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INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 362
Les normes en histoire (Chronique supplémentaire no 22)
Est-il possible à deux collectivités distinctes de posséder en commun une même indépendance ?
Bruno Deshaies
Chronique de Bruno Deshaies
jeudi 23 avril 2009      277 visites      2 messages


« Une société conquérante s’est implantée à côté d’une autre, conquise, qu’elle a cherché, par tous les moyens, à détruire, en l’assimilant ; puis, devant son échec, elle a cherché à la subordonner à ses intérêts. Une subordination à laquelle elle a donné le visage du fédéralisme, ne pouvant ouvertement lui prêter celui de l’État unitaire, mais y rêvant toujours. »
(Bernard Frappier, 2009)

Présentation

On répète, afin d’accréditer le prétendu pessimisme de Maurice Séguin, qu’il a déclaré l’indépendance « impossible », laissant entendre par là l’indépendance qu’un peuple acquiert en quittant un ensemble étatique pour faire cavalier seul.

Or ce n’est pas cette forme d’indépendance que M. Séguin estime impossible mais bien ce qu’il désigne du nom de « co-indépendance » ou d’ « indépendance à deux » pour des nationalités demeurant dans le même système étatique régi par une autorité commune quelconque, qui peut prendre la forme d’une union fédérale comme celle que nous connaissons depuis 1867, mais aussi celle de toute autre structure unissant le Canada-anglais au Québec-français, comme celle dont rêvait M. René Lévesque. Toute association avec un partenaire plus fort économiquement et démographiquement rendra illusoire la souveraineté du plus faible des deux associés : les souverainetés ne s’associent pas sans que l’une d’elle ne disparaisse.

Pour Séguin, l’indépendance pure et dure, quoique d’obtention difficile, n’est pas impossible  : SEULE L’EST, À L’INSTAR D’UN CERCLE CARRÉ OU D’UN VERTÉBRÉ GAZEUX, LA « CO-INDÉPENDANCE » DES FÉDÉRALISTES AINSI QUE CELLE DES ASSOCIATIONNISTES QUI, EN SOMME, ESTIMENT L’IMPOSSIBLE PLUS RÉALISABLE QUE LE DIFFICILE… Si c’est être pessimiste que de penser le contraire, je vous souhaite de le devenir ! Mais en fait, quitte à chagriner ses commentateurs, Séguin ne se jugeait pas pessimiste puisque ses dernières paroles lors de notre dernier entretien en 1982 furent : « Je suis optimiste. »

Le problème du Québec est d’ailleurs bien antérieur à l’union fédérale de 1867 et à l’union législative de1840 puisqu’il consiste en la présence dans le même État de deux peuples, de deux Québec, luttant pour la prépondérance depuis 1763. Quelle que soit la structure nous joignant à lui, le Canada-anglais ne peut que prendre le parti de ce Quebec sans accent aigu contre le Québec de Champlain.

PARFONDOR

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Vos commentaires:
  • Les normes en histoire (Chronique supplémentaire no 22)
    29 avril 2009, par Jacques Dubreuil
    Je crois qu’il faut regarder le problème des relations francophones-anglophones au Québec (et au Canada) en face. Il ne sert à rien d’ignorer ou de cacher ce problème. C’est un problème, la vie exige qu’on le règle... sous peine de mort. D’abord il ne faut pas le nier. Il faut en prendre conscience. Ensuite, ne pas se laisser abuser du fait que les Anglais sont, individuellement, très gentils. C’est vrai, mais il est aussi vrai que collectivement, ils nous sont génocidaires. Non pas qu’ils soient méchants, mais leurs intérêts est de nous assimiler, nous voir disparaître comme l’écrivait déjà si élégamment Durham, fondateur d’une doctrine qu’on peut appeler l’idéologie canadienne officielle, doctrine reprise par tous les premiers ministres du Canada et surtout par un certain Trudeau.
  • Les normes en histoire (Chronique supplémentaire no 22)
    5 mai 2009

    Le Canada-Anglais et le Quebec-anglais

    Monsieur Jacques Dubreuil,

    Un internaute m’a fait parvenir les réflexions suivantes au sujet de votre explication. Je vous les transmets.

    « Un lecteur de la chronique 22 a bien saisi la distinction entre le sujet collectif qu’est le Canada-Anglais et le Quebec-anglais d’une part, et de l’autre les membres y appartenant, qui peuvent être de braves gens. Il fait le départ entre inimicus, εχθροσ – ennemi privé individuel – et hostis, πολεμίοσ – ennemi public et collectif. L’évangile nous enjoint d’aimer et de tendre la joue au premier seulement, mais le français ne dispose que d’un mot pour les deux, d’où la confusion. »

    Bruno Deshaies



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