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Force de constater que les débats qui se tiennent dans le cadre des tournées de la commission B&T ont pris une trajectoire qui me semble comme une impasse puisque à chaque intervention, la religion ou si vous voulez, les us et coutumes religieux jaillissent et on voit très bien que certaines personnes refusent, critiquent et ne souhaitent partager et accepter ces valeurs religieuses. La ou les question(s) que l’on doit tous se poser serait (ent) à mon avis la (les) suivantes : Est-ce que les différends sociaux - s’ils existent réellement - tirent leur origine uniquement de la religion ? Sinon, seraient-ils une question de valeurs ? Si oui, de quelles valeurs parle-t-on ? Comment certaines pratiques dites ou interprétées religieuses risquent de nuire à ces valeurs ? Certes, la réponse n’est pas une mince affaire !
La présente réflexion va dans le sens qu’une personne ayant des convictions religieuses ne serait mesure de comprendre autrui que si elle déployait d’efforts suffisants et ce, pour mieux comprendre l’autre. Ainsi, le juif est incapable de comprendre réellement le lien entre le kirpan et celui qui le porte. De même que pour le musulman, il n’est pas en mesure de comprendre le lien profond qui peut exister entre le port de la croix autour du cou et celui ou celle qui la porte. Il en est de même pour le sikh, celui-ci, est aussi incapable de palper la relation profonde qui existe entre le voile et celle qui le porte. Idem pour le catholique qui n’est en mesure de comprendre la relation entre un juif hassidique et la façon dont il s’habille par exemple. Tout raisonnement fait, il serait difficile à mon avis de trouver un champ d’entente si on essaie d’orienter les débats de cette commission uniquement vers les aspects religieux surtout quand ils se limitent à la tenue vestimentaire. Nous sommes persuadés que le sikh, le musulman, le juif ou le chrétien convaincu va refuser de se soumettre à toute loi qui tenterait de brimer ses convictions religieuses.
De façon plus précise, les anciens québécois ont cherché depuis la révolution tranquille à couper avec l’église même s’il s’agît de nos jours, d’une coupure déguisée et qui n’est pas complète puisqu’on voit encore la croix par exemple, à l’assemblée nationale ou dans les salles municipales ou encore, on peut réciter la prière avant la tenue d’un conseil municipal ajouté à cela, quelques jours fériés de nature religieuse durant l’année. Donc, la ségrégation n’est pas encore faite mais en même temps, il semble que la majorité des catholiques québécois ont ras-le-bol de leur église et beaucoup sont d’avis que cette même église leur a fait subir tant de mal par le passé. Est-ce c’est la même chose avec les autres religions ? La réponse est bien évident non ! Un sikh, un juif tout comme un musulman, la religion fait partie de son quotidien et ça lui apporte quiétude et harmonie. Donc, pour mieux comprendre la portée des débats sur les accommodements raisonnables si on devait les rattacher aux convictions religieuses, il est fortement conseillé de mieux cerner les liens profonds qui existent entre le juif, le musulman et le sikh vis-à-vis de leurs religions respectives. Maintenant, si on devait les rattacher à certaines valeurs non religieuses, à ce moment là, de quels types de valeurs s’agît-il ? Pourquoi plus précisément certaines valeurs et pas d’autres ? En quoi par exemple, le kirpan, le voile, la tenue juive ou encore la croix porte nuisance à ces valeurs ? À vos méninges mesdames et messieurs.
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Kamal El Batal
Consultant en développement local/rural, doctorant en administration des affaires

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