Présentation
M. Séguin a montré comment, dans un État regroupant plus d’une nationalité, tout fédéralisme sur-habilite l’ethnie majoritaire d’autant qu’il sous-habilite la minoritaire, en sorte qu’aucune des deux n’est dotée de pouvoirs à raison de son importance numérique réelle. Un fédéralisme équitable dans la distribution des droits et des moyens selon le nombre que chacune des nationalités représente est impossible. « Être un peu moins du tiers, c’est compter pour environ le dixième. » (Les Normes, 1965-1966). Il nous explique dans cette chronique les raisons qui motivent le rejet du fédéralisme par ceux-là mêmes qui l’imposent à leurs minorités nationales mais ne veulent pas se le voir imposer à leur tour.
Les fédéralistes lucides n’adoptent la formule fédérale que s’ils sont assurés d’être la majorité constante dans l’ensemble du pays auquel on l’appliquera et la rejettent dans tous les autres cas : c’est dire que leur adhésion au fédéralisme est conditionnelle et non idéologique. Ils n’y souscrivent qu’à condition d’être le fédérant mais en aucun cas le fédéré placé en situation de minorité permanente. Ils pressentent qu’une minorité fédérée est mise hors d’état, voire hors d’intention, d’agir de son propre chef. Ils n’ont qu’à voir leurs ilotes ivres pour refuser de leur ressembler. Peut-on le leur reprocher ?
PARFONDOR
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