« Le souci du monde ne saurait être l’alibi de l’aveuglement sur soi. » Edwy Plenel
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Les Canadiens - Du respect, s.v.p.

Le message est clair. L’arrivée de Cunneyworth confirme qu’on n’accorde aucune valeur aux Québécois francophones.

mardi 20 décembre 2011

Sur quelle planète vivent donc les dirigeants du club de hockey Les Canadiens pour nommer un anglophone unilingue au poste d’entraîneur-chef ? Un unilingue qui ne voit même pas la nécessité, en s’adressant aux Montréalais, de dire un simple bonjour à sa première conférence de presse ? Visiblement, ils sont sur une planète où Montréal n’est pas la deuxième ville française du monde, non plus une ville qui serait bilingue. Non, on semble croire que, comme dans les autres grandes villes d’Amérique du Nord, à Montréal le français n’a aucun statut.

La réprobation du choix de Randy Cunneyworth pour succéder à Jacques Martin est générale, et à raison. Cette décision provocante est reçue comme un affront aux Québécois francophones et aux partisans de ce club, pour qui Les Canadiens sont une institution qui, si elle appartient à des intérêts privés, a toujours été perçue comme de nature collective. Une institution qui, sur le plan émotif, a plus de valeur que des institutions comme le Mouvement Desjardins ou la Caisse de dépôt.

La décision de congédier Jacques Martin, coupable de ne pas mener son équipe vers la victoire, a été prise pour plaire à des fans impatients. Des fans auxquels on est attentif, car ce sont eux qui font vivre cette entreprise par les billets qu’ils achètent et les bières, boissons gazeuses et hot-dogs qu’ils achètent durant les matchs. Mais on a oublié qui sont ces partisans. On a oublié qu’ils sont majoritairement francophones. Qu’ils s’attendent à ce que l’entraîneur-chef soit capable de communiquer avec eux dans leur langue.

L’entraîneur-chef des Canadiens est une figure publique, cité dans les médias aussi souvent, sinon plus, que le premier ministre du Québec. Il est le lien entre les partisans et l’équipe. Il leur parle tous les jours, leur explique ses stratégies et ses choix. C’est une affaire de simple respect qu’il puisse communiquer avec eux en français, ce qui a été le cas de tous les entraîneurs, sauf une brève exception, depuis 50 ans.

Mauvaise décision à tous points de vue que celle prise par le directeur général, Pierre Gauthier, de choisir le meilleur entraîneur disponible qu’il avait sous la main, et qu’il a prise consciemment avec l’appui de sa direction. Une « décision de hockey », a-t-on expliqué. Elle témoigne d’une insensibilité presque totale à son milieu, alors que les partisans ne cessent depuis quelques années de déplorer le peu de place fait aux joueurs francophones dans cette équipe. Le message est clair. L’arrivée de Cunneyworth confirme qu’on n’accorde aucune valeur aux Québécois francophones.

Le président du club, Geoff Molson, tente de corriger le tir en rappelant que cette nomination n’est qu’intérimaire et que, la prochaine saison, la capacité de s’exprimer en français sera prise en compte. Une façon d’admettre du bout des lèvres qu’il y a eu erreur. On aimerait toutefois qu’il la corrige rapidement.


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