Vigile.net
« Depuis 1763, nous n’avons plus d’histoire, sinon celle, par réfraction, que nos conquérants veulent bien nous laisser vivre, pour nous calmer. Cette tâche leur est d’autant plus facile que nous sécrétons nos propres bourreaux. » - Léon Dion (1923-1997) Politicologue
             
Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production.
Financement 2008
 16286$  81%  
Objectif : 20000$
Les brouillons de Lise Bissonnette
Hélène Buzzetti
Le Devoir
mercredi 11 avril 2007


À ceux qui déplorent l’énorme pouvoir d’interprétation de la Charte canadienne des droits et libertés accordé aux tribunaux, sachez que l’ancienne directrice du Devoir, Lise Bissonnette, y est un peu pour quelque chose !

À l’été 1980, le gouvernement fédéral dépose une nouvelle version de sa Charte des droits et libertés. Celle-là contient, pour chacun des droits énumérés, une liste de raisons que les gouvernements pourraient invoquer pour ne pas s’y soumettre. « Lise Bissonnette l’avait critiquée en disant qu’il y avait tellement d’exceptions qu’il ne restait plus beaucoup de droits », se rappelle Barry Strayer, à l’époque responsable de la rédaction de la charte au ministère fédéral de la Justice et aujourd’hui juge à la retraite à la Cour fédérale d’appel.

Mme Bissonnette y était allée d’un éditorial intitulé « De brouillon en brouillon ». « Au chapitre des droits fondamentaux, écrivait-elle, tout est prévu pour que les tribunaux ne puissent guère plus empêcher les abus des législateurs que ne le fait actuellement la Déclaration canadienne des droits, elle-même une simple loi du Parlement. » Une charte des droits, concluait Mme Bissonnette, devrait « aller à l’essentiel pour mettre les droits des citoyens au-dessus des caprices des législateurs en acceptant les risques d’un tel choix, c’est-à-dire en refusant de craindre la sagesse ou la générosité de ceux qui auront à l’interpréter ».

« C’était confus, elle avait raison », reconnaît M. Strayer. « Et c’est pour cela que nous sommes arrivés avec l’article 1, qui laisse cet arbitrage aux tribunaux. » Puis le juge termine : « Cette charte a été construite sur des généralités, des imprécisions parce que c’était la seule façon d’en arriver à un consensus. »

Suggérer cet article par courriel


Premier colloque annuel

L’Institut de recherche sur le français en Amérique tiendra son premier colloque le 28 novembre prochain


No 274 - 2008

  • Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production.
    Joignez-vous aux Amis de Vigile.
  • Objectif 2008: 20000$
     16286$  81%  
  • Pour contribuer en ligne 
         Nom:
    Courriel:
       Anonyme
    Montant: $

  • Contributions récentes :
    28/11 Jean-Pierre Papineau : 100$
    23/11 Christian Montmarquette : 30$
    22/11 Noëlla Bélanger : 25$
    22/11 José Fontaine : 100$
    22/11 Pierre Fortier : 100$
    Toutes les contributions
  • Merci beaucoup! -Vigile.net