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« La transition entre l’ancienne nation canadienne-française et la nouvelle nation québécoise, née dans les années 1960 d’une volonté de s’émanciper d’anciennes tutelles symboliques et d’accueillir ouvertement et d’intégrer à soi-même les étrangers, tout en sachant que l’Autre allait nous transformer, n’est pas encore achevée malgré les progrès indéniables. »   Michel Venne - source
             
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Les journaux en danger !


Depuis au moins une dizaine d’années, la consommation de journaux est en déclin. Le lectorat se fait en effet plus vieux et les jeunes générations s’intéressent malheureusement peu à la presse écrite. Selon l’Épiq (Étude de la presse d’information quotidienne), 45,5 % des lecteurs de quotidiens ont plus de 50 ans. Et selon l’Association des éditeurs de journaux américains, pas plus de 22 % des 18-24 ans lisent un journal et seulement 35 % des 25-34 ans le font encore.

Il faut savoir que pour les jeunes générations élevées à l’ère de la gratuité sur Internet, il n’est pas question de dépenser un sou pour s’informer ! C’est d’ailleurs pourquoi est apparue ces dernières années une ribambelle de journaux gratuits et concis comme le Voir ou le Métro.

Par contre pour les journaux traditionnels, c’est l’enfer ! Le Boston Globe, par exemple, après plus de 137 ans d’existence, a frôlé la faillite. Au cours des six premiers mois de 2008, 4500 postes ont été supprimés dans les journaux aux États-Unis. Des compressions salariales importantes sont demandées aux employés. Chez nous, alors que la grève au Journal de Montréal stagne faute d’entente, le journal La Presse a supprimé son édition du dimanche afin de boucler son budget.

Le métier de journaliste est de plus en plus sous-payé. Par exemple, certaines agences de nouvelles préfèrent engager à peu de frais des journalistes en Inde pour rédiger des analyses financières complexes qui seront ensuite vendues et publiées dans de grands quotidiens de Londres, Paris, New York ou Montréal...

Il faut dire également que les nouvelles générations, en général plus instruites, ont souvent l’impression que certains journalistes se prennent pour d’autres en se permettant constamment d’ajouter leur opinion personnelle à l’actualité. Habitués au monde d’Internet où toutes les opinions se valent, les jeunes actuels acceptent mal l’idée qu’un chroniqueur vienne faire la leçon. Ils soupçonnent même parfois les journalistes de tromper la population en se mettant au service de l’élite financière qui les paie.

Contrairement à cela, croient-ils peut-être un peu trop naïvement, Internet leur permet de s’informer et de s’exprimer librement. Ils échapperaient de la sorte, pensent-ils, à la rhétorique élitiste des médias traditionnels. C’est ainsi que Wikipédia, par exemple, la fameuse encyclopédie coopérative en ligne, accumule et distribue pas moins de 5 millions d’articles sur toutes sortes de sujets.

D’ailleurs, il faut dire qu’alors que l’on prévoit une baisse généralisée des revenus publicitaires de 12 % pour l’ensemble des journaux, Internet, lui, profite d’une hausse évaluée à 8,6 % (réf. ZenithOptimedia). Globalement, on estime que depuis la venue d’Internet, le nombre de pages de publicité des grands quotidiens a diminué de 32,5 %, et cela, alors que les coûts de production des journaux augmentent sans cesse. Sans compter l’effondrement du marché des petites annonces qui, lui aussi, a migré sur Internet.

Dans une ultime tentative pour renverser la vapeur, plusieurs grands journaux se sont depuis associés à Google et à Yahoo !. On sait qu’un moteur de recherche comme Google est consulté 65 millions de fois à l’heure et possède donc une clientèle presque illimitée. Dans de telles associations avec Internet, les services et les petites annonces sont partagés, de même évidemment que la publicité et les contenus d’information.

Malheureusement toutefois, dans cette effervescence informatique, le secteur des services prend souvent le dessus : il s’agit moins alors d’offrir au lecteur de l’information qu’une panoplie incroyable de services de toutes sortes, comme l’achat de billets d’avion ou de spectacles, ou encore des conseils pour la maison, des trucs de mécanique automobile ou de passe-temps, sans compter d’innombrables recettes culinaires. Suivant cette perspective, le journal quotidien se transforme en une sorte d’almanach du peuple offrant en série à ses lecteurs de multiples reportages qui sont payés en grande partie par des commanditaires. On n’a ici qu’à songer à certaines chroniques sportives ou automobiles.

Aussi, la question suivante se pose : avec tous les accommodements exigés actuellement pour assurer la survie financière des journaux, ceux-ci pourront-ils encore longtemps continuer à desservir la population correctement en produisant de l’information fiable et objective ?

***

Pierre Desjardins, Auteur et professeur de philosophie



Source
http://www.ledevoir.com/2009/08/07/261889.html




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