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Les crises de Jean Charest
Raphaël Déry
Tribune libre de Vigile
lundi 15 juin 2009      7 visites


Jean Charest s’offusque sur toutes les tribunes des propos de Jacques Parizeau et des plans de l’Opposition officielle pour l’avenir national du Québec. Il affirme que le Parti Québécois souhaite provoquer des crises pour faire avancer son option, que le Parti Québécois souhaite faire mal aux Québécois pour faire progresser l’indépendance. Or, tout ça est faux. Comme souvent quand le chef libéral actuel prend la parole, c’est pour détourner le regard de son bilan, pour déformer la réalité. À mes yeux, Jean Charest est un brillant illusionniste.

Ce que souhaite le Parti Québécois, c’est voir le Québec bouger et s’affirmer dans ce qui relève de sa compétence. Le Canada se centralise de plus en plus ; ce qui devait être une confédération se transforme lentement mais sûrement d’une fédération en un État unitaire où Ottawa « knows best ». Les libéraux regardent le train passé sans parler, sans lever le petit doigt, sans aucune dignité. Les éléments les plus revendicateurs, les plus nationalistes, tels que Benoît Pelletier et Yves Séguin, ont décidé de tourner la page de la vie politique.

Dans cette histoire de crises, Jean Charest ne possède aucune crédibilité. Ce Premier ministre ne gouverne qu’en moment de crises qu’il a souvent lui-même provoquées. Vous souvenez-vous du Suroît et du financement des écoles juives ? Vous souvenez-vous des coupes sauvages dans le programme de bourses et de ces manifestations étudiantes bruyantes ? De décembre 2003 avec les syndicats sur un pied de guerre suite au premier épisode de baillons ? La crise chez les fromagers artisanaux ? En remontant dans le temps, vous souvenez-vous du rapport Charest en 1990 qui venait diluer l’Accord du lac Meech. Ce rapport a provoqué la démission de Lucien Bouchard du gouvernement Mulroney et a inspiré la fondation du Bloc Québécois.

Pour toutes ces crises que le Québec a connues ces derniers six ans puis pour ce qui fut l’échec politique le plus funeste chez les fédéralistes québécois, Jean Charest n’a aucunement le droit de s’en prendre à Jacques Parizeau ou à quiconque. Il n’a que lui-même à blâmer.

Raphaël Déry

Gatineau

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