@ Denis Julien de Lotbinière
Merci de m’apprendre le fait que « La langue française progresse partout sur la planète bleue. » Y compris aux États-Unis au point de voir notre diaspora de paraît-il 10M d’États-Unien d’origine française retrouver la fierté de leurs origines au point de réapprendre le français dans leurs écoles.
Ce que j’ai pu observer de mon côté. Je ne suis pas « fluent » en anglais, beaucoup s’en faut. Or à New York je n’ai jamais eu de difficulté à me faire comprendre puisque sur 100 personnes réunies quelque part on en trouve au moins 2 qui parlent français couramment...
Quant à vos questions sur vos difficultés à vous faire comprendre en France, elles sont dues à plusieurs facteurs, la dissemblance de la langue, du vocabulaire, de la syntaxe n’étant pas le facteur dominant.
L’un deux est l’ethnocentrisme français et son unilinguisme récent qui a été acquis de chaudes luttes, ce qui les faits non seulement réfractaires à l’apprentissage et l’utilisation d’autres langues, mais aussi inaptes à le faire. Ainsi, entre eux, l’accent sera un tare qu’ils cachent ou combattent.
Le plus grand cancre et imbécile relativement à notre accent est le stupide animateur du Tout le monde en parle original, j’oublie son nom, ça va me revenir... Il était représentatif du français moyen morron borné, à l’égard de notre accent. Pour lui ce n’était pas sexy... Comme s’il l’était lui du haut de ses 4pieds8 pour une femme québécoise et il avait le culot de le dire à l’une des plus belles femmes du monde, Audrey Benoit... N’importe quoi !
Or, ce petit monsieur est originaire du sud de la France et a fait un immense complexe de son accent d’enfance, au point à force d’un énorme travail de s’en départir pour faire carrière à Paris... Il en a donc conservé une rancoeur qui lui fait dire que toutes et tous n’ont qu’à faire comme lui et prendre l’accent qu’il faut en perdant le sien... Pauv’ con !
Il y a donc une part de surdité mentale atavique. Mais ce n’est que le terrain propice d’un autre déficit celui-là qui n’a rien à voir avec la connerie précitée. C’est une question d’oreille. Un spécialiste français dont j’oublie aussi le nom observe et analyse l’importance de l’oreille dans l’apprentissage des langues et de la géographie dans la constitution même des langues et de leurs différents accents. Un tel plat pays formera dès l’enfance une telle aptitude auditive qui sera différente comme le ciel de tel pays montagneux, froid, humide ou sec, tel bord de mer, tel désert... Ce qui explique qu’il peut par exemple avec sa science permettre de placer la voix de n’importe qui et par exemple de le faire chanter juste, ce qui pour certaines personnes représente une impossibilité autrement...
Ce qui m’amène à parler aussi du timbre de la voix. Le con dont j’ai parlé ne trouve pas les femmes québécoises « sexy » ( anglicisme soit dit en passant et si la syntaxe était bonne on dirait plutôt « sexïante », pour séduisante, ou attirante, pour contredire ce que vous me dites des anglicismes français qui serait sytaxiquement parlant « corrects », et je note en passant leur « c’est fun » alors qu’il faudrait dire « plaisant », donc « funnant », ou c’est « le fun », « c’est le plaisir » comme nous le disons ), attirantes sexuellement donc, a aussi a voir avec la pose de voix plus grave des Québécoises, ce qui est en France machiste patriarcale synonyme de vulgarité et surtout d’insoumission au critère bandant des mâles français stéréotypés qui fait des femmes des femmes enfants, au timbre haut perché. Incapables qu’ils sont de les voir à leur égal niveau d’âge mûr.
Ce qui a donc aussi à voir avec l’oreille et l’audition. Un timbre haut perché fera telle prononciation, telle intonation qui forme l’oreille.
Tout ça mis ensemble fait que les Français ont un accent anglais impossible. Et cela a à voir avec leur unilinguisme qui en bas âge ne leur présente pas plusieurs langues. La science du cerveau nous apprend que le bébé mis en présence de plusieurs langues pourra les absorber mieux à l’âge ou son cerveau souple, aéré pourra mieux faire circuler les informations utiles engageant à la fois ce qui dans le cerveau gère les sons entendus, les signes qu’ils représentent, bruits, musique ou mots, et ce que le corps peut ensuite en faire en tant que son parlés ou chantés. Je n’entre pas dans le débat qui fait que l’on maitrise par la suite moins bien ou pas telles langues. Mais j’en parle pour exposer le fait que n’étant pas mis en présence très jeune de plusieurs langues, les Français adultes n’ont plus les capacités mentales pour apprendre d’autres langues et les « entendre », pour parler de ce qui nous occupe et répondre à votre question...
