www.exparl.ca - Pour plusieurs, Pierre Elliott Trudeau a été un des plus grands premiers ministres du Canada. Son style, sa couleur, son intelligence et son panache ont contribué à lui donner une image exceptionnelle aux yeux d’une des deux solitudes. Cela explique peut-être pourquoi la plupart de ses biographies ont été écrites par des fédéralistes généralement satisfaits du régime actuel et qu’elles font son éloge.
Au Québec, pourtant, la situation est bien différente. Les citoyens de l’autre solitude, qui s’identifient à la Nation québécoise, en ont gardé un souvenir beaucoup moins flatteur : celui d’un homme dont la vie, les gestes, les déclarations et les décisions politiques témoignent de sa honte tenace face à ses origines canadiennes-françaises. Ce, malgré sa grande admiration pour la culture française, au sens international du mot.
Le livre du Docteur Simard a pris huit ans à écrire, à partir de citations choisies chez d’autres biographes et dans les médias. L’oeuvre retrace en 500 pages l’histoire de cet homme qui a profondément marqué l’évolution récente du Canada et du Québec. Histoire qu’il aborde résolument d’un point de vue souverainiste.
La biographie constitue d’abord une étude, frôlant la psychanalyse, des influences familiales qui ont marqué la jeunesse de Trudeau puis un survol de sa formation entre l’adolescence à l’âge adulte. L’auteur souligne ensuite, en ordre chronologique, les moments précis où Pierre Trudeau exprime sans retenue son opinion sur le peuple québécois dont il est issu. Une opinion que nous voyons passer du simple dégoût à un mépris grandissant et hargneux.
À 30 ans (en juin 1950 dans Cité Libre), il soutient que : « nous sommes en voie de devenir un dégueulasse peuple de maîtres-chanteurs ».
À 42 ans (en avril 1962 dans Cité Libre), il écrit : « la nation canadienne-française est trop anémiée culturellement, trop dépourvue économiquement, trop attardée intellectuellement, trop sclérosée spirituellement... pour songer à verser ses forces vives dans le cloaque de la vanité et de la dignité nationales ».
À 44 ans (en mai 1964 dans Cité Libre), il affirme : « [il faudra] mettre ce petit peuple arriéré à l’heure de la planète ».
À 51 ans (en octobre 1970), il fait emprisonner par l’armée, sans mandat ni raison, près de 500 Québécois et Québécoises comprenant des artistes, des chanteurs, des auteurs, des écrivains et des politiciens.
À 63 ans (en 1982), il rapatrie unilatéralement la Constitution canadienne, diminue les pouvoirs du Québec puis déclare « le séparatisme est mort ».
À 69 ans (en mars 1988), il évoque devant le Sénat canadien les camps de concentration pour décrire le sort qui attendrait peut-être les Angloquébécois si Meech était adopté.
À 72 ans (en octobre 1992), il critique l’Accord de Charlottetown et annonce la déportation des Anglais du Québec advenant son acceptation.
À 76 ans (en octobre 1995), les stratèges fédéralistes jugent préférable de ne pas le laisser intervenir dans le deuxième référendum.
En résumé, « dans ses envolées guerrières improvisées, le camp des séparatistes devenait le camp de l’ethnicisme, du racisme et du fascisme, regroupant une bande d’intolérants repliés sur eux-mêmes » comme nous le rappelle André Burelle qui rédigeait ses discours.
Voilà donc enfin, avec ce livre, un texte fouillé, bien écrit et simple à lire, qui rassemble les éléments épars de la vie de cet homme. Il nous présente en toute simplicité l’envers de la médaille de Trudeau.
par Roger Pomerleau, Suite à la Colline, 1er trimestre 2007.
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François-Xavier Simard
Le vrai visage de Pierre Elliott Trudeau,
504 pages,
ISBN : 2-89549-217-4, 24,95 $
Éditeur : Les Éditions des
intouchables.
Pour commander, tél. : 514-526-0770

