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Cette expression de la commission Bouchard-Taylor veut remplacer l’expression « québécois de souche » jugée inexacte pour désigner la majorité de la population du Québec. Cette nouvelle expression a cependant l’inconvénient de rayer du groupe visé tous les descendants d’immigrants d’origine ethnique différente de nos ancêtres de France qui se sont intégrés à la francophonie nord américaine avant la révolution tranquille. Peut-on considérer d’origine canadienne française quelqu’un qui porte un nom à consonance italienne, allemande, irlandaise, anglaise comme il s’en trouve des milliers au Québec, lesquelles sont parfaitement intégrées à la culture québécoise depuis plusieurs générations et qui font partie de la majorité de la population du Québec ?
Cette nouvelle appellation me semble fort réductrice en négligeant ainsi la capacité d’intégration de la nation québécoise au cours de son histoire. Elle nous ramène aux colons français qui habitaient la Nouvelle-France. Ce n’est certainement pas le sens à donner au « nous » , ni au groupe majoritaire visé qui se sent déposséder de son identité par le multiculturalisme canadien et par l’absence d’une reconnaissance législative significative de cette identité nationale distincte.
M. Pratte a tort d’imaginer un complot souverainiste dans le fait que l’appellation canadienne française soit disparue du vocabulaire identitaire ou que les expressions se référant au statut provincial de nos institutions aient été remplacées par le vocable "national". Cela reflète tout simplement le caractère unique de ce groupe majoritaire de culture française française qui s’est développé au cours des 400 dernières années sur le sol nord américain.
Je comprends cependant son malaise à reconnaître la validité de cette évolution car ces symboles nationalistes. lorsque trop visibles, risquent de conduire à l’éclatement de la fédération canadienne qui se trouve toujours incapable d’intégrer cette réalité sociologique et politique dans le coeur de ses institutions.
Gilles Laterrière
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Belle réplique !
M. Pratte et combien d’autres fédéralistes prennent l’Histoire à l’envers. La question n’est pas de se demander pourquoi les Québécois se sentent plus ou moins Canadiens mais pourquoi les Canadiens de la Nouvelle-France sont devenus les Québécois d’aujourd’hui en pasant par les Canadiens français ?
Nous sommes devenus Québécois dans la décennie 1960-70 pour rompre avec l’identité aliénante et "etnique" canadienne française et permettre à une identité québécoise, ouverte sur l’histoire, de continuer d’évoluer ...

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