Le cerveau adulte paresseux aura fermé les portes des connexions utiles à cet effet et se sera contenté de ce qu’il entend généralement.
Au contraire un cerveau jeune ayant « entendu » au moins une autre langue, d’autres sons, d’autres timbres qu’appellent une autre langue, aura ouvert le chemin de quelque chose qui ensuite plus tard facilitera l’apprentissage de n’importe quelle autre langue, à partir de la maitrise de 3 langues, en bas âge, cela n’a plus de limite et permet que des polyglottes en parlent facilement une dizaine et davantage...
Un excellent reportage télé, dont je n’ai pas les références, faisait récemment état de toutes ces choses.
« ... pouvez-vous me dire pourquoi réunies dans une même pièce, des Français, des Belges, des Suisses, des gens du Luxembourg, de Monaco, du Sénégal, du Mali et de la Côte d’Ivoire se comprennent parfaitement bien et pas le québécois ? »
Parce qu’ils participent depuis des siècles au même espace français. Nous, nous avons été isolés. ET le standard français en Europe s’est par le colonialisme français diffusé partout dans les pays francophones d’Afrique, du Moyen-Orient et en Asie.
Et leurs a priori auditifs pareils. Et, vous remarquerez que plus les francophones sont polyglottes plus ils nous comprennent facilement et rapidement.
Ainsi, c’est une question d’ouverture. Vous remarquerez aussi que le problème se pose dans les courtes phrases, à où le nombre de repères sont les moins nombreux. Dans la phrase courte suivante par exemple, posée à un serveur dans un café, « Avez-vous du lait ? », aura bien des chances de n’être jamais comprise... Pour l’être, il faudrait d’une part qu’ils aient du lait. Or le lait n’occupe pas en France la place qu’il occupe ici ou en Bretagne, ce qui ajoute à la difficulté. ET il vous faudra savoir qu’il ne faut pas prononcer « lait » mais bien « lé »... Faut le savoir, mais une fois qu’on le sait vaut mieux demander de la « crème » ou une « crémette », si c’est pour mettre dans votre café... Ou dire une phrase plus longue comme « avez-vous du café au lait »... « Du café quoi ? » « Avec de la crème » « Vous n’y pensez pas... Vous êtes Québécois !? Vous connaissez mon neveu, il habite Montréal ? Non ici on a du café au lait, pas à la crème ». « C’est ça... avec vous ce que vous mettez dans le café au lait, j’en prendrais bien un grand verre avec ma pâtisserie française »... « Monsieur s’ennuie de sa mère ? Ha, le mal du pays »...
ET « Pâtisserie » vous causera tout autant de problèmes... Il ne faut pas dire « Pâtis’rie » mais bien « Pa », comme dans le deuxième pa de « Popa », et bien prononcer chaque syllabe, et si ça ne fonctionne pas autant demander un gâteau... et si l’on vous présente un biscuit... non pas ça...
Bref, il y a une question de vocabulaire différent, de prononciation différente, d’usages ou de non-usages différents, de syntaxe ça ça peut aller... ET, l’ouverture d’esprit est essentielle et il ne faut pas s’attendre à y avoir accès avec des étrangers. Par contre, des Français ouverts d’esprits, même unilingues s’amuseront des différences sans en faire tout un plat et voudront bien comprendre, ce qui les fera faire des efforts pour compenser leur fermeture et carences auditives ataviques.
Ce qu’ils font du reste quand ils viennent ici... du moins depuis qu’on les a prévenus qu’il n’est pas question qu’on se fasse marcher dessus parce qu’ils sont bornés ou handicapés des oreilles...
Quant à rôties, c’est très bien à la place de toast... Des rôties, ce sont des tranches de pain rôties, ou grillées. Ce n’est pas UN rôti... Après leur avoir dit, il vont apprendre...
« C’est une grande langue qui a ses propres règles.Lorsqu’on me dit bon matin, moi, je réponds bonjour. »
Bon après-midi, bonne soirée, bonne nuit, pourquoi pas bon matin ou bonne matinée ?
« ... il n’y a qu’une seule façon de parler français, c’est correctement ! »
La question est... qui décide ce qui est correct ou pas... He bien, ce sont les francophones du monde entier... Les québécismes doivent être publicisés en France, du reste cela commence.
« Et bien, je puis vous dire que je n’ai jamais entendu au Québec, un enfant de 11 ans parler comme Thomas. Il ne vient pas d’un milieu aisé. Il est un enfant élevé dans une famille de la classe moyenne. »
Certes. Le niveau de langage moyen français et plus élevé qu’au Québec. Mais avez-vous entendu parler les jeunes ou enfants d’aujourd’hui, à la télé par exemple. Un contraste saisissant. Nous évoluons à la vitesse grand V. En 20 ans nous avons rattrapé un retard d’un siècle ou deux.
