec. Effectivement, depuis plusieurs années déjà, plus ou moins 75% des denrées (boîtes de conserve, céréales, biscuits, café, liqueurs, etc.) que l’on retrouve dans nos magasins alimentaires sont cashérisés. Les viandes, les produits laitiers et les fruits et légumes frais semblent être les seules exceptions du marché. Ainsi, que ce soit dans une épicerie, dans un dépanneur ou dans un restaurant, non loin de 100% des citoyens québécois mangent casher quotidiennement.

Le coût de l’opération ? Des millions de dollars chaque année. Qui paye ? Tout consommateur achetant ces produits. Il s’avère d’ailleurs très difficile de les contourner puisque trois produits sur quatre sont cashérisés. Il est donc impossible de passer outre cette taxe déloyale sans perdre un temps immense chaque semaine pour faire le tri, sans parler des énormes concessions dans la diversité alimentaire que cela impliquerait.

En prenant en compte le fait qu’au Québec, la communauté juive ne constitue qu’une population d’à peine cent mille membres sur les 7,75 millions d’habitants du Québec, la chose s’avère complètement dérisoire. Mais encore, seulement 35% des gens de confession juive mangent leur nourriture casher. Résultat : non loin de la totalité de la population québécoise paye des millions de dollars annuellement pour une minorité religieuse d’à peine 30 000 personnes. Aussi, la grande majorité de la communauté juive du Québec se situe sur l’île de Montréal. Pourtant, la famille de Roberval ou d’Alma, au lac Saint-Jean, de Rouyn-Noranda ou d’Amos, en Abitibi, ou de Baie-Comeau et Sept-Îles, sur la Côte-Nord, sont contraints de payer pour cette poignée de gens lointains.

Le consommateur n’est cependant pas le seul à payer de sa poche parfois trouée en ce temps de crise. Les entreprises de chez nous sont-elles aussi contraintes de se plier sous le joug de cette loi commerciale. Bien entendu, personne ne les force à cashériser leur nourriture, mais s’ils ne se soumettent à la loi du marché, ceux-ci verront leurs produits refusés par les grandes chaînes distributrices vitales à leur survie. Un reportage de J.E. datant de 2007 donne pour exemple cette entreprise de Victoriaville qui produit depuis cinquante ans le miel Labonté. Selon le président de la compagnie, celle-ci défraie un minimum de vingt-cinq à trente mille dollars annuellement pour combler les désirs exigeants de cette communauté minuscule.

D’autre part, l’entreprise Brasseur Transport de La Prairie a du déboursé trente-cinq mille dollars pour la seule bénédiction de leurs citernes par un rabbin. Ici, c’est sans compter les frais de quinze mille dollars qui s’ajoutent chaque année à ce montant initial exorbitant. Ce qui coûte le plus cher dans cette pratique se situe dans le coût de certification casher, la bénédiction des matières premières et des lignes de production, l’étiquetage, la maintenance et le salaire des employés supplémentaires. Cette création minime d’emploi semble d’ailleurs être le seul bon point engendré…

Comment faire maintenant pour que le québécois moyen puisse identifier ces produits ? Bien que ce ne soit pas toujours évident, la nourriture casher aborde toujours un sigle, si petit soit-il. Bien qu’il y en ait beaucoup d’autre, voilà ceux que l’on retrouve dans la plus large mesure au Québec :

Grâce au reportage de J.E. rediffusé à la demande générale, le voile a commencé à tomber, mais la majorité des Québécois est toujours inconsciente de cette mesure à grande échelle qui se révèle être, fort probablement, notre accommodement le plus déraisonnable.

Source : J.E.

Lien officieux du vidéo : http://www.dailymotion.com/video/x24abs_halal-kacher-combien-coute-le-racke_politics





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Vos commentaires:
  • Les québécois esclaves du casher ?
    7 novembre 2009, par Jean-François-le-Québécois
    Et oui ! C’est un exemple parmi d’auttres, mais bien concret, du genre d’attitude dite de deux poids, deux mesures à laquelle une certaine communauté, parmi nos différentes minorités ethniques ou religieuses, nous a habitués, avec les années.
  • Les québécois esclaves du casher ?
    7 novembre 2009, par Fleurdelys

    Il ne s’agit guère ici d’un accommodement, mais d’une arnaque qui se fait avec la complicité de nos gouvernants et grandes chaînes d’alimentation. En effet, avez-vous vraiment le choix de ne pas payer pour ce rite religieux auquel vous n’adhérez pourtant pas, quand 75% et plus des produits d’épicerie sont cashérisés ?

    Ceci est un véritable scandale, que la rectitude politique empêche certains de dénoncer, y voyant une forme de tolérance. Cette tolérance est-elle nécessaire ? Est-elle de bon aloi ?

    Tentez de faire la même chose en Israël, juste pour voir, mais à l’inverse : faire payer aux citoyens israéliens un rite religieux auquel ils n’adhèrent pas (par exemple, catholique ou musulman) , en envahissant 75% de leurs rayons d’épicerie... Les rues d’Israël ne suffiraient pas à contenir la colère.

    Ici, on critique un peu et puis on se la ferme, payant à chaque semaine notre facture d’épicerie qui contient 75% de produits cashérisés.


  • Les québécois esclaves du casher ?
    7 novembre 2009

    Fleurdelys dit : "Ici, on critique un peu et puis on se la ferme, payant à chaque semaine notre facture d’épicerie qui contient 75% de produits cashérisés."

    À preuve, ces longues discussions que nous avons tenues ici-même, il y a plusieurs mois, sous la chronique "Vous avez dit..." T-I Saulnier

    J’aime toujours à rappeler l’image du citoyen qui fit cette révélation à la Commission B-T, debout, face au vénérable Charles Taylor, philosophe et théologien (Prix Templeton : 1,9 M$ can.) un ami des religions, mais pas un ami de la laïcité. Le vieillard s’est levé, l’a brutalement interrompu en vociférant, la grosse veine sortie : "Ce que vous faites là, c’est purement du racisme ! Nous ne pouvons pas tolérer ça ici, dans cette enceinte, devant caméra. Veuillez vous rasseoir !" Bouchard n’a pas bronché. Voilà l’atmosphère où se rédigea le rapport Bouchard-Taylor.


  • Les québécois esclaves du casher ?
    7 novembre 2009, par O

    Identification oubliée : Le commentaire rapportant le propos de Fleurdelys commençant par : "Ici, on critique un peu et puis on se la ferme..."

    signature de O


  • Les québécois esclaves du casher ?
    18 novembre 2009, par francis déry

    C’est bien beau la certification kasher.

    Mais j’en voudrais pour assurer l’absence d’OGM ou d’allergènes. Si c’est si facile d’avoir des certifications, pourquoi pas ?



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