Présentation
Le souci d’assurer la prépondérance de son mouvement propre sur le mouvement que d’autres lui imposent est une constante pour toute collectivité à toutes les époques de l’histoire connue. Peu importe l’étendard au nom duquel on entreprend cette quête, elle aboutit toujours – même si l’on s’en défend de bonne foi – à ce que l’initiative des opérations revienne, non pas exclusivement mais majoritairement, aux membres d’une ethnie donnée : la vôtre, sinon une autre – en cas d’échec.
Constatons, même si nous la réprouvons, l’immanence du facteur national au lieu de l’ignorer : le Saint-Empire fut davantage germanique que romain ; la Grande-Bretagne davantage anglaise que britannique ; le communisme, davantage russe, chinois, yougoslave et albanais qu’international … en sorte qu’on peut, sans abus de langage, qualifier de nationalisme cette force motrice des collectivités qui les propulse vers le plus grand degré d’autonomie possible. Concédons qu’à certaines époques il fut inconscient mais n’en concluons pas qu’il fût inexistant.
Tandis que le patriotisme relève de l’être ou de l’identitaire, somme toute passif, le nationalisme ressortit à l’agir, qui est la mise en œuvre de forces sociales difficilement contrôlables qu’on ne parvient que très rarement à maintenir dans les limites du raisonnable : mise en œuvre dont nul ne peut prévoir l’issue.
La méfiance à l’égard du nationalisme n’est pas imméritée ; mais on court un risque plus grand à laisser l’activation de ces forces politique, économique et culturelle à un autre peuple que le vôtre. Quand l’issue est funeste, elle l’est moins pour qui dirige que pour celui qui est dirigé ; heureuse, elle l’est davantage pour le premier que pour le second.
PARFONDOR