Et il faut comparer les comparables. Il n’y a pas 40 ans seule l’élite avait une éducation supérieure au secondaire. Et à peine une minorité dans cette majorité non-instruite passait le stade de la 4e année faible... Aujourd’hui des jeunes de la fin du primaire s’expriment comme des universitaires d’autrefois, notables, avocats, médecins, ou notaires.
Et, il ne faut pas confondre instruction et culture et surtout pas les deux avec intelligence. Un Français ou un Québécois instruit sur une île déserte ne vivrait pas vieux sans Québécois moyen d’il y a cinquante ans... Ce pourquoi pendant la 2e Guerre mondiale, de jeunes hommes et jeunes femmes québécoises ont été parachutés en France pour former la Résistance, mieux que des Français réfugiés en Angleterre, malgré leur faible niveau d’instruction.
« Nous avons de très grosses croûtes à manger. »
Roties !? ;-)
OUI nous devons faire des efforts et nous en faisons, pas mal plus que les Français du reste... Ce qui compte ce ne sont pas les Connaissances, mais ce qu’on sait faire avec... et, nous savons faire, nous sommes créateurs, entrepreneurs, savants, d’un savoir-faire inventif qui n’est pas sclérosé par un savoir ancien écrasant.
Chaque monde a ses avantages et inconvénients. Je n’envie aucun autre monde. Nous avons le nôtre et nous le développons. Tout est à faire ici, et ce qui est fort stimulant... Il faut tout inventer. En Europe, tant a été fait, qu’on sent le poids du passé, intimidant, écrasant. On pourra citer Hugo dans le texte, ou Homère, ou Lacan, mais qu’en font-ils de plus que nous faisons de ce que nous avons et de ce que nous avons le goût d’apprendre et d’entreprendre ? C’est ça la question...
Même si je m’ennuie des gothiques flamboyantes de la cathédrale de Strasbourg où j’ai passé un an à l’âge de onze ans. L’enfant n’y a pas pris garde se contentant de les contourner pour se rendre et revenir du Lycée Fustel de Coulanges tout à côté, ou les traversant après avoir découvert le raccourci qui le faisait passer d’un transept à l’autre de bons ou mauvais matins et soirs, irradié des rouges ou azurs des vitraux incandescents.
J’en connais un bout sur la rencontre franco-québécoise. La France me manque et ses gothiques encore plus, mais là-bas quand j’y retourne le Québec me manque après six mois.
En fait, il faudrait acheter Terre-Neuve, la déporter au centre de l’Atlantique, direct dans le chaud du Gulf Stream. Pour fonder en « Quéfrancia » idéale... translation antérieure à la colonisation britannique. Ils seraient passés tout droit pour coloniser l’Amérique... et nous, nous aurions commencé il y a 400 ans à bâtir une cathédrale gothique, un peu comme nous l’avons fait ici en construisant nos bâtiments sous les règles de l’Art Roman, alors que nous étions en plein époque Baroque, après la Renaissance.
Au moment où Jacques Cartier découvrait le Saint-Laurent, Michel-Ange commençait à peindre le plafond de la Chapelle Sixtine, et le terminait en 1539… Quel décalage !
On ne pourra jamais le rattraper… Mais cela ne doit pas nous empêcher de vivre notre vie de Québécois… Ici tout est à faire, à commencer par invalider l’État illégitime du Canada pour fonder l’État valide et légitime d’un peuple souverain du Québec sur son territoire national, avec l’appui de la France et des Français. Non pas parce que nous sommes partie du peuple de France, mais parce que nous sommes parti de France et qu’elle se prolonge distincte en nous et nos gênes, distinct des leurs par NOTRE histoire et celle de nos métissages et qui s’est, sur nos territoires développés, sans la France depuis 250 ans cette année.
Échanges Franco-Québécois
Ce devrait être une priorité de ce nouvel État du Québec valide. Favoriser les séjours d’études, de vacances, de travail entre Québec et France, et vice-versa, pour tous les jeunes québécois, bien avant que leur cerveau ne se cristallise... bien avant l’âge de votre premier voyage en France. Le Québec et la France s’en trouveraient transfigurés. Cela plusieurs fois dans une vie, avec au moins un séjour d’un an... et plusieurs de six mois et moins.
Je parie que nos séjours en Petit Québec de Floride seraient moins systématiques, beau temps mauvais temps... Et pourquoi pas aussi le Maroc, la Repdo, ou Haïti...
Et si on s’occupait d’Haïti... On pourrait partir là-bas des compagnies de taxi... ET faire ce que la France, le Canada et les États-Unis n’ont pas su faire...