Nonobstant le fait, rapporté à plus d’une reprise ici, que les cérémonies d’ouverture des jeux olympiques de Vancouver ont sciemment ignoré le Québec et, bien sûr, la langue française, et après avoir visionné à plusieurs reprises les ouvertures de ces mêmes jeux olympiques ailleurs dans le monde, jamais je n’ai vu un pays, utiliser ces jeux à des fins aussi bassement politiques.
Fut une époque où je croyais que l’indécence était le fait de se promener en public les fesses à l’air et de montrer à tous nos bijoux de famille. Depuis quelques jours, je me suis aperçu que ce mot, indécence, avait aussi une autre signification. Dans les textes des commentateurs, le mot Canada revient tellement souvent que ça nous donne la nausée. C’est un truc publicitaire. Répétez un mot, un slogan ad nauseam et vous réussirez à entrer de force dans le crâne de votre public ce que vous voulez leur faire croire. Par exemple, le savon à lessive Tide est le plus vendu dans le monde, pourquoi ? Est-il meilleurs que les autres ? Non ! À force de publicité répétitive, les fabricants de ce produit ont réussi à graver dans l’esprit des consommateurs qu’il lavait plus blanc, qu’il était le meilleurs, etc, etc. Publicité=propagande, c’est connu.
Dans le passé, quand on a parlé de propagande, c’était de la propagande nazie, de propagande communiste, soviétique ou chinoise et même viêtnamienne. Dans quel but ?...faire croire à leur population qu’ils vivaient dans le meilleur pays au monde, inculquer la fierté nationale. La vie courante était souvent fort différente de ce que clamait cette propagande.
Au départ, ces jeux ne m’intéressaient nullement. Quand j’ai vu à l’ouverture que le Québec était ainsi bafoué, je ne m’y ai encore moins intéressé. Hier soir, (15 février) j’ai regardé le patinage artistique. C’était tout simplement magnifique. Une pensée a tout de même assombri cette démonstration. Je regardais les athlètes évoluer sur la glace, démontrer tous les efforts qu’ils avaient mis à parfaire ces élégantes circonvolutions et ils me sont apparus comme des soldats. Comment ? L’entraînement des soldats consiste, bien sûr, à acquérir une forme physique parfaite mais aussi on leur bourre le crâne pour empêcher toute réflexion personnelle, pour qu’ils deviennent des robots au service du pays...ou plutôt au service du capital qui le dirige. On fait croire au soldat qu’il va défendre son pays, qu’il est un héros à aller assassiner les gens d’ailleurs. On l’a transformé en une machine à tuer. Pour les athlètes olympique, c’est un peu la même chose. Bien sûr ils ne se déguisent pas en machine à tuer, mais on utilise leur beauté, leur jeunesse et leurs talents dans le but de gagner la meilleure image possible, au service de leur pays, ils seront des héros mais aussi, et surtout, au service de leurs commanditaires et de leur capital. Ça n’a plus rien à voir avec l’olympisme original. Ces jeux sont une très grosse machine à sous et ceux de Vancouver, en plus, sont une propagande fédéraliste indécente. Regardez les athlètes, après avoir gagné, s’enrouler dans l’unifolié, c’est presque jouissif, observez, même les athlètes québécois. Ils sont tellement conditionnés par la propagande qu’ils ne se rendent même plus compte qu’ils sont utilisés comme courroie de transmission du Canada anglais, « coast to coast », de ce ROC qui ne rêve que d’englober les Québécois, ces petits Gaulois revanchards, de moins en moins d’ailleurs. Toutes ou presque toutes les images que vous voyez ont un drapeau canadien en fond d’écran. On y voit une pléthore de drapeaux...c’est indécent....et on nous dit que de montrer ses fesses ce n’est pas beau ? À ces jeux, le Canada montre son c... au Québec et son sourire aux autres, enrobé de son drapeau rouge et blanc qui le recouvre presque entièrement sauf là où il le faudrait.
Ivan Parent


