Présentation
Autour de l’an 500, le pape Gélase avance une théorie de la relation entre l’Église et l’empereur, en lequel culmine l’État ou res publica. Il contraste l’auctoritas du prêtre à la potestas du roi − on notera le recours ici à deux vocables différents pour désigner la fonction de l’un et de l’autre, ce qui donne à entendre qu’elles ne sont pas de même nature : la première met en jeu la valeur, la seconde le commandement −, et chacun de leur agent exerce sur l’autre sa fonction distinctive en se gardant bien de les cumuler en sa personne : royauté sacrale ni pontificat royal ne sont admis. Selon cette configuration dyarchique, l’Église est dans l’État pour les affaires du monde, l’État est dans l’Église pour les choses divines.
De ces deux fonctions, les circonstances historiques – ou notre nature déchue, si l’on est croyant − feront toutefois en sorte que chacune prétendra se transcrire au plan de l’autre.
Au fil du temps, on aboutira nécessairement aux deux formules qu’a relevées M. Séguin : séparation de l’Église et de l’État ; union de celle-là à celui-ci – et c’est cette seconde formule, dite gallicane voire érastienne, qu’a connue la Nouvelle-France où l’on voyait les évêques assujettis à l’État jusqu’en matières ecclésiastiques.
On comprend dès lors pourquoi la cession du Canada dut tout naturellement leur paraître libératrice, voire « providentielle »…
PARFONDOR
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