Le courage de M. Facal ? Comme si les islamistes, terme par lequel M. Labrie semble confondre tous les musulmans, menaçaient le Québec ! Il y a ici plus ou moins 102.000 musulmans, dont la quasi-totalité y sont parce qu’ils voulaient changer d’air et, surtout, ne pas retrouver le climat social et religieux de leur pays d’origine. Vous confondez musulmans et islamistes, et ce n’est pas forcément la même chose. Ces derniers existent ici aussi, bien sûr, infime minorité et nuisance emmerdante beaucoup plus pour les musulmans normaux que pour les Québécois d’origine.
Personne n’a obligé les gouvernements successifs du Québec à consentir des accommodements dits raisonnables (il leur arrive parfois de l’être). Vous fantasmez au gré de la propagande du gouvernement des États-Unis qui, par ailleurs, manipule de véritables islamistes un peu partout depuis la fin des années soixante-dix, en visant des fins géostratégiques, financières et d’accès privilégié aux ressources naturelles. Vous faites probablement partie de ceux qui croient encore à la guerre au terrorisme, alors que la plupart des véritables terroristes sont, consciemment ou à la suite de manipulation, au service de l’Empire états-unien. Comme vous ne semblez pas vous renseigner ailleurs que dans nos grands média, vous croyez tout ce que la propagande raconte. Et M. Facal, qui devrait, dans sa position, être mieux renseigné, ne semble pas avoir puisé plus loin ses connaissances sur le sujet ; c’est, au mieux, un universitaire berné qui a beaucoup moins d’excuses de l’être qu’un citoyen ordinaire.
Et vous, M. Labrie, que savez-vous, par expérience personnelle, des musulmans ? À vous lire, pas grand-chose, je le crains. Sans doute, et là-dessus je vous rejoins, le ratio général d’immigration au Québec est-il beaucoup trop élevé par rapport à sa démographie naturelle, mais par la faute de qui ? De ses gouvernements successifs qui, pour des raisons obscures, se rendent à l’argument de l’oligarchie, qui, pour réussir la casse des salaires, comme le font partout en Occident les oligarchies, veut se procurer une main-d’oeuvre docile et bon marché sans se préoccuper des conséquences à moyen et long terme.
Plutôt que de vous en prendre aux victimes, il serait plus judicieux de vous en prendre aux coupables. La peur est rarement bonne conseillère, à plus forte raison lorsqu’elle est adossée à des fantasmes nés de la désinformation.

