La montée du NPD au Québec semble bien réelle si elle n’a pas toute l’ampleur que certains voulaient lui prêter. Les résultats publiés ce matin sur le site ThreeHundredEight.com confirment effectivement un affaiblissement du vote du Bloc Québécois qui ne recueillerait plus que 31,4 % des intentions de vote, le NPD pour sa part venant en deuxième place avec 27,4 % du vote, suivi du PLC à 18,2 % et du PCC à 18 %.
On est donc loin du scénario de La Presse qui annonçait triomphalement le 21 avril dernier que le NPD menait la course au Québec avec 36 % des voix. Toujours selon le site ThreeHundredEight.com, le BQ récolterait aujourd’hui 43 sièges, soit 4 de moins que les 47 qu’il détenait à la dissolution des chambres, ce qui n’est pas exactement la déroute annoncée.
Et quand on sait que la machine du NPD n’est pas à la hauteur de son potentiel électoral, il y a de fortes chances que les résultats du 2 mai au Québec constitueront pour lui une déception.
Les premiers dindons de la farce électorale fédérale cette année risquent donc d’être les canadiens du reste du pays qui se seront mis à croire aux chances du NPD à l’échelle du Canada sur la base des sondages au Québec au sujet desquels il est permis d’entretenir quelques doutes, comme nous l’avons vu dans Le « sale petit secret »
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Mais l’histoire la plus intéressante est désormais ailleurs, et elle se déploie sur deux volets.
Le premier, c’est l’incroyable fossé qui existe entre la performance du PCC au Québec et dans le reste du Canada. Celui-ci recueille en effet 18 % des intentions de vote au Québec alors qu’il en recueille plus du double (36,9 %) à l’échelle canadienne. Mais si l’on exclut le Québec, les écarts par province ou région sont encore plus frappants. Ainsi, le PCC recueille 59,9 % ( ! ) des intentions de vote en Alberta, 49,1 % dans les Prairies, 40,8 % en Colombie-Britannique, 40,1 % en Ontario, et 33,4 % dans les Provinces Atlantiques.
On aurait tort de ne voir dans ce fossé qu’une question de préférence électorale. Il s’agit plutôt d’un écart fondamental sur le plan des valeurs, et il n’existe désormais plus aucun doute que les valeurs des québécois et des canadiens se situent désormais à des années lumières les unes des autres.
Même en cherchant à réconcilier le plus possible les valeurs du Québec et celles du Canada, on demeure avec un écart très important. Ainsi, en comparant les intentions de vote en Ontario et au Québec, et en isolant celles du PCC de tous les autres partis, on aboutit à un écart de 22 % (59,8 % en Ontario, 82 % au Québec).
Ce que ces chiffres révèlent aussi, c’est que tous les efforts de la nouvelle droite, des Lucides, (les André Pratte, Alain Dubuc, Lucien Bouchard, François Legault et Joseph Facal de ce monde), des radio-poubelles, de l’IEDM, d’Éric Duhaime, et de Johanne Marcotte et son Réseau Liberté, n’ont eu aucune prise sur les Québécois qui demeurent fortement accrochés à des valeurs sociales-démocrates de gauche.
Et c’est sans doute la plus grande révélation de la campagne électorale en cours. Tout à son désir d’abattre le mouvement indépendantiste, le consortium Power, Gesca, La Presse, IEDM ne s’est pas rendu compte qu’il tirait dans son propre filet en faisant apparaître de manière éclatante l’échec de sa campagne pour pousser les Québécois dans les bras de la droite et leur faire épouser des valeurs qui ne sont pas les leurs.
Si l’affaiblissement du Bloc ne devait avoir servi qu’à ça, c’est un résultat dont on ne pourrait que se réjouir. Une belle brochette de dindons qui risquent de trouver la farce plutôt plate...




